Les Hutu, les Tutsi et les Twa ne sont pas des ethnies [« amayetini » = mot inexistant en Kinyarwanda qu’on a faussement traduit par « Amôko »] : ce sont de simples sous-populations « Amôko ».

PP2013

Mwalimu MUREME Kubwimana,                                                                                                     Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais,                                                               Centriste Gitériste-Kayibandiste,                                                                                                  Représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme »

A. Introduction

Après la publication de mon Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie (= Intekerezo I&II), il n’est plus fastidieux de prouver que l’héritage laissé par le colonisateur belge au Rwanda est un héritage infâme qui perdurera encore durant plusieurs décennies. Même pour rejeter le simple concept colonialiste belge trop faux d’ethnies Hutu, Tutsi et Twa, c’est très difficile. Il y a de l’inertie. Le peuple rwandais ne comprend pas ce qui lui est arrivé. Il ne comprend pas que le colonisateur belge est parti.  Or, il est vraiment parti. Le colonisateur belge a assené au peuple rwandais un coup trop dur. Le peuple rwandais s’est évanoui. On a, au Rwanda contemporain, un peuple qui a encore une âme (= le Kinyarwanda), mais qui n’a plus d’esprit. Mais, heureusement, le peuple rwandais n’est pas mort. Il vit encore. Peuple rwandais, réveille toi ! Maintenant, nous pouvons à nouveau tout concevoir et tout réorganiser nous-mêmes. Le Rwanda n’est pas une province belge. L’Humanité est une et une seule mais la Société rwandaise a sa propre finalité. Chaque société a ses propres logiques. Chaque société a ses propres critères de scientificité. Les Belges ont le droit de se dire ce qu’ils veulent. Les Français ont le droit de se dire ce qu’ils veulent. Les Rwandais ont aussi le droit de se dire ce qu’ils veulent.     

Le but principal du présent article est de répondre aux questions que les gens se posent souvent. Est-ce que, oui ou non, les Hutu, les Tutsi et les Twa, sont des ethnies (= amayetini) ou de simples sous-populations (= amôko) ? Si les Hutu, les Tutsi et les Twa existent au Rwanda depuis ses origines, de quoi alors accuse-t-on le colonisateur belge ? En quoi alors consistent les mensonges, la mystification et les convictions racistes du colonisateur belge ? Quelles en ont été les effets contemporains ? Comment le Rwanda s’en sortira-t-il ? Quelle est la nécessité de démolir les logiques fallacieuses Hutu / Tutsi, Kiga / Nduga, Nyiginya / Ega, qui ne sont que des attrape-nigauds?  En un mot, cet article montre que, quoiqu’on en dise, l’Igiti (= la noblesse tutsie moderne faction Abâkagâra), Paul Kagame Rwabujindili et son épouse Nyirarwabujindili, ne sont que des conséquences de l’ordre social rwandais malade. Ce ne sont pas du tout les causes. Les causes sont absolument structurelles. Pour lors, on veut bien chercher vite, vite des comprimés pour enrayer la fièvre, mais l’essentiel serait plutôt de recevoir une prescription médicale en bonne et due forme (= un projet de société rwandaise convainquant) susceptible de traiter le malade « Rwanda ». C’est cela qui échappe à tous les politicards rwandais (= abiyita abanyepolitike). Le MRND-CDR et le FPR-Inkotanyi ne sont pas des projets de société. Ce sont des non-projets, des non-sociétés, des contre-sociétés et de l’auto-colonisation. C’est du Totalitarisme moderne. C’est une violence d’état impitoyable. C’est insupportable.  

B. Concepts et définitions :

Au Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » a déjà établi que les Hutu, les Tutsi et les Twa ne sont pas des ethnies. Ce sont de simples sous-populations « Amôko ». Dans un article comme celui-ci, on ne peut y revenir que sommairement. Par ailleurs, lorsqu’il y a une confusion permanente entre les catégories de langage littéraire et les catégories de langage scientifique, les scientifiques nationaux, -et non pas les littéraires-, ont le devoir de tirer ces affaires au clair en créant des mots nouveaux dans la langue. En vue de l’enrichissement de la langue rwandaise, on propose de rwandaniser directement les mots scientifiques internationaux qu’on retrouve pratiquement inchangés en français et en anglais. C’est dans le même ordre d’idées qu’on a créé les mots nouveaux Kinyarwanda suivants :

  1. Une ethnie : iyetini
  2. Des ethnies : amayetini
  3. Une race : irâse
  4. Des races : amarâse [= différent de « Amôko »]. Amôko en Kinyarwanda, ce sont tout simplement les Hutu, les Tutsi et les Twa. Les Rwandais anciens ne savaient même pas qu’il existe des Blancs, des Jaunes, etc. Ils croyaient que tous les Humains sont des Noirs et que tous les non Rwandais sont des incroyants (= abanyamahanga) à soumettre car ils ne se résolvent pas encore à payer tribut au Grand-Maître (= le Mwami) du Rwanda [= Inzigo cyangwa Ibigande bidatura Umwami w’U-Rwanda]. Donc les « Amôko » dont ils parlaient, ce n’était pas les Blancs, les Jaunes, etc.   
  5. Amôko : ce sont tout simplement les sous-populations rwandaises Hutu, Tutsi et Twa. Il est donc à faire remarquer que « Amôko », ce n’est ni « Amayetini » ni « Amarâse ». « Amayetini » et « Amarâse » sont des concepts nouveaux que nous avons appris à l’école.
  6. Ubwôko : C’est un caractère statistique ou une variable aléatoire, c’est-à-dire l’ensemble des caractéristiques d’un individu. Pour lors, une modalité se traduit en Kinyarwanda par « Inyoko ». Exemples :
  • Ubwôko bw’imodoka : Peugeot 104, Renault 8, etc. [Peugeot = inyoko. 104 = inyoko. Ubwôko = Peugeot 104]
  • De la même manière, l’ubwôko d’un Munyarwanda présente deux modalités soit l’inyoko N°1 et l’inyoko N° 2 (On a « Inyoko/Amoko »). Ex : umuhutu (inyoko N°1) w’umunyiginya (inyoko N°2).

Comme ceci, on ne va plus tout traduire par « Amôko ». C’était un piège grossier. 

C. Axiome de Mureme

Le Rwanda ancien était une société de sous-populations castes Tutsi, Hutu, et Twa. Au Rwanda ancien, la valeur d’une sous-population ou d’un groupement socio-familial dépendait de sa cote de Noblesse (variable de – 100% à 100%) par rapport à d’autres. C’est de la stratification. Les Tutsi étaient cotés positivement. Les Hutu étaient cotés nuls ; les Hutu Abûngura et les Twa, négativement. Le fait est que, même entre eux-mêmes, aussi bien chez les Hutu, chez les Tutsi que chez les Twa, les membres d’une même caste étaient répartis suivant des sous-castes socio-familiales.

D. Le Rwanda ancien était une société de sous-populations castes Tutsi, Hutu, et Twa 

Au Rwanda ancien, la mobilité sociale ascendante était rare. D’après le dictionnaire critique de la sociologie de Raymond Boudon et François Bourricaud, l’expression désigne les mouvements des unités familiales à l’intérieur du système des classes sociales. La mobilité des familles d’une génération à l’autre est généralement qualifiée de mobilité intergénérationnelle. C’est dire que le Rwanda ancien était une société de castes. Alors, on a la haute, la moyenne et la basse noblesse tutsie, les Tutsi défavorisés, les Hutu et les Twa. Les hauts nobles Tutsi sont Abanyiginya, Abega, Abakono, Abaha, Abagesera, Abatsobe, Abatege. Les moyens nobles Tutsi sont Abashingo, Abashambo, Abahondogo, Abacyaba. Les bas nobles Tutsi sont Abazigaba, Abasinga. Les Tutsi défavorisés sont Abenengwe, Abanyakarama, Abenerwamba, Abôngera, Abasita, Abakomankali, Abashigatwa, Abahinda, Abanyabyinshi–Tutsi. Il y avait un déterminisme rigoureux de la naissance sur le rang. On ne pouvait pas naître Hutu, Twa ou Tutsi défavorisé et rêver de devenir un jour noble Tutsi.  La distribution des positions sociales était anticipée. Les agences matrimoniales de sélection et d’orientation avaient la capacité de contrôler étroitement. Ces agences avaient un souci majeur : celui de restreindre l’ascension sociale des individus d’extraction modeste. Les mariages d’amour étaient inconnus au Rwanda ancien. C’était des mariages de raison. Les parents organisaient tout et les jeunes mariés se voyaient souvent pour la première fois la nuit du mariage. Par conséquent, on ne choisissait pas de s’anoblir en épousant une jeune fille de la noblesse tutsie. C’est la noblesse tutsie qui choisissait elle-même un jeune homme Tutsi défavorisé, Hutu ou Twa exceptionnellement doué dans des domaines intéressants où il pouvait génétiquement enrichir la noblesse tutsie. La mobilité sociale était donc possible. On connaît de nombreuses familles Tutsies d’origine Hutue et vice versa. On connaît même des familles Tutsies d’origine Twa. Les Hutu, les Tutsi et les Twa ne sont pas des ethnies. C’était des castes.   

E. La structure pyramidale des castes du Rwanda ancien

 PYRAMIDE ANCIENNE

Ce schéma devrait se commenter comme suit. La sous-couche supérieure des Tutsi était les Tutsi Banyiginya et la sous-couche inférieure des Tutsi, les Tutsi Basita ; la sous-couche supérieure des Hutu, les Hutu Banyiginya, suivis des Hutu Bega, des Hutu Bakono, des Hutu Baha, des Hutu Bagesera, des Hutu Basinga, des Hutu Bazigaba, des Hutu Babanda, etc. ; la sous-couche inférieure des Hutu, les Hutu Abûngura ; la sous-couche supérieure des Twa, les Twa céramistes et la sous-couche inférieure, les Twa forestiers de la forêt primaire de montagne.

Il s’agissait donc d’une stratification à deux degrés : le premier degré étant la sous-population, le second degré le groupement socio-familial. L’ubwôko d’un Munyarwanda, c’est l’ensemble des deux modalités. Voici donc l’identification des Rwandais anciens : umututsi w’umunyiginya, umututsi w’umwega, etc. ; umuhutu w’umunyiginya, umuhutu w’umwega, etc. ; umuhutu w’umwûngura, umutwa w’umunyiginya, etc…. Les deux degrés sont très importants. Supprimer faussement le premier degré afin de tout confondre au deuxième degré à la manière du modèle Siyasa noble Tutsi équivaudrait, par exemple, à dire qu’un umutwa w’umunyiginya était supérieur à un umututsi w’umwega w’umwâkagâra, puisque ce Mutwa munyiginya est un umunyiginya et que ce Tutsi Mwega Mwâkagara est un Mwega. Cela saute aux yeux que c’est faux. C’est une mystification évidente. Le premier degré de la stratification était donc la sous-population Hutu, Tutsi ou Twa. Une fois cela clarifié, le deuxième degré de stratification était le groupement socio-familial. C’est ainsi, par exemple, qu’en protocole traditionnel, un Tutsi était plus considéré qu’un Hutu et un Hutu plus considéré qu’un Twa ; qu’un Tutsi Munyiginya était plus considéré qu’un Tutsi Musita ; qu’un Hutu Munyiginya était plus considéré qu’un Hutu Mwûngura ; qu’un Twa Munyiginya était plus considéré qu’un Twa forestier, etc. Une autre preuve indiscutable de la stratification traditionnelle de la société africaine sur le plateau des grands lacs est qu’il existe des Hutu congolais, des Hutu ougandais, des Hutu tanzaniens, des Hima-Tutsi ougandais, des Hinda-Tutsi tanzaniens suivant la même stratification alors que les Belges n’ont jamais colonisé l’Ouganda et la Tanzanie. Il suffirait d’aller constater cela en Ankolé (Ouganda) ou en Karagwe (Tanzanie). Sur ce, on convient tout de suite que ce n’est pas le colonisateur belge qui a créé les Amôko Hutu, Tutsi et Twa. Oui ! Mais, …….. Voyons voir !

F. Mensonges, mystification et convictions racistes du colonisateur belge

De ce qui précède, il ressort vraiment que ce n’est pas le colonisateur belge qui a créé les Amôko Hutu, Tutsi et Twa. Par contre, il est surtout tout à fait vrai que le Brigand colonial belge a horriblement saccagé la société rwandaise et détruit de fond en comble la personnalité du peuple rwandais, le voulant et le sachant. Pourquoi et comment ? Et quels en sont les effets actuels ?

Certes, les sous-populations rwandaises Hutu, Tutsi et Twa et les groupements socio-familiaux n’ont pas été inventés par le Colonisateur belge. Ils existent depuis plusieurs siècles. Toutefois, le colonial belge est un universitaire très bien formé à l’université d’Anvers ou d’ailleurs. On sait, par exemple, que le fameux Jan Vansina a étudié l’Histoire et les Sciences coloniales. Pour détruire la société rwandaise, à l’instar principalement de l’œuvre de Jan Vansina, le colonialiste belge a opté pour le stratagème d’avancer que le Rwanda n’est pas un état-nation unitaire millénaire et que la société rwandaise est une société multiethnique. Et pourtant, le Rwanda est un état-nation unitaire millénaire. Le Rwanda n’est pas une société multiethnique. Le Rwanda ancien n’était pas un conglomérat de petits royaumes Hutu et de petits royaumes Tutsi. Le Rwanda ancien n’était pas aussi diabolique que l’a dépeint le colonisateur belge. L’ésotérisme rwandais, ce n’est pas de l’animisme, SVP ! C’est du Mysticisme. Le but était d’embellir l’Histoire de la colonisation et d’inciter les Rwandais au mépris de leurs ancêtres et de la Sagesse antique. Au contraire, le Rwanda à l’époque coloniale a été pire que le Rwanda ancien. De même, le Rwanda contemporain est pire que le Rwanda à l’époque coloniale. On sent déjà intuitivement que la spirale de la violence rwandaise est une spirale exponentielle dont la partie la plus terrible commence avec l’invasion coloniale belge du Rwanda. Sa partie la plus lourde de conséquences a été assenée par la colonisation belge. Assurément, le plus grand malheur du peuple rwandais a été d’avoir été colonisé par la Belgique. On convient que la Belgique contemporaine est une amie, mais entre amis, on doit se dire des vérités. Ababiligi barahemutse. Abakoloni b’Ababiligi bali ibikôko. Barakagenda buhere.

En bref, l’ordre social rwandais était défini par des représentations et des institutions rwandaises propres à la société rwandaise, lesquelles représentations et institutions avaient fait leurs preuves. Toutes ces machineries conceptuelles rwandaises avaient été patiemment produites par la société rwandaise durant plusieurs siècles dans un but sociétal précis. C’était un tout relativement cohérent et très bien ordonné. C’est incroyable, mais c’est vrai. Le Rwanda ancien était plus spirituel, plus religieux, moins matérialiste et moins sauvage que le Rwanda contemporain. C’est justement cet univers hermétique noir africain rwandais qui a donné des nausées de dégoût au colonisateur matérialiste belge. Alors, de connivence avec le politicard intriguant Mgr Léon-Paul Classe, le colonisateur belge a décidé de détruire toutes ces machineries conceptuelles trop compliquées pour lui. Il pensait que tout cela allait à l’envers. Tout ce qui complexifiait la société rwandaise et empêchait le colonisateur belge de la comprendre et de la dominer devait être détruit.

Alors même que le colonisateur belge n’avait pas le droit de coloniser, il a carrément colonisé le Rwanda dans le vrai sens du terme, à coups de matraque et de fouet ikibôko. « On ne conquiert pas des sauvages arriérés de cinq mille ans et dont on ne connaît rien, pas même la langue, au moyen de contrats ni par la douceur. La force, avec toutes les rigueurs qu’elle peut devoir entraîner, est le seul instrument efficace d’une conquête durable et féconde », enseignait le professeur Louis Verlaine, idéologue colonialiste belge (Verlaine, 1923). « L’acte de colonisation ne doit pas être justifié, mais glorifié. Il n’est pas immoral, mais hautement moral », enseignait le professeur Louis Verlaine, idéologue colonialiste belge (Verlaine, 1923). Voilà les schémas mentaux de Jan Vansina, Marcel D’Hertefelt, Luc de Heusch, Hans Meyer, Julien Nyssens, Marcel Pochet, Louis Jaspers et Machin Chouette.   

Alors, pour couronner le tout, le colonisateur belge a créé ex nihilo des ethnies au Rwanda alors qu’il n’y en a pas. Le Rwanda n’est pas du tout une société multiethnique à l’instar de la Belgique avec des Flamands, des Wallons et des Bruxellois. Les chercheurs coloniaux belges ont menti. Les Hutu, les Twa et les Tutsi ne sont pas des ethnies. Ce sont des résidus d’ethos de castes, c’est-à-dire des anciennes castes (des amôko) du Rwanda ancien cherchant, hélas, depuis l’invasion coloniale belge, une nouvelle formule de vie politique et sociale à travers des convulsions dramatiques, fomentées et exaspérées par le colonisateur belge qui n’est rien moins qu’un destructeur monstrueux. Ce sont, en vérité, de simples sous-populations (des amôko) qu’il a tenu à manipuler, à l’image de la Belgique, de connivence avec le politicard intrigant Mgr Léon-Paul Classe. Assurément, le conflit rwandais est un conflit politique et social endogène concrétisé. En conséquence, le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » démystifie le modèle colonial Jan Vansina, Marcel D’Hertefelt, Luc de Heusch, Hans Meyer, Julien Nyssens, Louis Jaspers et Machin Chouette. Ce sont de piètres romanciers historiques. Leurs tableaux historiques sont erronés et grotesques. On le répète et, -c’est vrai-, le plus grand malheur du peuple rwandais est justement d’avoir été colonisé par le colonisateur belge. Ses lois insensées ont gangréné la société rwandaise. Elles visaient les seuls intérêts de la Belgique tout en piétinant l’ordre social rwandais. Le colonisateur belge a saccagé la société rwandaise. Il a détruit la personnalité du peuple rwandais. Ses crimes sont abominables.

G. L’héritage infâme du colonisateur belge

Certes, le colonisateur belge est officieusement parti le 1er juillet 1962 mais, officiellement, il n’est pas parti. Il est resté là jusqu’en avril 1994. Ce qu’en disent les Tutsi est, en quelque sorte, vrai. Le résultat de tout cela a été que le peuple rwandais s’est évanoui d’épuisement, de douleur et de traumatisme. Aujourd’hui, au Rwanda, on a un peuple qui a encore une âme (= le Kinyarwanda), mais qui n’a plus d’esprit. Mais, heureusement, il n’est pas mort. Il vit encore.

C’est vrai. De 1962 à 1994, le néo-colonialiste belge sévissait toujours au Rwanda. Il n’a été contraint à quitter définitivement le Rwanda que par le meurtre des dix paras commandos belges, les 6 et 7 avril 1994, par la soldatesque de l’Akazu que, -ironie du sort-, il avait lui-même créée à Nemba le 10 novembre 1960. À vrai dire, la racine principale du chaos rwandais contemporain, particularisant la période allant de 1962 à 1994, réside dans le néo-colonialisme belge. Paul Kagame Rwabujindili et son Igiti ne sont pas les causes de l’ordre social rwandais malade. Pas du tout ! Ils en sont les conséquences. Les causes sont absolument structurelles. Et c’est ici que se trompent tous les politicards rwandais (= abiyita abanyepolitike). Dégager tout court Paul Kagame Rwabujindili et son Igiti ne résoudra rien. Les remplacer par des brigands Banyakazu tels que Gaston Iyamuremye alias Victor Byilingiro, Sylvestre Mudacumura, Pacifique Ntawuruhunga alias Omega, Bazeye fils Laforge ou par leur comparse (= agakingilizo k’Abanyakazu), en l’occurrence le scissionniste permanent et banqueroutier belgo-rwandais (= umunyemali wahombye w’umubiligi) Faustin Twagiramungu ne résoudra rien du tout non plus. [= Nimubona Twagiramungu ashobokanye na baliya basilikare b’Abanyakazu b’abicanyi Iyamuremye, Mudacumura, Ntawuruhunga na Bazeye muzangaye. Ntabazi ! Twagiramungu ni umuswa muli politike !]. Ce serait la politique du pire. Faustin Twagiramungu est très incompétent en politique. C’est un danger public. De 1993 à aujourd’hui, il se particularise par une observation très naïve de la Réalité rwandaise. Sans un courant idéologique puissant (= Intekerezo), sans un projet de société convaincant, la société rwandaise ne s’en sortira jamais.

Au fait, le colonialisme belge a excrété un monstre, en l’occurrence l’armée mono régionale Kiga. Ce monstre a engendré le tyran militaire sanguinaire le plus absolu et le plus débridé de toute l’Histoire du Rwanda, bien loin derrière le fameux Mwami Kigeli III Ndabarasa du 18ème siècle. Voici le bilan sommaire de sa tyrannie militaire sanguinaire :

  • De 1973 à 1990, il a organisé et fait exécuter l’extermination des officiers et des politiques Banyenduga, créant ainsi une fracture sociale historique intra Hutus impossible à guérir.
  • De 1980 à 1990, il s’est livré à une répression aveugle des dissidents Bakiga Banyabyumba, Bagoyi, Banyaruhengeli et autres, créant ainsi une fracture sociale historique intra Bakiga impossible à guérir.
  • Dans la nuit du 4 au 5 octobre 1990, il a initié, en amont, le futur génocide des Hutus centristes et des Tutsis en se livrant à un simulacre de bataille destiné à sous-humaniser et à animaliser les Hutus centristes et les Tutsis (= uwiba ahetse aba yigisha uwo mu mugongo). Ce qui s’est passé à cette époque-là répugne la Conscience universelle.   
  • Dans la 2ème moitié de 1991, avec la création des GP-Interahamwe, il a commencé carrément la construction de la machine génocidaire. Les Interahamwe, les commandos Kiga  et les GP, c’était kif-kif. C’était des vases communicants. L’habit ne fait pas le moine.  Les GP Kiga opéraient sous la couverture d’Interahamwe, parfois même au vu et au su de tout le monde. Les Belges et les Français ont été piégés. Ils croyaient entraîner des commandos et des membres de la garde présidentielle, alors qu’au fait, ils entraînaient des criminels Interahamwe. Ils ne savaient rien des emplois qui étaient faits de leurs gentils élèves. Ils étaient, -je crois personnellement-, de bonne foi, mais ils ont quand même une part grave de responsabilité. Ils se sont laissé duper par leur protégé Juvénal Habyalimana Rutemayeze qui abusait de leur confiance. C’est très regrettable.
  • Dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, la machine génocidaire de l’Akazu et consorts était toute flambante ou flambant neuve. L’attentat du 6 avril 1994 a mis le feu aux poudres. Les génocidaires s’exclamaient : « Notre Papa l’avait bien dit. Ce sont les Bagome et les Bagambanyi. Il faut le venger. Il faut se défendre. Tugomba kubashyira aho bashaka kudushyira ». Ça aussi, c’est du Kinyarwanda. On ne peut pas connaître l’âme d’un peuple sans connaître sa langue.   

Voilà pourquoi, après le tyran militaire sanguinaire sclérosé Juvénal Habyalimana Rutemayeze, ce devait donc être immanquablement le déluge. Il était vraiment impossible de sevrer pacifiquement les Banyakazu d’un pouvoir militaro-politique trop succulent et mal acquis (= ntabwo Abanyakazu bashoboraga kuva kw’ibere ly’U-Rwanda ibintu bidacitse ngo bidogere). La République et la vie de Juvénal Habyalimana Rutemayeze sont en danger, disaient-ils. Ils brandissaient le péril Hutu centriste et Tutsi (= abagome n’abagambanyi). Les Bagome sont les Tutsi. Les Bagambanyi sont les Hutu centristes. En Kinyarwanda, quand le Mwami traite des citoyens de Bagome et de Bagambanyi, on dit qu’ils les donnent (= aba yabatanze). C’est un ordre à leur élimination physique. Ça aussi, c’est du Kinyarwanda. Ni Ikinyarwanda cyumvikana ! Personne ne savait sur quoi ils se basaient pour avancer cela (Prophéties, renseignements, spéculation ?). Ils avaient prévenu quiconque voulait bien les écouter. Tout bien considéré, le génocide des Hutu centristes et des Tutsi a été fonctionnellement très bien conçu et très bien organisé.  

Il ne s’agissait pas du tout d’une violence anomique ou spontanée (= imvururu) comme ose le raconter trop faussement, dans son nouveau livre [Rwanda : un génocide en questions], la caisse française de résonance de l’Akazu répondant au nom de Bernard Lugan. Ce Bernard Lugan est un umushinyaguzi (= un charlatan, un vantard et un grand-parleur). Non, le génocide des Hutus centristes et des Tutsis n’était pas « Imvururu ». C’était vraiment « Itsembatsemba n’Itsembabwôko ». Il est statistiquement démontré qu’en 1994, la machine génocidaire de l’Akazu et consorts a détruit 40% des Tutsis résidents présents. Les NAZI, quant à eux, ont détruit 45% des Juifs. Or, une destruction supérieure à 5% est statistiquement dite considérable. C’est très significatif. On ne peut pas verrouiller toutes les frontières, ériger des barrages routiers, des barrières un peu partout, imposer des contrôles routiers, des contrôles des cartes d’identité, des fouilles partout, pour en arriver finalement à détruire 40% d’une sous-population, sans plan de destruction. Non ! Ce n’est pas de la violence spontanée (= Imvururu), ça. Ce n’est pas un génocide spontané, ça. Si caché soit-il, il y a un plan de destruction. Et c’est ce plan de destruction que l’Histoire du Rwanda démontrera le moment venu. Il est vraiment bête de prétendre étudier le Génocide rwandais dans un langage littéraire à l’instar de Bernard Lugan. Voilà un phénomène qu’il importe plutôt d’étudier au moyen d’un langage numérique. Cependant, que des falsificateurs comme Bernard Lugan se rassurent. On n’aura pas besoin d’eux. Il s’agit bel et bien d’une violence d’état impitoyable en vrais termes. Le génocide des Hutu centristes et des Tutsi a été très habilement perpétré en désespoir de cause et en connaissance de cause. Tout l’appareil de l’État rwandais a été mis en branle. Des ordres de mission ont été délivrés pour organiser et exécuter ce génocide sur tout le territoire gouvernemental. Un ordre de mission est un acte réfléchi. Des frais de mission, dûment engagés, visés et ordonnancés, ont été retirés du trésor public et versés aux génocidaires. On ne retire pas spontanément de l’argent sur le compte de l’ordonnateur trésorier du Rwanda. Il y a toute une procédure. C’était une entreprise militaire « GP-Kiga, Akazu et consorts ». L’Akazu existe. Ce n’est pas une blague. C’est d’ailleurs une catégorie de langage Kinyarwanda qu’il n’appartient pas du tout à un étranger aussi faux que Bernard Lugan de définir. On n’est pas d’accord qu’il continue à tripoter et à tripatouiller ainsi en notre présence. [= Abanyakazu babikoze babizi neza, babishaka, kandi bibwira ko ali byo byonyine byashoboraga kubagumisha ku butegetsi]. Il est très vivement souhaitable que ce monsieur apprenne aussi à respecter les Hutu centristes et les Tutsi. Malheureusement, ce sont les Tutsi eux-mêmes et consorts (= Bizimana Jean Damascène, etc.) qui sont à l’origine de tout ça. En rayant arbitrairement et injustement « les mots Hutu centristes » du génocide « des Hutu centristes et des Tutsi », ils se sont affaiblis et se sont eux-mêmes piégés. [= Abavântara barabashutse = L’Igiti instrumentalise le génocide des Tutsi]. C’est du court terme. On s’en moque. Ceux-ci en auront honte à la fin du règne du FPR. Ils sont tombés dans la trop fausse dichotomie Hutu/Tutsi alors que le conflit rwandais est un conflit politique et social endogène concrétisé. Ce n’est pas un conflit tribal. C’est donc là un argument qui se rétorque très facilement. Quand ils parlent « du génocide des Tutsi », on leur rétorque « le génocide des Hutu » perpétré par le FPR. Or, ce sont deux thèmes différents. Le FPR tue aussi des Tutsi. Serait-ce parce ce qu’ils s’opposent au génocide des Hutu ?   

Bref, le génocide des Hutus centristes et des Tutsis n’est pas un accident. C’est un crime. Et c’est aux Rwandais eux-mêmes d’en tirer des leçons qui s’imposent en vue d’une meilleure organisation de la société rwandaise. Quand bien même il appartient au TPIR, au juge Trévidic et aux Français de juger des Rwandais, il ne leur appartient pas du tout d’écrire l’Histoire du Rwanda, d’organiser la société rwandaise et encore moins de s’adresser aux générations rwandaises futures. Ce n’est pas leur rôle. Ça ne les regarde pas. C’est aux Rwandais et aux Rwandais eux seuls qu’il appartient d’élaborer un projet de société rwandaise. Qu’il fasse leur travail. Nous aussi, on fera notre travail. Nous ne ferons que ce que nous dicte notre cœur. On n’est même pas obligé d’accorder créance aux archives du TPIR ou de Marc Trévédic. On n’empêche pas ce Bernard Lugan d’y accorder créance (= twamubwira iki !). À toutes fins utiles, nous, nous pourrons même contredire le TPIR et Trévidic. Marc Trévidic rend justice au nom du peuple français. Il ne rend pas justice au nom du peuple rwandais. Voilà pourquoi, j’ai récemment refusé l’invitation fort pressante du mandataire du juge français Marc Trévidic. Je tiens à sauvegarder mon indépendance [= uwigize agatebo, ayora ivu]. Je ne veux pas m’en mêler. Leurs jugements n’engagent pas l’Histoire du Rwanda. D’ailleurs, sur base de notre entretien téléphonique qui a duré 20 minutes, en date du 28 mars 2014, dans la matinée, je crois que Bernard Lugan tire des conclusions hâtives. Je n’ai même pas su comment ils ont obtenu mon N° de téléphone. Alors, si Bernard Lugan s’imagine que ce qu’il en connaît est à la fois vrai et une parole d’évangile, c’est son problème. Soit « P » la planification du génocide des Hutus centristes et des Tutsis. Le TPIR n’a pas pu démontrer « P ». Donc « P » n’a pas existé. Et ainsi de suite. Voilà les fichus critères de scientificité de Bernard Lugan. Qu’est-ce que c’est cet argument tortueux bernardin luganien ? C’est de la manipulation pure et simple. Enfin, de source sûre, Bernard Lugan n’est pas bien apprécié non plus en France. Alors que les Américains et les Français sont les meilleurs en Sociologie politique et en Économétrie avancée des variables qualitatives, Bernard Lugan, lui, est nul en Sociologie politique et en Économétrie avancée des variables qualitatives. Ferdinand Nahimana a eu raison de se moquer de sa thèse de Doctorat. Un coup de chapeau ! Il est donc recommandable aux jeunes chercheurs rwandais d’éviter ce prétendu spécialiste du Rwanda et de se référer directement au modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » et, en cas de besoin, aux meilleurs politologues français notamment Philippe Braud.       

En résumé, Juvénal Habyalimana Rutemayeze est le pire tort que le néo-colonialiste belge a fait au peuple rwandais. C’était un tyran militaire sanguinaire. Lui, son Akazu et leur escadron de la mort ont commis d’innombrables crimes crapuleux contre nature. [= yali umwicanyi ruharwa. Aragahona ! Buliya koko yahoye iki Kayibanda Grégoire, Mukagatare Verediana, Minani Froduald, Nzanana Fidèle, Harelimana Gaspard, Munyaneza Augustin, Gasamunyiga Melchior, Hodali Allype,  sous-lieutenant  Mbaraga Augustin, Capitaine Niyoyita Innocent, Lieutenant Bisabo, Lieutenant  Muganamfura Aphias, Adjudant Bizimana Isaïe, Adjudant Habimana Mathias, Capitaine Bizimana André, Capitaine  Habimana Siridion, Adjudant Nkurunziza  Cyprien, Capitaine Nyamwasa Gallican,  Capitaine Zihinjishi Oscar, Niyonzima Max, Kanakuze Omar, .Kanani Aminadab, Ntirushwa Cyridion, Gakwaya J.-Claude, Ntalikure Elie, Ndahayo Claver, Munyandamutsa Philippe, Turatsinze Désiré, Mlle Kabarenzi Agnès, Gakire Jean, Kalisa Narcisse, Kaberuka Emmanuel, Mbarubukeye Athanase,  Ndandali Gaspard, Muvunankiko Gérard, Misago Mathias, Shumbusho François, Ugirashebuja Jean-Eric alias Rugaravu, Bizindoli Louis, Mivumbi Damien, Nahimana Stanislas, Twagirayezu Aloys, Twagirayezu Epimaque, Sergent major Nyabuhene Fidèle, Ndutiye Faustin, Mporanyi Prosper, Ntaganzwa Alexandre, Sebagabo Athanase, Musabe Jules-Simon, Semanyenzi Alfred,  Twagilimana Boniface, Bitsinduka Alphonse, Nyilibakwe Godefroid, Ndakabuka Godefroid, Niyibizi Canisius, Nsanzishuli David, Kabandana, Rwagasore, Rwangirahe, Gahigi Pierre-Celestin, Sindambiwe, Muganza, Nyiramutarambirwa n’abandi n’abandi ?]. Pourtant, eux aussi étaient des Hutu. Voilà, d’après Bernard Lugan, les qualités de son fin politique Juvénal Habyalimana Rutemayeze ! Non ! Juvénal Habyalimana Rutemayeze était très incompétent en politique.

À vrai dire, le slogan mensonger de la prétendue fraternité des Hutus trop faussement claironné par le MRND-CDR ne rime à rien du tout. Cette prétendue fraternité hutue qu’on n’a pas observée de 1973 à 1994 et qu’on n’a pas remarquée durant le génocide des Hutus centristes, n’est que manipulation.  Cette publicité n’est qu’un attrape-nigaud. On la rejette catégoriquement. Agata Kanziga Gipfamutima Nyirarutemayeze, Yuvenali Habyalimana Rutemayeze, Aba GP be, Interahamwe ze, Impuzamugambi ze, Abanyakazu be, muli Inyoko mbi. Muzigumanire bene ubwo Buhutu bwanyu. Ntacyo dupfana namwe kindi uretse ubunyarwanda ! La fracture sociale intra Hutu que vous avez créée est trop grave pour être si vite oubliée. Iyo muli ku Butegetsi, mutwereka ko ntacyo dupfana, mukatwica mukatwicalira. Babubavanaho mumaze kurwara ubwôro, muti : « Abahutu turashize ! ».  Ibyanyu si byiza na gato. Les Hima-Tutsi ont eu absolument raison de tout faire pour démolir tout ce bazar belgo-Akazu. Ça ne valait rien du tout ! En 1994, les Tutsi ont été des Bagabo. « Celui qui n’a pas encore trouvé une grande cause pour laquelle il veut bien mourir, celui-là n’a pas encore compris le sens de l’existence ». Quant à la suite, ça, ce serait un autre article ! Les opprimés Tutsi d’hier sont devenus les oppresseurs d’aujourd’hui. Or, ce qu’ils ne savent pas, les ignorants, c’est que le Ciel n’aime pas cela. Si le Ciel les a aidés en 1994, c’est qu’ils étaient opprimés. Ce n’était pas pour leurs beaux yeux tutsis. Ils souffraient réellement pendant que dansaient à Kigali les trop orgueilleux Bakiga Banyakazu, autant que nous aussi on souffre réellement aujourd’hui pendant que dansent à Kigali les trop orgueilleux Hima-Tutsi Banyegiti. L’Homme est un ignorant. Vous allez voir. Aujourd’hui, c’est nous que le Ciel doit et va aider, car trop, c’est trop ! [« Hors du trône, tyrans ! À la tombe, vampires ! » Citation de Victor Hugo]. [Paul Kagame Rwabujindili n’umutegarugoli we Rushakafaranga Nyirarwabujindili ntibazavuge ngo ntibabwiwe]. Mais, de grâce, que les futurs tombeurs de l’Igiti (= abazatembagaza Igiti cy’inganzamarumbu cya Rwâkagâra) n’oublient jamais cette loi. Bazace inkoni izamba. Ingoma irahaka ntihôra.    

Compte tenu de tout ce qui précède, le pardon que la Belgique contemporaine est entrain de demander aujourd’hui par les voix de ses ministres Guy Verhofstadt, Jean-Pascal Labille et Didier Reynders est très mal formulé. Il faudrait remonter jusqu’au 10 novembre 1960 à Nemba lors de la création de l’armée mono régionale Kiga, jusqu’en 1926-1930 dans la loi Morthehan, jusqu’en mai 1916 dans l’invasion coloniale belge du Rwanda où le colonisateur belge est arrivé au Rwanda en mentant, en volant, en violant et en massacrant.    

H. Conclusion        

En définitive, il est naturel de conclure qu’au Rwanda, il est absolument faux de parler d’ethnies. Les Hutu, les Tutsi et les Twa ne sont pas des ethnies (= si amayetini). Ce sont de simples sous-populations Amôko (= ni Amôko). Il serait même faux de parler de communauté Hutue, de communauté Tutsie. La communauté Hutue n’existe pas et la communauté Tutsie n’existe pas. Par contre, on peut parler de communauté Twa, mais les Twa ne représentent même pas 1 % de la population rwandaise. Ce cas n’est pas significatif. Au contraire, il a été scientifiquement prouvé et on n’y revient pas, que la société rwandaise compte quatre fractures sociales à savoir :

  • la fracture sociale intra noble Tutsis datant de Rucunshu en décembre 1896,
  • la fracture sociale intra tribale Tutsi/Hutu-Twa datant de 1959,
  • la fracture sociale intra Hutus datant de 1973-1980,
  • et la fracture sociale intra Bakiga datant de 1980 à 1990.

Or, les deux plus graves de ces quatre fractures sociales, à savoir les deux dernières, ont été créées par Juvénal Habyalimana Rutemayeze avec l’aide néo-colonialiste de la Belgique. En un mot, Juvénal Habyalimana Rutemayeze est le  plus grand diviseur du peuple rwandais. Il a été le tyran militaire sanguinaire le plus absolu et le plus débridé de toute l’Histoire du Rwanda. Or, Juvénal Habyalimana Rutemayeze, son Akazu et son armée mono régionale Kiga sont les créatures du colonialiste belge. Finalement, le plus grand malheur du peuple rwandais est d’avoir été colonisé par la Belgique. Le colonisateur belge a tordu le cou à la société rwandaise. Aujourd’hui, le peuple rwandais se trouve en face de deux auto-colonisations directement produites par le colonialisme belge, à savoir l’Akazu et l’Igiti. Dans le cas d’espèce, politiquement, l’attitude intelligente très recommandable est d’abord et avant tout de détruire totalement et définitivement la volonté politique des Banyakazu de retourner au pouvoir avant d’envisager de livrer l’assaut contre l’Igiti. Il faut démolir à temps la future tyrannie néo-MRND-CDR-GP-Interahamwe-Imhuzamugambi qui se profile à l’horizon pendant que l’Igiti s’amortit et que ses racines meurent. L’alternance Akazu/Igiti serait fatale. Il est temps de mettre fin au règne des criminels et des génocidaires, à l’impunité et de bâtir un État rwandais moderne.       

I. Références bibliographiques :

1)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda ancien suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10431 – 0 (638 pages)

2)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda à l’époque coloniale suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10436 – 5 (594 pages)

3)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Kagame, Tome 1 : La révolution rwandaise et la première république rwandaise, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 –  296 – 99314 – 3

4)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, Tome 2 : Du coup d’état militaire du 05 juillet 1973 au Génocide rwandais, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 – 296 – 99315 – 0 

5)      MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 1 : Le Rwanda, Un état-nation unitaire millénaire, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-02156-0 (510 pages)

6)       MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 2 : La spirale de la violence rwandaise, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-336-30304-8 (650 pages)

Fait à Paris, le 14 avril 2014

Mwalimu MUREME Kubwimana,                                                                                               Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais,                                                  Centriste Gitériste-Kayibandiste,                                                                                         Représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme »