La sagesse antique vue du Rwanda (= Ubumuntu) et le symbolisme national rwandais du tambour

KALINGA TDR 1510-1979

Le tambour dynastique rwandais « KALINGA » [1510-1979]

 A. Remarque préliminaire

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 B. Introduction

Qu’est-ce la Sagesse antique (= Ubumuntu) ? Voilà une question très complexe à laquelle il n’est pas possible de répondre dans un court article comme celui-ci. Le présent article a tout simplement pour but d’en donner la définition mystique rwandaise générale et d’en analyser très brièvement la Symbologie rwandaise en termes de symbolisant, de symbolique et de rapport de symbolisation. Cela soulève ipso facto la question des conflits de pouvoirs pouvant exister entre les églises chrétiennes, l’Islam et le Kimeza-Milyango rwandais, -c’est-à-dire la Sagesse antique vue du Rwanda, autrement dit la compréhension rwandaise d’IMANA Nyilibiremwa-, autant dans le cadre colonial belge que dans la situation totalitaire rwandaise contemporaine (= Akazu et Igiti).

 C. La sagesse antique (= Ubumuntu) :

  1. Le symbolisant : le tambour.
  2. Le symbolique (= la pratique sociale) 

Il s’agit d’un tambour couvert en bas (= mu isembe) et en haut (= mu ruhanga), c’est à dire couverts sur les deux faces : l’inférieure et la supérieure. Les deux faces doivent être inégales. La petite est l’inférieure. Le véritable symbolisme du tambour est fixé dans son intérieur.

  1. Le rapport de symbolisation (= l’explication) 

À l’intérieur d’un tambour, il y a toujours un objet secret caché et fixé dedans, de préférence un petit morceau de racine d’un arbre sacré (= umurama, umukore, etc.), soit l’un ou les deux à la fois voire même parfois autres reliques [= Ibisigazwa bitagatifu]. Par définition, les reliques, sont les restes matériels qu’a ou qu’aurait laissés derrière lui une personne vénérée en mourant : soit des parties de son corps, soit d’autres objets qu’il a ou avait, pour les croyants, sanctifiés par son contact. … Cela s’appelle le cœur du tambour, personnifiant le maître intérieur d’un homme. On a en chacun de nous un maître intérieur qui nous guide en toutes choses et qu’il faut toujours écouter car lui seul peut nous guider sur la voie de l’Ubupfura d’abord et de l’Ubunyamibwa enfin. Le tambourinage est un rappel de ce précepte fondamental et au besoin, de la contrainte légitime qui va de pair avec cette loi naturelle. [= Nyamwanga kumva ntiyanze kubona]. Le tambour revêt donc une très grande valeur mystique et culturelle dans la civilisation africaine du plateau des grands lacs.

En conséquence, on ne tambourine qu’en présence du chef de l’État, ou d’un représentant du chef de l’État, soit d’un chef coutumier provincial, régional, national ou d’un gouvernant attitré mais, dans ce cas, obligatoirement en présence du drapeau national. Sur ce point, les Barundi sont plus culturalistes que les Rwandais. Lors d’un tambourinage burundais, le tambour principal du milieu est toujours peint en couleurs de la République du Burundi. C’est une pratique culturelle burundaise hautement symbolique que le Rwanda devrait imiter. Bref, en toutes circonstances, on peut tout pratiquer mais on excepte le tambourinage culturel dit « Igihubi » qui ne se joue qu’en présence du chef de l’État en personne ou d’un ancien chef d’État de mérite (= ayant reçu quitus de gestion). Aussi est-il impérieux de débarbouiller et de revaloriser le tambourinage rwandais. Il est absolument inacceptable que, de par la loi du colonisateur belge, le tambourinage se fasse depuis lors plutôt en l’honneur des missionnaires blancs ou plus tard du curé de la paroisse. C’est une escroquerie culturelle inadmissible. Le tambourinage a été banalisé exprès par le colonisateur belge et les paroisses chrétiennes afin de détruire sa signification culturelle et mieux inféoder le peuple rwandais. C’est vraiment dommage que, même après le décampement du colonisateur belge, le Christianisme tienne encore à banaliser et à détruire la Culture rwandaise comme dans le bon vieux temps de son protecteur : le colonisateur belge. C’est de la manipulation subtile et c’est condamnable. Le curé de la paroisse ne représente pas la sagesse antique. Pas du tout ! Il représente plutôt le Christianisme et le Vatican, c’est-à-dire une religion étrangère implantée par le colonisateur européen. Il est donc insensé de pratiquer le tambourinage culturel rwandais en l’honneur du curé et horrible de pratiquer en plus le tambourinage culturel « Igihubi » en son honneur. Le curé n’est pas une autorité politique. Au contraire, les curés doivent être soumis aux autorités politiques civiles et laïques. L’époque où le missionnaire européen giflait le chef coutumier est révolue (= stratagème de la terreur). Le missionnaire blanc infantilisait tout le monde et l’évêque exigeait aux Chrétiens de baiser son anneau les genoux en terre. Le missionnaire blanc était très bien formé dans l’art de la manipulation.

Un jour, par exemple, au Burundi, un missionnaire blanc a fait irruption à la cour royale burundaise avec une baïonnette et a perforé impunément le tambour dynastique burundais « Kalyenda » le traitant d’idolâtrie. [= Nuko Abarundi basigara bihopfora]. C’est comme si un colonisateur forcené venait par hasard en France détruire la Tour Eifel, la considérant comme un « fétiche français [= Ikigirwamana cy’Abafransa] » ; en Belgique détruire l’Atomium, le considérant comme un « fétiche belge [= Ikigirwamana cy’ababiligi] » ; en Chine détruire La Grande Muraille de Chine, la considérant comme « un fétiche chinois [= Ikigirwamana cy’Abashinwa] » ; etc. La tragédie trop lamentable résiderait plus dans la destruction de la Culture française, belge, chinoise, etc. que dans la destruction d’un bien public « X ». Le colonialiste ne cesse de dénigrer, de détruire, de ravager, etc. Il voit partout des fétiches, des sorciers, des sauvages, des primitifs, des païens, des incroyants, etc. Être un incroyant, c’est ne pas croire en quoi, lui, il croit. Au fait, ça n’a rien à voir avec le message divin de Jésus-Christ ou avec le Christianisme primitif. Il s’agit purement et simplement de l’orgeuil des Chrétiens et de la colonisation culturelle. Le missionnaire blanc n’était pas à vrai dire un messager de Jésus-Christ. C’était un agent double [= yagenzwaga na tubili aliko cyane cyane akagenzwa n’ubukolonize]. En un mot, le Christianisme contemporain, c’est du Gallicanisme et du Vaticanisme.

Le Christianisme est très sincèrement le bienvenu au Rwanda. Mais, de même que Jésus Christ n’est pas venu abolir, le Christianisme ne devrait venir rien abolir au Rwanda. Le Christianisme s’est lui-même piégé. Il s’imaginait que la colonisation belge durerait indéfiniment. Il sied donc de clarifier cette situation. Normalement, le grand tambourinage culturel doit se faire au chef-lieu de province, (= ku rurembo rw’akarere). C’est le chef-lieu de la province, avec ses services administratifs, avec le centre commercial, avec le marché, avec la banque populaire, la caisse d’épargne ou la banque commerciale, qui est le centre de gravité de la province mais non l’église paroissiale. C’est le chef-lieu de la province qui représente l’économie et l’autorité politique et culturelle de la province, mais non l’église paroissiale. Ça n’a donc pas de sens de tambouriner en l’honneur du curé. Ça ne le concerne pas. C’est révoltant, ce qui se passe. C’est le mépris flagrant du tambour et des valeurs culturelles rwandaises qu’il incarne. Assurément, le missionnaire blanc l’a fait sciemment. Oui ! C’était un escroc religieux. Il voulait banaliser et détruire la Culture rwandaise et tout centrer sur la mission chrétienne. Or, on voit que les conséquences qui en ont résulté sont très fâcheuses. La société rwandaise est malade, désarticulée, déstructurée, dominée et traumatisée. Certes, on le sait, à l’époque coloniale belge, le missionnaire blanc se prenait pour l’autorité provinciale parce qu’il faisait partie du dispositif colonial. Le missionnaire blanc pouvait gifler tout le monde, depuis des gamins jusqu’au chef coutumier de province. On a vu ça. Aujourd’hui, le curé rwandais n’a plus de raison de se comporter comme le missionnaire blanc dans le bon vieux temps colonial. S’il ne se ravise pas, cet individu aura trop de problèmes avec les chefs coutumiers et les gouvernants de son pays qui sont les seuls à symboliser et à être habilités à organiser la société rwandaise. Le curé chrétien ne symbolise pas la société rwandaise. L’organisation de la société rwandaise n’entre pas dans ses attributions. Il ne symbolise pas la sagesse antique. C’est un pasteur comme tout autre pasteur de toute autre religion. La suprématie de l’Église catholique ne s’explique vraiment plus après le décampement du monstrueux colonisateur belge et la fin de son pouvoir colonial au Rwanda. Plus aucun tambourinage ne devrait donc logiquement être fait aux paroisses chrétiennes, mais devrait plutôt être fait au chef-lieu de la province (= ku rurembo rw’akarere).

Cela va sans dire que les tambours provinciaux devraient être parqués au chef-lieu de province (= ku rurembo rw’akarere), non loin du drapeau national. C’est le chef-lieu de la province qui est le centre de gravité de la province et non l’église paroissiale. Le tambour ne la concerne pas. Son affaire, ce sont les cloches chrétiennes. Le drapeau national ne peut pas être hissé à la paroisse. Donc, étant donné que le drapeau national ne peut pas être hissé à la paroisse, alors il ne doit pas non plus y avoir tambourinage. C’est simple comme bonjour. Il faudrait vraiment faire attention. Par parenthèse, il faudrait distinguer le petit tambourinage d’accompagnement musical du grand tambourinage culturel. On a le droit de faire du petit tambourinage d’accompagnement musical pendant la messe. C’est plutôt du grand tambourinage culturel dont on parle ici. Bref, si quelqu’un arrive à banaliser et à détruire le symbolisme national rwandais du tambour, alors il aura entamé la Culture rwandaise. C’est l’une des cordes les plus fines de la Culture rwandaise. Il faut absolument protéger le symbolisme national rwandais du tambour. [= Uwaliwe wese asigaye yikora ngo nibamuvugilize ingoma ! Mbega akavuyo k’abapadiri ! ]. Le fait est que le colonisateur belge a assené un coup trop dur au peuple rwandais. Grâce à l’I.R.S.A.C. (= Institut de Recherche Scientifique en Afrique Centrale), et à l’aide des missionnaires blancs, le colonisateur belge était parvenu à identifier et à casser les cordes les plus fines de la Culture rwandaise, notamment le symbolisme national rwandais du tambour et l’Umuganura en traitant celui-ci « d’Imihango ya Shitani ». C’était une gigantesque manipulation. Le but était une meilleure planification de la colonisation belge du Rwanda en vue de la maximisation des profits coloniaux. Partant, il a confié l’organisation de la société rwandaise aux missionnaires blancs. C’est d’ailleurs ainsi que de nombreux biens publics (des terrains, des boisements, des bâtiments, etc.,), -réellement aménagés, plantés ou construits par le peuple rwandais lui-même et par l’argent du contribuable rwandais-, ont été finalement détournés sans problèmes par l’Église catholique, ni vu ni connu. Et en plus, partout, les missionnaires blancs expropriaient des gens et n’indemnisaient personne. Ils étaient omniprésents et omnipotents. C’étaient des colons au même titre que tant d’autres. En conséquence, le peuple rwandais s’est évanoui. On a encore un peuple qui a une âme mais qui n’a plus d’esprit. Il a perdu connaissance. Il est donc grand temps de le réanimer et de l’éclairer. Il appartient donc aux politologues et aux politiques rwandais de réarticuler, de restructurer et de reconstruire la société rwandaise [= gusubiza U-Rwanda mu gitereko cyarwo].

En résumé, le grand tambourinage culturel rwandais se fait uniquement en l’honneur du chef de l’État et, par délégation, de l’autorité politique ou de l’autorité coutumière et, dans ces deux derniers cas, obligatoirement en présence du drapeau national. Or, ce qui se passe à la paroisse n’est ni politique ni coutumier. Il n’y a donc aucune raison de tambouriner en l’honneur du pasteur, du prêtre ou du curé de la paroisse. C’est la colonisation qui a imposé cela et il faudrait que ça cesse puisqu’elle-même a enfin fini par prendre fin. Il faut arrêter cette escroquerie religieuse. Le respect des lois, des règlements, des coutumes et de la Culture du pays d’accueil devrait être de rigueur. À l’époque coloniale, le colonisateur belge exigeait que la société rwandaise s’intègre dans la civilisation occidentale valablement représentée par le missionnaire blanc. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui devrait être vrai. Le missionnaire, avant toute pratique religieuse, doit d’abord s’intégrer dans la société rwandaise. Sinon, son visa et son séjour n’ont pas de sens. Mêmement, le curé rwandais devrait s’en tenir strictement à sa mission ecclésiastique (= Ecclésiologie) et ne plus tenter en plus d’organiser la société rwandaise, sinon, il risque d’entrer en conflit de pouvoirs ouvert ou concrétisé avec la société rwandaise, lequel conflit de pouvoirs ne serait résolu que par « la loi de Séparation des églises, de l’État et de la Société rwandaise ». [= Aho kwigisha gusa Message ya Yezu Kristu n’Ubukristu, ahubwo bashishikajwe no kworganiza sosiyete nyarwanda kandi nyamara bitabareba. I Burayi ho ntibanahirahira babipima kandi aliho iwabo w’Ubukristu]. Il n’incombe pas du tout au Magister ecclésial d’organiser la Société rwandaise. [= Rero ngo abantu bose ni abana be ! Ni akumiro mba mbaroga ! ]. Présentement, il s’agit d’un conflit potentiel qui ne tardera pas à se concrétiser. À l’époque coloniale, il s’agissait d’un conflit latent.

Enfin, concernant les conflits de pouvoirs, il y a lieu de noter qu’il existe trois types de conflits :

  • Le conflit latent : A a si bien intériorisé le discours de B ou celui d’un tiers T qu’il n’a pas conscience du fait que ses intérêts réels divergent de ceux de B (mauvaise appréciation). L’un des deux protagonistes ne se rend compte de rien.
  • Le conflit potentiel : A se rend finalement compte de quelque chose qui ne va pas, mais s’abstient de présenter à B des exigences qui contredisent les intérêts de celui-ci, soit par crainte de B, soit parce qu’un tiers T le lui interdit (le pouvoir d’État par exemple).
  • Le conflit ouvert ou concrétisé : A décide quand même de réagir et de dire non. Il formule des exigences pour que ça cesse. B se raidit contre les exigences de A. A et B formulent des exigences contradictoires. Le ton monte. Il faut des règles du jeu et un arbitre. C’est comme ça dans la vie politique. En guise d’exemple, la vie politique est faite de démocratie d’affrontements permanents entre les partis politiques, mais ceux-ci sont finalement d’accord pour reconnaître l’importance de la participation démocratique aux élections et pour respecter le verdict des urnes, pourvu que la compétition ait été suffisamment loyale.

 D. Conclusion

En ce qui concerne la politique rwandaise, c’est cela d’ailleurs qui devrait finalement résoudre le conflit rwandais, mais seulement et seulement après l’abattage du FPR. À l’instar de l’Akazu (= le Habyalimanisme), l’Igiti (= la noblesse tutsie moderne faction Abâkagâra) n’acceptera jamais la participation démocratique aux élections, la compétition loyale et le respect du verdict des urnes. Le Totalitarisme moderne rwandais, muni tantôt d’une armée mono régionale Kiga, tantôt d’une armée mono tribale Tutsie, doit d’abord et avant tout être abattu. Il est impossible qu’une armée mono régionale kiga ou une armée mono tribale tutsie puisse être intéressée par le peuple. Les FAR, l’APR, et les RDF sont des armées personnalisées, totalitaristes, plus au service du tyran militaire sanguinaire que du pays et partant, indignes du Rwanda. Pour lors, il importe d’abattre à la fois l’Akazu et l’Igiti, sinon le Rwanda tournera toujours en rond : Igiti après Akazu, Akazu après Igiti, etc. C’est ça qui a tant gonflé d’orgueil Juvénal Habyalimana Rutemayeze jusqu’à l’abattage de son Falcon 50 et à son débosselage. C’est triste mais c’est comme ça.

E. Le tambour dynastique rwandais « KALINGA » [1510-1979]

On reviendra ultérieurement sur la Symbologie approfondie du tambour dynastique rwandais « Kalinga » [1510-1979] dans un ouvrage spécialisé qui s’intitulera : « L’Analyse mystique du Code ésotérique rwandais ».

 F. Référence bibliographiques

  1. MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 1 : Le Rwanda, Un état-nation unitaire millénaire, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-02156-0 (510 pages)
  2. MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 2 : La spirale de la violence rwandaise, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-336-30304-8 (650 pages)
  3. MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’études du Développement du Rwanda : le projet centriste révolutionnaire rwandais, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-03206-1 (310 pages)

Fait à Paris, le 01 novembre 2014

Mwalimu MUREME Kubwimana, Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais, Centriste Gitériste-Kayibandiste, Promoteur scientifique et coordonnateur général du Mouvement Centriste Révolutionnaire rwandais (= M.C.R.)

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CACHET MCR

Pièce jointe :

LE PROJET DE SOCIETE CENTRISTE REVOLUTIONNAIRE RWANDAIS pdf