Défense d’« Inganji Kalinga » : rejet catégorique des critiques non sensées à l’endroit de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka contenues dans l’ouvrage intitulé « Une Archéologie de la violence en Afrique des grands lacs » de Maniragaba Balibutsa

PP 26072014

Mwalimu MUREME Kubwimana,                                                                                                    Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais,                                                               Centriste Gitériste-Kayibandiste,                                                                                                     Représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme »                                                                  

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A. Introduction

Dans son livre intitulé « Une Archéologie de la violence en Afrique des grands lacs », paru en  1999 à Libreville, aux éditions « CICIBA », Maniragaba Balibutsa attaque Mgr Alexis Kagame Se-Mateka. Il lui reproche d’avoir détruit le mythe fondateur de la conscience nationale, de l’unité ou de l’identité ethnique rwandaise en osant publier, en 1943, un ouvrage intitulé « Inganji Kalinga ». D’emblée, il est à faire remarquer qu’après la prise du pouvoir au Rwanda par le Front Patriotique Rwandais (FPR), en 1994, les colonialistes Belges Jan Vansina, Marcel D’Hertefelt et Machin Chouette ont changé leur fusil d’épaule. Ils ont mieux ajusté le modèle colonial belge au modèle Siyasa vainqueur. L’ouvrage en question de Maniragaba Balibutsa, qui est leur épigone, s’inscrit bien sûr dans cette lignée.

Maniragaba Balibutsa traite Mgr Alexis Kagame Se-Mateka de hamitiste, de raciste et de divisionniste, simplement parce que, en âme et conscience, il a démontré l’existence millénaire au Rwanda des sous-populations statistiques Hutu, Tutsi et Twa et relaté les différentes migrations ou invasions successives survenues sur le territoire rwandais actuel. Maniragaba Balibutsa affirme que les Hutu, les Tutsi et les Twa ont une origine locale et sont les descendants d’une même famille élémentaire primordiale, en l’occurrence la famille Kigwa. Kigwa a engendré trois fils Gahutu, Gatutsi et Gatwa de qui descendent respectivement les Hutu, les Tutsi et les Twa. Il est à bien noter qu’en Sociologie politique, ces thèses-là s’appellent des thèses primordialistes. Le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » quant à lui, se moque éperdument des thèses primordialistes. Alors, Maniragaba Balibutsa s’insurge. Il se dit très scandalisé par les conclusions de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka. Et de s’écrier (à la page 297) : « Ici, nous assistons à la négation ou au rejet du mythe fondateur de la conscience nationale, de l’unité ou de l’identité ethnique rwandaise, ainsi que d’un certain ordre sociopolitique au profit de la théorie hamitique » ! Il va même plus loin à la page 343 en accusant Mgr Alexis Kagame Se-Mateka d’avoir été idéologiquement à l’origine du chaos rwandais actuel. C’est une constante et un acharnement voulu dans toutes les publications de Maniragaba Balibutsa.

Nous, le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme », on argue tout cela d’archifaux. Pour nous, c’est clair et net. Nous ne croyons pas du tout au mythe de Kigwa ou d’Adam rwandais. Nous n’avons pas honte d’affirmer qu’au Rwanda, il existe trois sous-populations statistiques différentes ayant chacune une histoire différente : les Hutu, les Tutsi et les Twa. Ce ne sont pas des descendants d’un même ancêtre appelé Kigwa : ce sont des migrants ou des envahisseurs successifs. Les premiers occupants du Rwanda sont des pygmées Twa. Les premiers colons du Rwanda qui l’ont défriché et humanisé sont des Hutu d’origine Bantu. Les deuxièmes colons du Rwanda qui y ont créé le plus de vrais royaumes sont des Tutsi d’origine Hima-Tutsi. Pour le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme », les Hutu, les Tutsi et les Twa sont des migrants ou des envahisseurs successifs. Après plusieurs milliers d’années de luttes violentes, ils sont finalement parvenus à former un état-nation unitaire millénaire nommé « Rwanda », c’est-à-dire, suivant la définition opérationnelle de la Sociologie politique, une forme de communauté politique reposant sur la prise de conscience, objective ou imaginée, de caractéristiques communes et d’un vouloir-vivre en commun.

Sur ce, le représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme », en l’occurrence moi-même, Mwalimu Mureme Kubwimana, persiste et signe les thèses reconstitutionnalistes de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka. Il est tout de suite à savoir que nos thèses s’appellent, en Sociologie politique rwandaise approfondie, les thèses reconstitutionnalistes. Pour de plus amples détails, il y a lieu de se référer en plus à mon autre article intitulé : La réputation de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka défie la calomnie : défaire l’article de Faustin Kabanza intitulé « Les Rwandais et leurs origines ethnisées » et défendre « Inganji Kalinga ».  

B. Rejet catégorique des critiques non sensées de Maniragaba Balibutsa

Contrairement à la théorie rénovée de Maniragaba Balibutsa, niant l’existence des sous-populations statistiques Hutu, Tutsi et Twa au Rwanda, après documentation, approfondissement et investigations, on confirme en totalité les conclusions de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka dûment consignées dans toute son œuvre, faisant état de l’existence millénaire au Rwanda des sous-populations statistiques Hutu, Tutsi et Twa. La population rwandaise est la résultante des mouvements migratoires divers Hutu, Tutsi et Twa en provenance de la vallée du Nil et de l’Afrique Nord orientale, lesquels mouvements se sont échelonnés sur plusieurs siècles. On ajoute même que seuls les Twa ont une origine locale au Rwanda. Les Tutsi sont des descendants des Hima-Tutsi émigrés de la vallée du Nil, d’Ankolé, du Karagwe et de la Corne de l’Afrique. Les Hutu consistent en un sous ensemble resté sur le plateau africain des grands lacs de l’ensemble total des migrations Zulu ayant déferlé sur le continent africain à partir de la vallée du Nil en général et du Bunyoro en particulier jusqu’en Afrique du Sud.

Il est donc opportun de rejeter en bloc toutes les accusations injustifiées portées à l’encontre du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » par Maniragaba Balibutsa et traitant Mgr Alexis Kagame Se-Mateka de hamitiste, de raciste et de divisionniste, simplement parce que, en âme et conscience, il a démontré l’existence millénaire au Rwanda des sous-populations statistiques Hutu, Tutsi et Twa et relaté les différentes migrations ou invasions successives survenues sur le territoire rwandais actuel. Maniragaba Balibutsa affirme que les Hutu, les Tutsi et les Twa ont une origine locale et sont les descendants d’une même famille élémentaire primordiale, en l’occurrence la famille Kigwa. Il se dit très scandalisé par le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme ». Et de s’écrier (à la page 297) : « Ici, nous assistons à la négation ou au rejet du mythe fondateur de la conscience nationale, de l’unité ou de l’identité ethnique rwandaise, ainsi que d’un certain ordre sociopolitique au profit de la théorie hamitique » ! Il va même plus loin à la page 343 en accusant Mgr Alexis Kagame Se-Mateka d’avoir été idéologiquement à l’origine du chaos rwandais actuel. C’est une constante et un acharnement voulu dans toutes les publications de Maniragaba Balibutsa.

Et pourtant, au Rwanda, il existe bel et bien trois sous-populations statistiques ayant chacune son histoire respective connue : les Hutu, les Tutsi et les Twa. Le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » dit Oui à la réalité réelle qui est au Rwanda et refuse de dire Oui à la réalité non réelle qui n’est pas au Rwanda. La réalité réelle qui est au Rwanda est qu’il y a, depuis plusieurs siècles, des Hutu (d’origine Bantu), des Tutsi (d’origine Hima-Tutsi) et des Twa (d’origine Pygmée). Bien plus au sein des sous populations statistiques dont il s’agit, on a encore des communautés nationales distinctes : la noblesse tutsi faction Mwami, la noblesse tutsi faction Abâkagâra, les Babanda et alliés communément appelés les Banyenduga, les Bagara et alliés communément appelés les Bakiga, et l’intersection communautaire alliant Tutsi, Hutu, Twa, Banyenduga et Bakiga par des métissages et des alliances diverses. Au lieu de dire Oui à la réalité non réelle qu’on voudrait, -mais qui n’est pas-, il serait plutôt plus courageux de se demander que faire dans le cas d’espèce afin que le peuple rwandais sache profiter de la multiplicité et jouisse de la Paix : préalable au Développement ! Cela s’appelle la multiplicité dans Un et est une loi naturelle éternelle. Avant tout, on doit accepter la réalité réelle. Hier, Maniragaba Balibutsa était un Habyalimaniste CDR-Impuzamugambi. Il est donc très versatile qu’aujourd’hui, il nie l’existence des sous populations statistiques Hutu, Tutsi et Twa au Rwanda. Demain, il sera certainement ce qu’il désire en secret. C’est quoi ça ?

C’est donc contre cette mentalité d’hypocrite que cet article s’insurge. Il est nécessaire de rappeler et de souligner les idées authentiques de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka réfutant catégoriquement la théorie de la famille élémentaire primordiale d’un certain Kigwa ayant engendré toutes les familles rwandaises. Voici la position de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka « Ce ne sont pas là des récits historiques, mais des mythes. Leurs auteurs voulaient simplement nous faire comprendre l’origine de l’inégalité des hommes. Ce n’est pas seulement au Rwanda. Même dans les autres pays dans lesquels il y a des Batutsi, des Bahutu et des Batwa, ce mythe existe. Parfois, il est raconté avec les mêmes termes que les nôtres, parfois dans la terminologie locale, mais toutes selon le même procédé que chez nous ! Là où il n’y a pas de Batwa, on invente des explications pour l’inégalité entre Bahutu et Batutsi seulement. Est-ce alors Kigwa qui a amené les Batwa au Congo également ? Est-ce lui qui les a emmenés dans tous les autres pays ? Même cette descente de Kigwa du Ciel, personne parmi les Rwandais instruits n’y pense encore ! Les récits ont été créés par ceux qui voulaient nous faire croire que toute la Terre et d’autres choses ont commencé par Kigwa, de façon qu’un de ses arrières-petits-fils, le nommé Gihanga, aurait engendré toutes les familles rwandaises ! Qui croit encore en ce genre de choses ? ».

Sur ce, pour notre modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme », c’est clair et net. Nous ne croyons pas au mythe de Kigwa ou d’Adam rwandais. Au Rwanda, il existe trois sous-populations statistiques différentes ayant chacune une histoire différente : les Hutu, les Tutsi et les Twa. Ce ne sont pas des descendants d’un même ancêtre appelé Kigwa : ce sont des migrants ou des envahisseurs successifs. Mais ce ne sont pas des ethnies. C’étaient des castes du Rwanda ancien. Ce sont donc de simples sous populations statistiques « Amôko ». Sur ce, les néocolonialistes belges et Maniragaba Balibutsa disent que ce sont les missionnaires français et leur élève « Mgr Alexis Kagame Se-Mateka » qui ont inventé les ethnies au Rwanda et non le colonisateur belge qui n’y est absolument pour rien. Le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » persiste et signe : ce ne sont ni les missionnaires français ni le colonisateur belge qui ont inventé les Hutu, les Tutsi et les Twa. Il faut arrêter. Aucun étranger n’a rien à inventer de tel au Rwanda. Le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » dit la réalité réelle qui est. Les premiers occupants du Rwanda sont des pygmées Twa. Les premiers colons du Rwanda qui l’ont défriché et humanisé sont des Hutu d’origine Bantu. Les deuxièmes colons du Rwanda qui y ont créé le plus de vrais royaumes sont des Tutsi d’origine Hima-Tutsi. On peut appeler cela comme on veut : 3 races, 3 ethnies ou 3 sous-populations statistiques. La réalité est réelle. Le reste n’est qu’une question de pudeur en fonction de l’époque où l’on vit.  À l’époque coloniale, avant 1962, on parlait de races, puis on a parlé d’ethnies. De nos jours, les concepts de race et d’ethnie sont tombés en désuétude. Elles se sont révélées très fausses. Nous, en ce qui concerne le Rwanda, nous rejetons le concept d’ethnie que nous trouvons très faux, péjoratif et inadéquat et parlons de sous-population statistique. Mais ce ne sont là que des noms différents d’un même objet. La réalité existe indifféremment du nom qu’on lui donne et de celui qui la nomme comme il veut. On ne va pas faire des querelles pour des noms, des prénoms ou des surnoms. Pour le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme », les Hutu, les Tutsi et les Twa sont des migrants ou des envahisseurs successifs. Après plusieurs milliers d’années de luttes violentes, ils sont finalement parvenus à former un état-nation unitaire millénaire nommé « Rwanda », c’est-à-dire, suivant la définition opérationnelle de la Sociologie politique, une forme de communauté politique reposant sur la prise de conscience, objective ou imaginée, de caractéristiques communes et d’un vouloir-vivre en commun.

C. Les invasions des Hutu

Les premiers colons du Rwanda qui l’ont défriché et humanisé sont les Hutu. Hutu est le nom que se donnaient ces envahisseurs défricheurs des forêts : techniciens de la houe et de la serpette. Ils appartiennent au vaste mouvement migratoire des Zulu à partir de la vallée du Nil en général et du Bunyoro en particulier jusqu’en Afrique du Sud. Y–a-t-il un rapport entre les mots Hutu et Zulu ? Les Hutu ont trouvé sur place des Twa dans la forêt qui couvrait alors la grande partie du Rwanda. Ceux-ci vivaient de la chasse et étaient très forts dans le maniement de la lance. Hutu et Twa cohabitaient pacifiquement et se partageaient la superficie forestière. Les chefs patriarcaux des Hutu s’appelaient Abami. Les abami étaient à la fois maîtres des cultures (Abahinza), maîtres de la chasse (Abahigi), maîtres de la forge (Abacuzi), maîtres de la pluie et du beau temps (Abavubyi), etc. En somme, les grands dispensateurs de toutes les activités de leurs populations. Les titres des Abahinza, Abavumyi, Abavubyi, Abacuzi, etc., sont utilisés selon que les Abami Hutu accomplissaient l’action de faire prospérer les cultures, de maudire les agents dévastateurs des cultures, de faire tomber ou arrêter la pluie, de forger, etc.

D. Les invasions des Singa ou des Tutsi

Les deuxièmes colons du Rwanda qui y ont créé de vrais petits royaumes sont les Hima-Tutsi. Eux-mêmes s’appelaient Hima, mais les autochtones vaincus les ont appelés les Singa ou les Tutsi : du verbe ancien kusinga devenu plus tard gutsinda. Les Singa ont été défaits par d’autres envahisseurs Hima ultérieurs (les Banyiginya). Tutsi est le nom commun des vainqueurs successifs qui se vainquent les uns les autres, aux yeux des autochtones soumis.   Les Tutsi étaient des envahisseurs mystico-religieux, tous techniciens de la flèche. Ce sont des initiés Cwezi et de grands mystiques. Mieux organisés religieusement, ils ont fanatisé les gens par leur art divinatoire. Ils prédisaient juste et prophétisaient. Au début, ils n’étaient que des maîtres mystico-religieux qui encadraient spirituellement les fidèles. Ensuite, plus expérimentés dans l’art de la guerre, ils ont organisé leur clientèle Hutu, Tutsi et Twa en milices puis fondé de petits royaumes : d’abord pour se défendre, ensuite pour répandre la bonne nouvelle de leur mouvement mystico-religieux Cwezi. Comme il y avait plusieurs ordres de ce mouvement, les Tutsi se combattaient également les uns les autres. Ce n’est donc pas par la vache qu’ils se sont imposés. La vache était plutôt un moyen économique d’organiser un royaume une fois fondé. On organisait un troc de produits laitiers contre des produits vivriers et autres produits divers.

Dire que dans un pays, il y a eu des invasions successives n’est pas faire du divisionnisme ni du racisme : c’est dire et écrire l’Histoire qui vaut la peine d’être connue. La plupart des    groupements socio-familiaux qui ont défait les roitelets Hutu antiques et ont créé les premiers royaumes au Rwanda étaient des Tutsi. Les dynasties régnantes en question appartenaient notamment aux groupements socio-familiaux suivants : Abenengwe, Abongera, Abazigaba, Abagesera Abazirankende, Abasinga, Abanyiginya, Abahondogo, Abashambo. Tous ces groupements socio-familiaux étaient des mystiques dits Cwezi qui venaient de mal finir leur aventure au Bunyoro, au Sud Soudan et au Nord de l’Ouganda. Arrivés en Ankolé, ils se sont d’abord métissés avec les Hima avant de se répandre sur tout le plateau africain des grands lacs. En Ouganda, on les appelle les Hamites. À notre connaissance, les Belges n’ont jamais colonisé l’Ouganda.

E. Les grands chemins de la savane

Par la Bible, on sait qu’Abraham est venu à pied de la cité d’Ur de Perse en Palestine. Par l’Histoire générale, on sait que des Grecs allaient par bateau et à pied de Grèce en Égypte, d’Égypte en Éthiopie, de là en Inde, en Perse, en Chaldée, etc. et qu’à cette époque, l’Égypte, la Nubie et l’Éthiopie comptaient parmi les pays civilisés du monde. De la même manière, il y avait des va et vient entre l’Égypte ancienne qui arrivait jusqu’au Nord de l’Ouganda, le Bunyoro, l’Éthiopie, la Somalie et le plateau africain des grands lacs. Si les Égyptiens, les Nyoro, les Éthiopiens, les Somaliens allaient en Grèce, en Perse, en Inde, en Chaldée, etc. et vice versa, en vertu de quoi est-ce qu’ils ne pouvaient pas aller chez les voisins immédiats au Rwanda, en Ankolé, au Karagwe et au plateau africain des grands lacs ? Un homme n’est pas une tortue. Les capacités de déplacement d’un groupe d’hommes organisé sont considérables.

Il y avait de grands chemins sur le plateau africain des grands lacs : les grands chemins de la savane qui se croisaient à Kivumu-cya-Mpushi-na-Nyerenga aux environs de Kabgayi : exactement comme les grands axes routiers du Burundi, du Bushi, du Kinyaga, de Kibuye, de Gisenyi et de Ruhengeli s’y croisent aujourd’hui. Les routes n’y ont pas été construites parce que la mission de Kabgayi était fondée là-bas. Au contraire, on a fondé à Kabgayi le Vicariat apostolique, parce que Kabgayi est un carrefour très important et très ancien. Il faut également noter que ce sont ces mêmes grands chemins qui ont été empruntés à partir du 16ème siècle par des esclavagistes Arabes, Tutsi (= ceux-ci étaient des intermédiaires dans les négociations) et Hinza Hutu du Nord du Rwanda (= ceux-ci étaient des traîtres locaux). Les Inkiga étaient des immobilisations humaines. Les Bakiga sont en moyenne des populations marquées par le caractère primaire (physiquement courageux). Or, on convient que ce caractère est meilleur dans les travaux champêtres ainsi que dans la vie et les travaux montagnards. Peut-être y a-t-il une corrélation entre l’environnement naturel, l’alimentation, la physiologie et le caractère ? Ici, évidemment, on va nous lancer des pierres et des critiques indignées, car les Arabes, les Tutsi et les Hinza Hutu Bakiga sont des anges parfaits qui, au grand jamais, n’ont fait des choses pareilles. OK ! De toute façon, les missionnaires européens eux-mêmes qui étaient là en 1900 l’attestent. On a des écrits des missionnaires témoins oculaires. Ils ne sont pas venus par la brousse ni par les champs. Ils disent qu’à leur arrivée au Rwanda en 1900, ils ont trouvé de grands chemins internationaux que les Allemands et les Belges n’ont fait qu’agrandir pour en faire de grands axes routiers internationaux. Ils disent que ces grands chemins servaient à la traite négrière Hutu mais rarement Tutsi. Le grand marché d’esclaves se tenait à Kivumu-cya-Mpushi-na-Nyerenga. Après Kivumu, on avait Icyambu-cy’ishya (Rwabashyashya), Ku-Ruyenzi, Icyambu-cya-Nyaruteja (actuel pont sur la Nyabarongo), Ku-Ibuye-lihetse-ilindi-lya-Nyabugogo, soit jusqu’au Karagwe et à l’Océan indien, soit jusqu’en Ankolé, au Bunyoro, au Buganda ou au Busoga et ainsi de suite.

Ce ne sont quand même pas les Européens qui ont inventé les chemins et les sentiers pour les Africains. C’était des Inzira-Nyabagendwa (des grands-routes) connus depuis l’antiquité. Ils sont même mentionnés dans des poèmes très anciens en trop vieux Kinyarwanda. Cela veut dire donc que le Rwanda était fréquenté depuis l’antiquité. S’il est possible aujourd’hui en 1994-2014 pour des Rwandais d’aller à pied jusqu’au Malawi, en Centrafrique, au Congo-Brazzaville, etc. en vertu de quoi est-ce que les Rwandais anciens, qui étaient plus marcheurs que les Rwandais contemporains, ne pouvaient pas venir d’Ankolé, du Karagwe, du Ndorwa, de Kyamutwara, du Bunyoro, du Burundi, du Congo, de Somalie, d’Éthiopie, du Buha, du Bugufi, etc ? On affirme qu’il y a un peu de tout cela dans le peuple rwandais contemporain. Ils sont innombrables les gens qui viennent dans un pays et qui y font des enfants. Est-ce que les descendants des étrangers migrants sont aussi des descendants de Kigwa (l’ancêtre commun des Rwandais) ? Kigwa n’est qu’un mythe.

F. Les incohérences de Maniragaba Balibutsa

Maniragaba Balibutsa dit qu’en démythifiant le mythe de Kigwa, Mgr Alexis Kagame Se-Mateka détruit l’unité nationale. Ce n’est pas vrai, puisqu’il construit l’unité humaine. Or l’unité humaine est supérieure à l’unité nationale et comprend l’unité nationale. L’unité nationale ne s’accroche pas à un mythe. L’unité nationale doit se traduire dans les faits. Tous les Rwandais doivent jouir du Rwanda au même titre.

Il est très étonnant que Maniragaba Balibutsa qui fait ses publications aux éditions du CICIBA (Centre International des Civilisations Bantoues) puisse nier l’existence des Bantu, des Pygmées et des Hima-Tutsi. Il se dit très scandalisé d’entendre des individus éhontés comme Mgr Alexis Kagame Se-Mateka parler des choses pareilles, mais tient à faire ses publications aux éditions du CICIBA ! C’est incompréhensible. Qu’est-ce que c’est le CICIBA ? Sont-ils des fous les fondateurs du CICIBA ? Et alors ? Il cherche quoi au CICIBA ce Maniragaba Balibutsa, puisque les Bantu n’existent pas ? S’il faut vraiment condamner Mgr Alexis Kagame Se-Mateka en l’accusant d’Hamitiste, à plus forte raison, il faudrait condamner Maniragaba Balibutsa en l’accusant de Bantouiste. Mais, à notre avis, il n’y a rien de condamnable à parler de Bantu, de Pygmées et de Hima-Tutsi. Mwalimu Cheikh Anta Diop parle des Pygmées, des Batutsi, des Banti, des Zulu, des Sérères, des Toucouleurs, des Dogons, des Laobés, des Peulhs, des Vaïs, des Achantis, des Yoroubas, des Fangs, des Bamouns, des Kissi, etc. et pourtant, personne ne l’a jamais condamné.  

G. On réitère la théorie migratoire de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka.

En conclusion, on rejette catégoriquement la théorie mythologique de la famille élémentaire primordiale rwandaise de qui descendent tous les Rwandais. Kigwa est une invention de la noblesse tutsie destinée à leurrer le peuple rwandais et à mieux le soumettre à sa domination. Ni Kigwa ou Sabizeze (Saba Izeze, c’est-à-dire Imana zeze), ni Muntu, ni Kimanuka, ni Kijuru, ni Kobo, ni Merano, ni Randa, ni Gisa, ni Kizira, ni Kazi, ni Gihanga, ni Kanyarwanda, personne n’est l’ancêtre commun des Rwandais. On réitère la théorie migratoire de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka. Le peuple rwandais est la résultante de divers mouvements migratoires Hutu, Tutsi et Twa. Les gens qui nient ces mouvements migratoires se trompent eux-mêmes. Ils sont entrain de raisonner dans les frontières actuelles du Rwanda, alors que les frontières n’existaient pas en Afrique avant la colonisation européenne. Les postes frontaliers n’existaient pas. On affirme même que si l’on supprimait aujourd’hui les frontières et les visas, les mouvements migratoires recommenceraient immédiatement. Personne n’a envie de vivre sous une tyrannie.

Aucun historien, aucun démographe, aucun statisticien-économiste du développement ne peut soutenir le mythe de Kigwa. Concrètement, l’Histoire du Rwanda resserre de très nombreux exemples de mouvements migratoires historiquement connus et vérifiables.

  • La majorité des Tutsi et des Hutu Bega Rwandais sont des descendants des émigrés Tutsi et Hutu Burundais.
  • À la destruction du royaume du Haut Buha par le Burundi, les Tutsi et les Hutu Baha se sont massivement exilés au Rwanda. Personne ne peut nier l’existence des Baha au Rwanda.
  • Tous les Banyiginya ou Basindi, les Basinga, les Bazigaba Rwandais sont des descendants d’émigrés Banyankolé.
  • À la destruction du royaume du Bushingo par le Burundi, les Tutsi et les Hutu Bashingo se sont massivement exilés au Rwanda. Personne ne peut nier l’existence des Bashingo au Rwanda.
  • À la destruction du royaume du Bugufi par le Burundi, de très nombreux Tutsi et Hutu Bakono se sont massivement exilés au Rwanda. Personne ne peut nier l’existence des Bakono au Rwanda.
  • Les Batsobe sont des descendants directs de Gihanga : un Hima-Tutsi descendant d’émigrés d’Ankolé.
  • Les Banyamurenge congolais sont les descendants de la première dynastie Tutsi rwandaise ayant été renversée par Ruganzu II Ndoli le conquérant au 16ème siècle et s’étant exilé en RD Congo actuelle. Logiquement, c’est en RD-Congo qu’il faudrait aller voir les illustres descendants de Kigwa, si l’on croit à Kigwa.
  • Les Banukamishyo sont des descendants du prophète Hima-Tutsi appelé Runukamishyo immigré au Rwanda du Ndorwa.
  • Des groupes importants des Bega étrangers vinrent se fixer au Rwanda à diverses époques. Les plus en vue qui sont venus respectivement du Ndorwa et du Karagwe sont les Bakongoli et les Barejuru. Ces derniers sont tellement peu des Bega Rwandais qu’ils ont leur mythe propre. Leur ancêtre éponyme est Ndejuru. Les Abarejuru sont arrivés au Rwanda à une époque relativement récente. Aucun scientifique ne pourrait le nier.
  • À la destruction du Bungwe par le Rwanda, de très nombreux Banyakarama et Benerwamba se sont réfugiés au Burundi.
  • À la destruction du royaume du Bugara par le Rwanda, de très nombreux Abacyaba-Bagara se sont réfugiés massivement en Ouganda et en RD-Congo actuels.
  • Les Bakomankali et les Bashigatwa sont des Hima-Tutsi, originaires d’Ankolé, récemment immigrés et n’ayant même pas adhéré à un groupement socio-familial rwandais existant.
  • Les Bahinda habitant au Rwanda oriental sont des lignages tentaculaires appartenant au groupement socio-familial étranger des Bahinda dont différentes dynasties régnaient dans l’aire s’étendant du Nord-est au Sud-est du Rwanda entre le fleuve Nil-Kagera et le lac Nyanza (dit colonialement lac Victoria).
  • Les Bahavu habitants du Rwanda occidental sont des lignages tentaculaires appartenant au groupement socio-familial étranger des Bahavu peuplant l’île Ijwi et la rive occidentale du lac Kivu, à la hauteur de l’île Ijwi en RD-Congo.
  • Les Bahavu congolais peuplant le long du lac Kivu sont des Hutu originaires du Rwanda
  • Les Hutu et les Tutsi congolais sont des Rwandais restés à l’extérieur de la frontière rwandaise après la délimitation des frontières coloniales et l’amputation du Rwanda du Nord Kivu qui étaient originellement rwandais. Le Rwanda arrivait bel et bien à la forêt équatoriale.
  • Etc.        

H. Conclusion

En définitive, le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » n’attache pas d’importance au mythe de Kigwa, l’ancêtre commun des Rwandais. Pour nous, l’important n’est pas qu’on nous parle de notre ancêtre commun Kigwa, mais plutôt de partager équitablement le patrimoine national. Par partage équitable, nous entendons un courant idéologique puissant, un projet de société convainquant, dûment publié dans une maison d’édition internationalement connue, la démocratie, les droits de l’homme, les libertés fondamentales et la maîtrise de la gestion de la chose publique. Par équité, nous entendons que tous les rwandais soient traités de la même façon dans les mêmes conditions. Or, il se révèle qu’aujourd’hui en 2014, les véritables descendants de Kigwa sont les nobles Tutsis modernes faction Abâkagâra (= Abanyegiti) qui ont la chance d’avoir été armés par Juvénal Habyalimana Rutemayeze, Yoweri Kaguta Museveni, etc. et partant, qui monopolisent le gâteau national rwandais, militaire, politique, économique, financier, monétaire, universitaire, religieux, etc. Après la minorité de la minorité régionale Kiga d’hier (+/- 5% de la population rwandaise), on a mêmement aujourd’hui une minorité de la minorité tribale Tutsi (± 3% de la population rwandaise) qui, à elle seule, concentre entre ses mains plus de 90% du revenu national et des postes divers. Si tout cela est bien l’héritage de notre ancêtre commun Kigwa, alors il est permis de le renier.   

Enfin, les problèmes du Rwanda et la situation rwandaise ne résident pas dans les origines tribales des gens, Hutu, Tutsi et Twa mais plutôt dans le Totalitarisme moderne, la Tyrannie, l’Oppression, la Discrimination tribale, la Haine des autres et les menaces d’extermination des autres. Tant qu’un tyran militaire [Kiga Juvénal Habyalimana Rutemayeze [05.07.1973-06.04.1994], Tutsi Paul Kagame Rwabujindili [04.07.1994-….], peut-être après celui-ci un autre] considérera le Rwanda comme sa propriété privée, il y aura au Rwanda des hécatombes sans fin et des problèmes avec les voisins. La Sociopathie post coloniale belge perdure encore aujourd’hui en 2014 au Rwanda. L’âme du chaos rwandais contemporain est militaire. Il est à souligner qu’à l’origine de tout ça se trouve l’armée mono régionale belgo Kiga de Marcel D’Hertefelt, de Jan Vansina, du colonel BEM Guy Logiest, du major François Vanderstraeten, du capitaine Léon De Paeuw, de l’abbé Naveau, de Jean-Paul Harroy, etc. En général, les militaires rwandais Habyalimanistes et Rwâkagâristes sont des voleurs, des assassins, etc. Ils sont tous très incompétents en politique. Les militaires Rwandais doivent être soumis aux autorités civiles et laïques. La pire catastrophe nationale de toute l’Histoire du Rwanda serait le retour au pouvoir des génocidaires Habyalimanistes. Le Rwanda ne s’en sortira que s’il se laisse diriger par des élites intellectuelles non Habyalimanistes et non Rwâkagâristes, non désireuses d’argent, de pouvoir et des honneurs et très intéressées par le peuple rwandais en général et en particulier par les Batwa sous forme de discrimination positive. Les Twa sont des frères et des sœurs trop mal aimés et pourtant, ce sont eux les premiers occupants du Rwanda.

I. Références bibliographiques

1)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda ancien suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10431 – 0 (638 pages)

2)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda à l’époque coloniale suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10436 – 5 (594 pages)

3)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Kagame, Tome 1 : La révolution rwandaise et la première république rwandaise, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 –  296 – 99314 – 3 (434 pages)

4)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, Tome 2 : Du coup d’état militaire du 05 juillet 1973 au Génocide rwandais, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 – 296 – 99315 – 0  (438 pages)

5)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 1 : Le Rwanda, Un état-nation unitaire millénaire, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-02156-0 (510 pages)

6)       MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 2 : La spirale de la violence rwandaise, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-336-30304-8 (650 pages)

7)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’études du Développement du Rwanda : le projet centriste révolutionnaire rwandais, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-03206-1 (310 pages)

Fait à Paris, le 01 septembre 2014

Mwalimu MUREME Kubwimana,                                                                                                 Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais,                                                       Centriste Gitériste-Kayibandiste,                                                                                             Représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme »                                                           

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