Rwanda – Belgique : La mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, père de la Renaissance culturelle rwandaise, héros national rwandais [= Intwali idasanzwe y’imena], assassiné par le Colonisateur belge, à Bujumbura, le 25 juillet 1959.

PP MUREME 26072014

 

Mwalimu MUREME Kubwimana,

Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais, Représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme »

Pour commander ses livres : prière de bien vouloir vous adresser à l’Harmattan http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&sr=7   

A. Introduction

Le présent article publie les résultats définitifs de la recherche scientifique sur la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, père de la Renaissance culturelle rwandaise, héros national rwandais [= Intwali idasanzwe y’imena], assassiné par le Colonisateur belge à Bujumbura, le 25 juillet 1959. Il répond à une série de questions qui se posent sur cet évènement historique majeur. Comment cet évènement a-t-il pu se produire ? Comment cela s’est-il passé ? Quels sont ses caractères particuliers ? Quelles sont ses conséquences ?

Le présent article condamne et accable le Colonisateur belge sous le nombre de multiples preuves matérielles irréfutables, observables, prouvables et vérifiables point par point. Il est tiré du Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme » de Mwalimu Mureme Kubwimana (MUREME, 2012). Le fait est que les historiens rwandais qui ont le mieux collecté des informations sur l’évènement en question et qui l’ont le mieux étudié sont Mgr Alexis Kagame Se-Mateka et Mwalimu Mureme Kubwimana. Ipso facto, il défait les montages grossiers du Colonial belge Jean-Paul Harroy, du requin du Néo-colonialisme belge Filip Reyntjens et de leur épigone Anastase Gasana.

Pour ce faire, le présent article se structure comme suit :

  • Introduction
  • Climat sociopolitique au Rwanda d’octobre 1958 à juillet 1959
  • Le complot colonial belge contre la vie du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco
  • La mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, père de la Renaissance culturelle rwandaise et héros national rwandais [= Intwali idasanzwe y’imena].
  • Les gros mensonges coloniaux belges au sujet de la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco.
  • Les dires délictueux d’Anastase Gasana, plagiaire du colonialiste belge Jean-Paul Harroy et du requin du Néo-colonialisme belge, Filip Reyntjens
  • Conclusion : la part imputable au Colonisateur belge dans le paradoxe des anciennes colonies belges

 

B. Climat sociopolitique au Rwanda d’octobre 1958 à juillet 1959

Il y avait, à cette époque-là, un conflit ouvert entre le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco et le Résident colonial belge du Rwanda, André Preud’homme. Les causes réelles profondes de ce conflit résidaient dans deux faits historiques très importants, à savoir la formation d’un gouvernement d’union nationale et le projet du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco de voyager aux États-Unis d’Amérique.

L’attitude du Mwami, après son retour d’Europe en octobre 1958, n’avait pas manqué de causer quelques inquiétudes au Colonial belge qui sentait que l’unité des Rwandais allait se faire contre lui. En effet, plus le Mwami se rapprochait des leaders Hutu, plus il se distanciait du Colonial belge et plus il essayait de trouver quelque prétexte plausible pour aller à l’étranger prendre contact avec des anticolonialistes. D’après Joseph Gitera Se-Republika, la situation sociopolitique rwando-rwandaise a évolué très rapidement. Il est vrai que le processus révolutionnaire a été long et qu’à certains moments, il y avait réellement une confrontation entre la noblesse tutsi et les représentants des masses populaires Hutu, Twa et Tutsi défavorisées. Au fait, c’est le voyage du Mwami en Belgique et en Allemagne, en octobre 1958, qui a éclairé celui-ci sur la face cachée de la Belgique. Le Colonisateur belge est un serpent à deux crochets à venin, le crochet colonial belge [= le venin amer] et le crochet missionnaire chrétien catholique [= le venin sucré]. Le venin sucré endort par l’obscurantisme. La colonisation est un art dénué de scrupules, à plus forte raison la colonisation belgo-catholique. La démolir est un art uniquement réservé aux stratèges calculateurs. C’est enfin là que le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco a compris qu’il avait intérêt à se réconcilier avec ses compatriotes [= Benewabo], les leaders Hutu.

En 1978, Joseph Gitera Se-Republika a révélé au chercheur rwandais Mwalimu Mureme Kubwimana qu’au premier semestre de 1959, le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco avait, à l’insu du Colonial belge, offert des négociations secrètes, à Joseph Gitera Se-Republika et à Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge, en présence du médiateur Alexis Kagame Se-Mateka. Le chercheur Mureme était ébahi d’entendre de la bouche de Joseph Gitera Se-Republika qu’ils passaient la nuit au palais royal de Nyanza. Et Joseph Gitera Se-Republika de marteler : « Je vous assure que Rudahigwa était « Umuntu mwiza ». Nous passions la nuit chez lui au palais royal. Nous partagions ensemble des repas à la table royale et la Reine Rosalie Gicanda supervisait le service. Nous avions convenu du changement de régime politique et de la mise sur pied d’une monarchie constitutionnelle et d’un gouvernement d’union nationale que dirigeraient les Hutu. Oui ! La Révolution rwandaise était nécessaire. Néanmoins, elle a été perturbée par la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, puis manipulée par le Colonisateur belge. Elle ne s’est vraiment pas passée comme nous la voulions. Elle s’est passée plutôt comme le Colonisateur belge la voulait. Ce qui s’est passé sur les collines en novembre 1959, nous ne l’avions pas planifié. Pas du tout ! ». Joseph Gitera Se-Republika a répété : « Ce qui s’est passé sur les collines en novembre 1959, nous ne l’avions pas planifié. Pas du tout ! Personne ne savait que Rudahigwa irait mourir le 25 juillet 1959, lui non plus. Les gens qui racontent qu’il s’est suicidé en complicité avec son médecin belge sont des falsificateurs ! ».

Cela étant convenu, le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco couvait un autre projet d’aller effectuer un périple à l’étranger afin de mobiliser des soutiens anticolonialistes.

Entre-temps, grâce à l’espion belge œuvrant à Nyanza, en l’occurrence Marcel Pochet, la Belgique trouvait que, contrairement à son habitude, le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco semblait ne plus tenir compte de la présence de la tutelle belge. Le Colonial belge soupçonnait certaines choses secrètes au palais royal de Nyanza. L’un des actes du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco qu’on peut juger effectivement inconsidéré, fut le projet qu’il formait de faire un voyage aux États-Unis d’Amérique. Lors de son séjour à Bruxelles, durant l’exposition universelle, des invitations lui auraient été faites en ce sens, pour qu’il allât promener en ce grand pays ses équipes de danseurs et de batteurs de tambours. Il fut pour le moins étonnant que son conseiller européen, Marcel Pochet, représentant de l’administration tutrice, lui signifiât son accord. Il s’agissait pourtant d’un projet irréalisable, aussi longtemps que le Rwanda n’aurait pas recouvré son indépendance, car l’accord du conseiller n’avait aucune valeur, la décision définitive devant venir de Bruxelles.

Au fait, ce Marcel Pochet était un officier militaire et un officier du service des renseignements coloniaux belges. Son rôle n’était ni de viser quoique ce soit, ni de s’opposer à quoique ce soit. À Nyanza, il était dans une mission d’espionnage qu’on appelle, dans le jargon consacré, « une mission Homo ». Il n’était donc pas là pour s’opposer aux projets du Mwami, mais plutôt pour les suivre de près et éclairer les décideurs coloniaux belges. Le fanfaron colonial belge en question est né à Bouillon le 12 août 1921. Il était également licencié en Sciences commerciales et coloniales (FUCAM-Mons). Il fut administrateur colonial de territoire successivement à Ruhengeli (1948 / 1955), à Kibungo (1955 / 1957) et à Butare (1957 / 1958). À l’époque des faits, c’était lui le fameux conseiller colonial belge (1958 / 1960) du Mwami du Rwanda. Quel conseil valable pouvait donc donner cette bourrique qui ne disait jamais non ; qui disait oui à tout, mais torpillait tout finalement ?

Aveugle sur les crimes de la Belgique au Rwanda, il a publié, aux éditions Sources du Nil, des séries documentaires intitulées « Rwanda, Rétrospective » où, moyennant des documents de l’État rwandais volés au Rwanda, il tente, bien sûr en vain, de vanter, d’embellir l’histoire de la colonisation belge et d’escamoter la responsabilité du Colonisateur belge dans le chaos rwandais. Cet ancien espion colonial belge veut cacher les circonstances exactes de la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco. Il devrait avoir quelque chose sur la conscience [= Ntakabeshye Abanyarwanda. Kuki atabujije Mutara III Rudahigwa Se-Muco kujya i Bujumbura ? Yali azi kujya inama koko ! Agatinyuka akifatira abantu !]. Ce traître n’eût dû expliquer qu’une seule chose : la mort du Mwami dont il était le conseiller colonial. Voilà la seule question qui intéresse le peuple rwandais. Marcel Pochet est décédé le 18 janvier 2013.

La première personne qui se méfia de Marcel Pochet fut Alexis Kagame Se-Mateka. Le roublard Marcel Pochet disait oui à tout, mais tout restait bloqué à l’échelon supérieur, c’est-à-dire au niveau de la Résidence coloniale belge à Kigali. Pour lors, les relations entre le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco et le Résident colonial belge André Preud’Homme ne cessaient de se détériorer. Le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, Joseph Gitera Se-Republika et Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge proposèrent à Alexis Kagame Se-Mateka d’être aussi le médiateur entre le Mwami et la Résidence coloniale belge de Kigali. Alexis Kagame Se-Mateka alla faire valoir auprès du Résident colonial belge que maintenant que les Hutu, les Tutsi et les Twa sont d’accord sur un même projet de société, le peuple rwandais pouvait avoir le droit de disposer de lui-même. André Preud’homme rétorqua : « Le Ruanda-Urundi est sous la tutelle belge. Donc, rien ne peut se faire sans l’accord de la Belgique. Rien du tout. C’est le statu quo de la tutelle belge. Pas de Monarchie constitutionnelle, pas d’Autonomie interne, pas de Gouvernement d’Union nationale et pas de voyage du Mwami à l’étranger. Au contraire, le Mwami a intérêt à être coopératif ! ».

Cela faisait donc quelques semaines qu’Alexis Kagame Se-Mateka tentait de réconcilier le Mwami avec le Résident colonial belge du Rwanda, André Preud’homme. Le Mwami revint bientôt à la réalité. Il comprit encore qu’il n’était qu’un simple figurant dans son Rwanda, au 7ème rang après le Roi des Belges, le Ministre des colonies, le Gouverneur général du Congo belge et du Ruanda-Urundi, le Vice-gouverneur général du Ruanda-Urundi, le Résident colonial belge du Ruanda à Kigali et Marcel Pochet, son conseiller colonial. Rien de rien ne pouvait donc être possible sans l’accord de ses six supérieurs hiérarchiques. Les gens qui racontent que le Mwami avait tous les pouvoirs sont des falsificateurs. Le Mwami n’avait aucun pouvoir ni politique, ni exécutif, ni coercitif, ni législatif, ni économique, ni symbolique ni judiciaire. Rien du tout ! Au contraire, c’est la Belgique qui avait absolument tous les pouvoirs. Impuissant, résigné, il se déclara prêt à renouer les relations d’antan avec ses supérieurs administratifs. Il passa sincèrement aux actes et s’aboucha sans retard avec Preud’homme, Résident du Ruanda. Il accepta de surseoir ses projets de monarchie constitutionnelle, de gouvernement d’union nationale et de voyages à l’étranger. Les auteurs qui racontent que le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco a refusé de mettre sur pied un gouvernement d’union nationale sont des falsificateurs. Il le voulait beaucoup mais il ne pouvait pas le faire. Il en a été empêché par le Colonial belge. Le Colonial belge ne voulait pas que l’unité des Rwandais se fasse contre lui. Et c’est le fait même d’y avoir pensé qui lui fut fatal. L’entrevue de réconciliation formelle entre le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco et le Résident colonial belge André Preud’homme était fixée au 24 et 25 juillet 1959. Mais il ne put malheureusement pas avoir lieu, car le Mwami devait mourir à la date même fixée pour le rendez-vous.

C. Le complot colonial belge contre la vie du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco

Le fait du conflit ouvert existant entre le Mwami et le Résident colonial belge a été également confirmé par la mission de visite de l’O.N.U. En outre, le changement d’attitude du Mwami dut être remarqué, puisque le rapport de la commission d’enquête belge 1960 signale aussi le fait en ces termes : « Cependant, les dernières semaines de sa vie, le Mwami Mutara III changea d’attitude envers l’administration belge. Certains interpréteront ce changement comme une ruse politique ; d’autres l’attribueront à une prise de conscience des dangers que ferait courir au Rwanda une attitude carrément hostile à l’administration tutélaire, alors qu’il régnait déjà de graves tensions au sein de la population ». (N° 28 p. 23). La mission de visite de l’O.N.U. 1960 reprend la même constatation (Rapport, N° 147, p. 20).

Ce fut sur ces entrefaites que le ministre des colonies, M. Van Hemelryck, arriva à Bujumbura le 15 juin 1959. Tous les administrateurs chefs des territoires du Rwanda, invités à un colloque extraordinaire, se trouvaient là, sauf celui du territoire de Gisenyi. Ils tinrent ostensiblement un conseil important avec le ministre et les hauts fonctionnaires de Bujumbura. Les témoins de cette rencontre insolite en conclurent que la politique à appliquer au Rwanda était l’unique sujet du colloque. En vérité, le séjour du ministre Van Hemelryck en ces jours-là à Bujumbura est historiquement resté énigmatique. Mais tout prouve qu’il était venu à Bujumbura mûrir le projet d’assassinat du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco. Le fait est que le vœu du Mwami de rencontrer le Résident colonial belge de Kigali ne fut pas exaucé, mais que tout était plutôt fait pour le leurrer. Jusqu’à son assassinat, l’administration coloniale belge se moquait de lui et le balançait à plaisir. Il avait été décidé qu’il n’y aurait pour le Rwanda ni autonomie interne, ni monarchie constitutionnelle, ni gouvernement d’union nationale, ni voyages du Mwami à l’étranger. La tutelle belge était vraiment la colonisation belge dans sa définition pure.

Le fait est également que le médiateur Alexis Kagame Se-Mateka a révélé qu’en date du 18 juillet 1959, en provenance de Kigali, il avait rencontré pour la dernière fois le Mwami, chez lui à Nyanza, pour lui communiquer un message du Résident colonial belge André Preud’homme. Celui-ci voulait voir le Mwami le 24 juillet 1959. Pendant que le Mwami préparait sa rencontre avec le Résident colonial belge, en vue de sceller explicitement la réconciliation, il reçut de son conseiller colonial belge Marcel Pochet, une autre invitation urgente venant du Vice-gouvernorat général du Ruanda-Urundi à Bujumbura. Il devait se présenter au Vice-gouvernorat général à Bujumbura le 24 juillet 1959. Il n’y avait pas d’explication et le conseiller colonial belge Marcel Pochet ne put lui en donner non plus. Le messager ne put pas non plus préciser de qui précisément, au Vice-gouvernorat général, émanait cette énigmatique invitation. C’était à savoir sur place, dit-il. Face au mutisme surprenant de son conseiller colonial belge, et au dilemme de la date du 24 juillet 1959, en raison de cette coïncidence de rendez-vous, le Mwami décida de demander au Résident colonial belge de Kigali d’ajourner la rencontre de réconciliation prévue à Kigali et de la fixer à une date ultérieure, étant donné que le Vice-gouvernorat général de Bujumbura était hiérarchiquement supérieur à la Résidence coloniale de Kigali. C’est donc à Bujumbura qu’il devait d’abord se rendre.

Le Mwami partit pour Bujumbura, la veille, le 23 juillet 1959, en très bonne santé, accompagné de son secrétaire particulier Eugène Muhikira et conduisant lui-même sa voiture. Le Mwami partit de confiance. Il avait dans son programme de rentrer à Nyanza dans la matinée du samedi 25 juillet 1959. Arrivé à Bujumbura, le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco se rendit directement au Vice-gouvernorat général. À sa très grande surprise, il apprit que le Vice-gouverneur général Jean-Paul Harroy était en congé en Belgique, tandis que son adjoint, le commissaire provincial Tordeur, se trouvait en tournée dans le Sud du Burundi. C’était incompréhensible ! Le secrétariat du Vice-gouvernorat général lui dit qu’aucun rendez-vous n’était manifestement prévu pour lui, puisque le Vice-gouverneur général et son adjoint étaient absents mais que, par contre, tant qu’il y était, son médecin traitant souhaitait le voir avant son retour au Rwanda. Le rendez-vous était fixé unilatéralement le samedi 25 juillet 1959 à 11 heures 30. Voilà la raison pour laquelle il envoya un télégramme le 24 juillet 1959 pour annoncer qu’il remonterait à Nyanza dimanche le 26 juillet 1959 au lieu du 25 juillet initialement prévu. Du 23 juillet 1959 au soir jusqu’au 25 juillet dans la matinée, le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco et son secrétaire particulier Eugène Muhikira erraient pratiquement dans Bujumbura, ne comprenant pas pourquoi il avait été invité à Bujumbura. Selon le témoignage d’Eugène Muhikira, le Mwami commenta : « Marcel Pochet est un manipulateur. Il s’est moqué de moi. Tout ça pour venir voir le médecin alors qu’on n’est même pas malade ! ». C’est donc dans ces circonstances que le Mwami devait se rendre chez le médecin, en réponse au souhait verbal du médecin réceptionné au secrétariat du Vice-gouvernorat général, lequel médecin disait avoir appris sa présence à Bujumbura et voulait le voir avant son retour au Rwanda. C’est donc une fois arrivé à Bujumbura que le Mwami avait finalement découvert que l’invitation anonyme reçue de Marcel Pochet à Nyanza afin de venir d’urgence à Bujumbura émanait en réalité du Dr Julien Vyncke, le médecin traitant en question.

De tous ces faits indéniables, il ressort déjà que le Mwami a été télécommandé par son médecin traitant. Le Mwami ne pouvait pas annuler une rencontre très importante avec le Résident colonial belge André Preud’homme à Kigali, en date du 24 juillet 1959, pour aller voir son médecin traitant alors qu’il n’était pas malade ni non plus pour aller errer à Bujumbura. L’invitation reçue des mains de Marcel Pochet était une invitation-piège émanant du médecin traitant en personne. Par ailleurs, les auteurs qui disent que le Mwami avait besoin de se faire vacciner en raison de voyages à l’étranger mentent puisque, depuis octobre 1958, il lui était formellement interdit, par le Colonisateur belge, de sortir du Ruanda-Urundi et d’aller voyager à l’étranger. Il ne pouvait donc pas aller se faire vacciner pour des raisons de voyages sans l’accord du Résident colonial belge. Enfin, la trahison du conseiller colonial belge Marcel Pochet est manifeste, puisqu’il n’y avait aucune raison de lui remettre une invitation à se rendre à Bujumbura, au Vice-gouvernorat général, sachant très bien que le Vice-gouverneur général Jean-Paul Harroy était en congé en Belgique, et que son adjoint le commissaire provincial Tordeur, était en tournée au Sud du Burundi. Or, le conseiller colonial belge savait tout cela alors que le Mwami lui, n’en était pas informé. Tous ces fait-là sont prouvés et vérifiés. Or, c’était quand même là, la moindre information que le conseiller colonial belge Marcel Pochet se devait de donner au Mwami.

D. La mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, père de la Renaissance culturelle rwandaise et héros national rwandais [= Intwali idasanzwe y’imena].

En attendant le rendez-vous médical du 25 juillet 1959 à 11 heures 30’, pour meubler son temps à Bujumbura, le Mwami alla d’abord se reposer un peu à l’Hôtel Paguidas. Entre-temps, il y avait, ces jours-là, à Bujumbura, des Sénégalais d’un certain rang. À la nouvelle de la présence du Mwami du Rwanda à l’Hôtel Paguidas où, eux aussi, ils séjournaient, ils tinrent à le rencontrer. Le Mwami les vit effectivement pour un moment, mais leur proposa de leur offrir le déjeuner le lendemain matin à l’Hôtel même. Puis, dans la soirée, le Mwami assista, avec grand intérêt, à la projection du film « Les Seigneurs de la Forêt ». Après quoi, il prit son repas et alla se coucher. Le lendemain, comme promis, il rencontra ses invités Sénégalais à l’Hôtel Paguidas où il devait les recevoir à déjeuner. Approximativement à 11 heures 20 minutes, il les laissa là pour un moment, en compagnie de son secrétaire particulier Eugène Muhikira. Il se rendit chez son médecin traitant. Les colonialistes belges qui racontent qu’il était ivre-mort et que déjà, il est allé chez le médecin en titubant, sont des menteurs. Il est allé voir le médecin seul, au volant de sa voiture. Ses invités et son secrétaire particulier l’attendirent un peu plus d’une demi-heure environ. Mais, au bout de ce temps, ils apprirent qu’il venait de décéder, ce 25 juillet 1959 aux environs de midi. Que s’est-il passé, vraiment ?

En date du 28 juillet 1959, le service officiel d’information publia dans le N° 127, édition spéciale de RUDIPRESSE un texte exclusivement consacré à la mort du Mwami et aux événements qui ont entouré ses obsèques. Ce texte-là était en pratique inaccessible au grand public, car RUDIPRESSE était gratuitement distribué aux membres des organismes officiels. Voici le passage historique en question, cité par Alexis Kagame Se-Mateka (Un abrégé de l’histoire du Rwanda, page 251 – 252) : « Le Mwami Charles Mutara III Rudahigwa était descendu à Usumbura le vendredi 24 juillet 1959. Dans la soirée, il assista, avec grand intérêt, à la projection du film « Les Seigneurs de la Forêt », tourné l’an dernier dans le Nord du Rwanda notamment, à l’initiative du Roi Léopold III. Le samedi 25 juillet, au cours de la matinée, après avoir conversé avec des amis, dans un établissement d’Usumbura, le Mwami Mutara rendit visite à son médecin traitant, le docteur Julien Vyncke pour une consultation. Après examen, un antibiotique d’usage courant lui fut administré. Comme il en avait l’habitude, le Mwami conversa assez longuement encore avec le docteur qu’il tenait manifestement en grande estime. Il évoqua notamment les projets de voyage en Europe pour le mois d’août, voyage qu’il comptait mettre à profit pour étudier de nouveaux problèmes intéressant le Ruanda. Vers midi, comme il quittait son hôte, le Mwami se sentit mal à l’aise et rentra s’asseoir dans le cabinet du docteur. Une paralysie faciale se déclara rapidement, tandis qu’une transpiration abondante se manifestait. Devant ces symptômes d’une hémorragie cérébrale, le docteur Julien Vyncke intervint énergiquement contre une subite perte de connaissance de son illustre client. Voyant ses efforts vains, le docteur fit appel immédiatement à ses collègues présents. Le malade fut transporté d’urgence au service de réanimation. Mais les longs efforts, où toutes les ressources actuelles de la médecine furent prodiguées, restèrent vains. Entre-temps, les derniers sacrements lui avaient été administrés par le R.P. Van der Ven, appelé d’urgence. Peu après, le Mwami Charles Mutara III Rudahigwa du Rwanda n’était plus ». (N° 127, p. 10). Alexis Kagame Se-Mateka a reproché au rédacteur de ce texte une entorse à la vérité. Il a craint de révéler que les projets de voyage étaient pour l’Amérique. On ne pouvait s’y rendre qu’en passant par l’Europe, certes, mais, dit-il, l’entorse se comprend aisément dans la perspective de l’administration tutrice.

Par ailleurs, les projets de voyage en question avaient été rejetés par ses supérieurs hiérarchiques coloniaux belges. C’était de simples souhaits irréalisables. De même, le Mwami n’est pas décédé le 25 juillet 1959 à 13 heures. À midi, il était mort. Le rédacteur de ce texte a trop maquillé la tragédie.

Les circonstances de ce décès donnèrent lieu à des commentaires en soi compréhensibles. (Cfr rapport de la commission d’Enquête 1960, p. 24 – 25 ssv). Le père Nothomb (op.cit. P. 718) s’en fait l’écho en ces termes : « Quelles que furent les explications fournies par la faculté et par le service officiel d’information, les bruits les plus fantaisistes et parfois les plus absurdes se mirent à circuler et à faire la conquête, aussi facile que criminelle, de milliers d’esprit trop crédules. On alla même et avec persistance, jusqu’à accuser, non seulement la puissance tutélaire, mais encore le vicaire apostolique de Kabgayi Mgr André Perraudin d’avoir provoqué, ou du moins d’avoir comploté le décès du monarque (du Mwami). De tels « bihuha (faux bruits) » et de telles calomnies, qui n’avaient, faut-il le dire, pas la moindre espèce de fondement, firent un tort incalculable à l’Église catholique ». Alexis Kagame Se-Mateka, qui a assisté évidement à tous ces événements et a été témoin de tous ces remous de l’opinion, estime que, ce que le père Nothomb n’a pas remarqué, c’est que le fondement de ces bruits, même pour les gens réfléchis, avait été le fait de l’information officielle, du manque de sang-froid des milieux gouvernementaux et de la diffusion des communiqués contradictoires rapportant les faits.

En premier lieu, le premier communiqué (ibidem, P. 718 en note) disait ceci : « le 25 juillet vers 11h du matin, le Mwami a eu une conversation normale avec son médecin traitant à Usumbura, dans le cabinet de celui-ci. Au moment de quitter le bureau, il s’est soudainement senti mal. Le médecin s’est précipité pour le soigner et a fait appeler immédiatement ses collègues. Plusieurs médecins ont essayé pendant deux heures à ranimer le Mwami : ce fut en vain. Le Mwami s’est éteint à 13h ». Ce communiqué désinforme, puisque le Mwami avait rendez-vous à 11 heures 30 minutes. L’infirmier congolais qui avait été témoin oculaire de l’événement a donné une version différente. Il disait que le Mwami s’était effondré à la suite d’une piqûre administrée par le médecin. Sa version à lui qui se répandit rapidement à Bujumbura et de là au Rwanda fut ensuite confirmée par une émission de la radio officielle. Et ce fut cette version qu’adoptèrent les membres de la commission belge d’enquête 1960. Le rapport de cette commission en effet dit ceci : « Le 25 juillet 1959, le Mwami Mutara III, après avoir assisté à Usumbura à un film (les seigneurs de la forêt), se rendit chez son médecin traitant. Une piqûre d’antibiotique lui fut administrée et il décéda peu de temps après ». Le passage fut adopté textuellement par la mission de visite de l’O.N.U. 1960 (rapport N° 148, p.20).

Quelques mois plus tard, parlant de ce décès, le représentant spécial du Ruanda-Urundi au conseil de tutelle s’exprima à son tour en ces termes, le 14 juin 1960, lors de la 1112ème séance de la XVème Session : « Le 25 juillet 1959, le Mwami Mutara III succomba à Usumbura à une hémorragie cérébrale. La nouvelle de sa mort se répandit immédiatement dans le pays et la propagande politique fit s’accréditer dans plusieurs régions qu’il avait été empoisonné ». (cfr suppl. au RUDIPRESSE, N° 181, 23 juil.1960, p. 5). Sur cela, Alexis Kagame Se-Mateka objecte que ce n’était évidement pas dans « plusieurs régions » seulement, mais dans tout le Ruanda-Urundi que ces bruits avaient été répandus.

Furent également colportés plusieurs commérages :

  • Interrogé sur ce qu’il pensait de la mort du Mwami Mutara III par la mission de visite de l’O.N.U., un prêtre catholique rwandais a supposé que « le Mwami s’était suicidé ». Il fondait sa supposition sur le fait qu’il avait entendu des ecclésiastiques dire qu’avant de descendre à Bujumbura, il avait rencontré monsieur l’abbé Alexis Kagame Se-Mateka pour se confesser. Celui-ci a démenti cette invention mensongère. (cfr mission de visite de l’ONU 1960, N° 33, P. 5). C’est d’ailleurs absurde. On ne se confesse pas en guise de préparation au suicide qui est un crime (= le meurtre de soi-même).
  • D’autres gens auraient dit que le Mwami Mutara III a succombé à sa maladie du cœur. Alexis Kagame Se-Mateka dément formellement cette invention mensongère. Grand sportif, grand chasseur, dit-il, le Mwami n’avait jamais eu la moindre trace de pareille maladie.
  • La plupart des Hutu, des Twa et des Tutsi défavorisés du menu peuple disaient que le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco avait été empoisonné par la noblesse tutsie parce qu’il avait supprimé l’Ubuhake et qu’il voulait la démocratie vraie. Alexis Kagame Se-Mateka n’a pas jugé convenable de citer cette version, parce qu’à sa connaissance, elle n’a pas été insérée dans un écrit quelconque

Bref, Alexis Kagame Se-Mateka a observé que la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa avait jeté l’opinion dans une confusion inextricable. À ces interprétations raisonnées, bien entendu, vinrent se greffer des imputations imaginaires et fantaisistes, dans un milieu ataviquement habitué à n’attribuer un décès qu’à l’intervention maléfique d’un empoisonnement. À titre d’illustration, la mort du Mwami Yuhi IV Gahindiro a été attribuée faussement à Rugaju fils de Mutimbo ; la mort du Mwami Mutara II Rwogera à Rugereka fils de Byavu ; la mort du Mwami Kigeli IV Rwabugili à Bisangwa fils de Rugombituli. Ce fut donc dans ces conditions qu’il a été question d’une autopsie pour déterminer la cause du décès du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco. La commission belge d’enquête 1960 (rapport, p. 26) signale le problème comme ayant fait l’objet d’un examen au conseil supérieur du pays. Cette instance aurait conclu les débats par la négative. La mission de visite du conseil de tutelle venue au Rwanda la même année, après la commission d’enquête belge, a certainement été induite en erreur en enregistrant que l’autopsie fut demandée par l’administration belge (rapport sur le Ruanda-Urundi, n° 150, p.20). Elle a, par contre, obtenu la meilleure information lorsqu’elle marqua que l’autopsie fut écartée à la suite du refus de la Reine-mère Nyiramavugo III Kankazi Umutanyagwa. Le conseil supérieur du pays ne fut que se conformer à l’avis ainsi exprimé.

Il y avait, en effet, deux partis opposés en cette affaire. Ceux qui réclamaient l’autopsie désiraient obtenir la preuve indéniable de l’empoisonnement. Ceux qui s’y opposaient leur objectaient : « n’est-ce pas aux mêmes médecins européens que vous allez recourir ? Êtes-vous à même de procéder aux analyses et de découvrir le poison » ? Les autres rétorquaient qu’ils feraient appel au médecin missionnaire adventiste de Gitwe. Comme les discussions se prolongeaient, les opposés recoururent finalement à la Reine-mère, lui faisant remarquer que si l’autopsie avait lieu, alors qu’elle était la seule personne capable de l’interdire, elle montrerait par là qu’elle aurait partagé les rumeurs d’empoisonnement ; que dans ce cas elle se serait rangée parmi les ennemis déclarés des Européens. Il est à croire qu’elle pensait personnellement à l’empoisonnement, mais elle n’eût certainement pas accepté de se faire attribuer publiquement les dires incontrôlés du vulgaire. Mais Alexis Kagame Se-Mateka pense que le terme lui-même employé en Kinyarwanda (= la langue rwandaise) pour traduire autopsie (litt. égorger ou dépecer) était de nature à la faire frissonner. Aussi s’y opposa-t-elle énergiquement.

Enfin, les détenteurs du Code ésotérique [= Ubwiru], avec leurs conceptions démodées, voulaient que le Mwami fût enterré à Rutare, localité traditionnellement réservée comme cimetière des Mutara entre autres. Mais il fut décidé qu’il serait enterré à Mwima, où il avait décidé d’élever un mausolée pour y faire transférer les cendres de son père le Mwami Yuhi V Musinga Rugwizakulinda et s’y ménager lui-même sa dernière demeure. Les traditionalistes se rangèrent à cette décision prise en conformité avec le projet que le défunt, converti au Catholicisme, se préparait à réaliser. Voilà une preuve que l’Ubwiru n’était plus pratiqué depuis 1931.

E. Les gros mensonges coloniaux belges au sujet de la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco.

En un mot, Alexis Kagame Se-Mateka était perplexe sur la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco. En 1974, il est allé à Lubumbashi voir le compagnon de route du Mwami, c’est-à-dire son secrétaire particulier avec qui il était descendu à Bujumbura et avec qui il était à l’hôtel Paguidas, en l’occurrence Eugène Muhikira. Toutefois, Alexis Kagame Se-Mateka n’a pas révélé ce qu’il lui avait dit. Mais là il y a quand même appris toute la vérité. Il est à bien noter aussi qu’entre-temps, en date du 05 juillet 1973, un coup d’État télécommandé par la Belgique a été commis au Rwanda. Or, le régime tyrannique et totalitaire Akazu était à la solde de la Belgique. Le Rwanda était retombé sous la tutelle belge.

Par contre, après le renversement du régime Akazu, revenu d’exil au Rwanda, plus d’une décennie après le décès de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka, Eugène Muhikira a témoigné personnellement à la télévision nationale rwandaise (radiotélévision rwandaise) en parlant d’invitation anonyme envoyée, via son conseiller Marcel Pochet, par un inconnu (= qui se révélerait être le Dr Julien Vyncke en personne) au Mwami à Nyanza pour qu’il se rendît à Bujumbura. Il a parlé d’empoisonnement du Mwami par le Dr Julien Vyncke et de deux piqûres de pénicilline au lieu d’une seule. Il a précisé que d’après les affirmations de l’infirmier congolais présent au moment des faits et qui avait donc tout suivi, après la première piqûre, le Mwami avait tourbillonné et couru vomir en travers la fenêtre. Ensuite, sous les yeux de l’infirmier congolais ahuri, le médecin a chargé une deuxième aiguille, a insisté pour repiquer et a repiqué le Mwami. Le médecin faisait valoir l’argument qu’il s’agissait simplement d’enrayer les effets inattendus de la première piqûre. Après la deuxième piqûre de pénicilline, le Mwami s’est éteint.

Eugène Muhikira a fermement rapporté les propos accusateurs de l’infirmier congolais qui n’avait pas du tout compris comment le médecin qui ne faisait pas d’habitude les piqûres s’était brusquement chargé de le faire personnellement à la place de l’infirmier présent sous prétexte que le patient était un illustre personnage (= un Mwami). À ce propos, il est à faire remarquer que les enregistrements existent bel et bien à l’office dénommé ou anciennement dénommé « ORINFOR ».

Au niveau des profanes, il est vraiment difficile d’essayer d’en dire quelque chose. On a tendance à ne pas croire à l’empoisonnement d’un patient par un médecin, si colon soit-il. On ne croit pas non plus à l’empoisonnement du Mwami par les Sénégalais ni par le pauvre Eugène Muhikira. Par contre, on n’a aucune confiance au médecin belge Dr Julien Vyncke. De même, le rôle du conseiller colonial belge auprès de la cour royale à Nyanza, -en l’occurrence Marcel Pochet-, est vraiment troublant. C’a été une machination. C’était une invitation-piège. Pourquoi le Dr Vyncke a-t-il invité le Mwami ? Pourquoi Marcel Pochet, son conseiller, n’a-t-il rien dit au Mwami, se contentant de transmettre un faux message ? Pourquoi le conseiller du Mwami lui a-t-il transmis un faux message ? C’est quoi ça comme conseil ? Le Mwami est allé à Bujumbura en très bonne santé, conduisant lui-même sa voiture. Alors, le médecin l’invite pourquoi ? Il est même obligé d’interrompre le déjeuner auquel il avait invité des gens, pour aller le voir. Pourquoi alors des piqûres ? Et pourquoi il a fait les piqûres à la place de l’infirmier congolais qui d’habitude les faisait ? Pourquoi deux piqûres au lieu d’une seule ? Pourquoi a-t-il raconté ultérieurement au vice-gouverneur général Harroy que le Mwami souffrait de la Syphilis et que c’a été cela la raison des piqûres, attendu que Jean-Paul Harroy l’a écrit dans ses mémoires ? En quoi est-ce que ça le regardait ? Tout comme ça pouvait être faux. Au fait, le médecin a raconté n’importe quoi pour se disculper. Qu’est ce qui prouve que cette histoire de la syphilis n’a pas été montée de toutes pièces pour justifier les deux piqûres de pénicilline ? Pourquoi deux piqûres de pénicilline ? Est-ce que ça existe ça ? Si le Mwami avait de la syphilis, pourquoi est ce qu’on ne lui a pas demandé de venir avec sa femme ? Un médecin pareil ne peut pas être pris au sérieux. On a eu raison de l’accuser. Il était capable de tout, ce colonial belge surtout qu’on sait que la médecine coloniale belge était une couverture. Même la médecine coloniale belge était un service de renseignements.

Par ailleurs, sous réserve de l’avis des médecins, on sait qu’une piqûre de pénicilline, surtout en surdose, peut provoquer la mort. Rien ne prouve non plus qu’il s’agisse de pénicilline. Bref, on laisse le soin aux médecins d’expliquer certaines choses techniques: comment cela s’est-il médicalement passé ? Mais le fait est que le médecin est auteur et responsable de la mort d’un patient qui meurt de ses propres piqûres, dans son propre cabinet médical. Par ailleurs, la Belgique a la responsabilité de son administration coloniale, surtout que le Mwami avait été invité à Bujumbura par le vice-gouvernorat général du Ruanda-Urundi ; qu’il est mort dans l’exercice de ses fonctions, abattu par le Colonisateur belge au cabinet médical colonial belge du Dr Belge Julien Vyncke. Voilà ce que, malgré tout, la Belgique n’arrive pas à démentir.

Il est certain que les explications des médecins belges ou l’histoire du Rwanda que racontent les coloniaux ou les chercheurs colonialistes belges tel que Jan Vansina, Marcel D’Hertefelt, Hans Meyer, Luc De Heusch, André Coupez, Julien Nyssens, Marcel Pochet, Jean-Paul Harroy, colonel BEM Guy Logiest, Filip Reyntjens, Louis Jaspers, et Machin Chouette, ne convainquent personne. Pour des raisons évidentes, le peuple rwandais ne fait pas confiance à la Belgique lorsqu’elle parle de la mission civilisatrice qu’elle a accomplie au Rwanda. C’est absolument faux ! Leur objectif est d’escamoter la part de responsabilité de la Belgique dans son gâchis colonial au Rwanda et d’embellir l’histoire de la colonisation belge. Il y a donc trop de mensonges dans les mémoires de l’ancien vice-gouverneur général colonial du Ruanda-Urundi Jean-Paul Harroy. Il serait hors sujet de s’y attarder ici.

Enfin, il est souhaitable qu’Eugène Muhikira puisse laisser à l’Histoire du Rwanda un document écrit et signé de sa main, corroborant son témoignage télévisé. C’est un témoin historique très important.

F. Les dires délictueux d’Anastase Gasana, plagiaire du colonialiste belge Jean-Paul Harroy et du requin du Néo-colonialisme belge, Filip Reyntjens

Lors d’un débat radiophonique sur Internet à Radio Itahuka du RNC, en date du 28 janvier 2016 et du 07 février 2016, Anastase Gasana, président du parti politique P.R.M. [= Abasangizi], et plagiaire du colonialiste belge Jean-Paul Harroy et du requin du Néo-colonialisme belge, Filip Reyntjens, a fait beaucoup de déclarations sans faits établis qu’il serait long et inutile de reproduire. Cependant, il importerait de saisir cette occasion pour faire la critique des stratégies argumentatives des colonialistes belges et la critique de la courtisanerie d’Anastase Gasana et de son esprit mesquin

1. Critique des stratégies argumentatives des colonialistes belges

En gros, il s’est révélé que les déclarations d’Anastase Gasana plagient l’ouvrage du colonial belge Jean-Paul Harroy « Harroy, Jean-Paul, Rwanda, Hayez, Bruxelles, 1984 » ainsi que celui du requin du Néo-colonialisme belge, en l’occurrence Filip Reyntjens « Reyntjens, Filip, Pouvoir et droit au Rwanda : droit public et évolution politique 1916-1973, INRS et Tervuren, Butare, 1985 ».

Voici textuellement, à propos de la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, l’hypothèse de Jean-Paul Harroy et en général, les stratégies argumentatives des colonialistes belges concernant cet évènement historique majeur : « Par son alcoolisme, notamment, Mutara déshonorait le tambour. La Reine-mère, Nyiramavugo Kankazi, qui était une femme extraordinaire, m’avait rendu plusieurs visites pour que je l’aide dans ses deux grands problèmes : la descendance de Mutara et son intoxication éthylique (alcoolique). Les échecs de sa politique, d’autre part, indiquaient que le temps était venu qu’il cède la place. D’accord avec la Reine-mère, les Biru et quelques autres, auraient alors signifié à Mutara qu’il devait être mort le 1er août 1959. Il aurait, ou d’autres auraient alors imaginé pour lui le scénario de la mort hors frontière (= à Usumbura) face à l’ennemi du moment (le Belge), représenté en l’occurrence par l’infortuné docteur Julien Vyncke. Il m’a été rapporté à l’époque – je n’ai pas de raison d’en douter – que les circonstances du rendez-vous du samedi matin avec son médecin auraient été inhabituelles. Mutara –dont j’ai évoqué l’habitude d’être en retard, – avait rendez-vous à 11h30. Il est arrivé à 11h30, puis est reparti. Au cours d’allez et venues qui précédèrent la piqûre, il aurait eu le temps de se faire administrer ou de s’administrer un poison avec effet différé, conduisant à une mort foudroyante dans le cabinet du docteur Vyncke. On raillera mon imagination. Je répète : c’est une hypothèse que je ne rejette pas ». D’abord, c’est archifaux. Le Mwami n’est pas reparti, une fois entré au cabinet médical, il n’en est plus jamais sorti vivant. Ensuite, Jean-Paul Harroy précise qu’il s’agit d’une imagination et répète : «C’est une hypothèse que je ne rejette pas ». Pourtant, les auteurs suivants, Filip Reyntjens, Anastase Gasana et consorts s’y basent pour lancer des affirmations fausses et faire des déclarations sans faits établis.

La critique qu’il importe de faire de cette hypothèse typiquement colonialiste belge est qu’il s’agit d’une technique de manipulation dite « Gukangaranya : la méthode hypercritique à affirmations péremptoires ». « Gukangaranya » consiste à intimider le débatteur [= Umuburanyi] ou le lecteur [= Umusomyi] en recourant à une théorie difficilement vérifiable, qui dépasse le contradicteur et que généralement on ne comprend peut-être même pas soi-même. Dès qu’on parle de l’assassinat du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, le Colonial belge prend de grands airs et adopte immédiatement un style plein d’affectation prétentieuse de tout savoir de l’Afrique noire : « Mais, voyons ! C’est trop compliqué à imaginer et à expliciter. Il s’agit d’un suicide magico-religieux s’inscrivant dans le cadre du Code ésotérique rwandais de l’Ubwiru. Par son alcoolisme, notamment, Mutara déshonorait le tambour. Le temps était venu qu’il cède la place. D’accord avec la Reine-mère, les Biru et quelques autres auraient alors signifié à Mutara qu’il devait être mort le 1er août 1959 ————— ». Cette technique de manipulation permet de déplacer le terrain de la discussion et de clouer le bec aux gens. De la sorte, il n’est plus question de discuter de l’assassinat du Mwami. Il est plutôt question de discuter « Ubwiru », c’est-à-dire de « Liturgie politique rwandaise ». Il parachute « Le mysticisme de l’Ubwiru ». Alors, personne n’ose plus poser des questions, de peur que les gens ne sachent pas qu’il n’y pige rien en Ubwiru, ou bien qu’il se fasse bêtement ridiculiser par le savant en présence duquel on a subitement l’impression d’être.

Pourtant, quand on connaît très bien la théorie évoquée, cette technique de manipulation est très facile à démolir. Au fait, l’affirmation relative à « la Liturgie politique rwandaise » est parfaitement fausse et déplacée, mais très efficace auprès de ceux qui n’y connaissent rien en « Ubwiru » et qui sont tout prêts à y croire. C’est ça le manipulateur colonial belge Jean-Paul Harroy.

Tout simplement, la vérité historique est ;

  • Que le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco n’a jamais hérité de Kalinga [= Ntiyarazwe Kalinga. Ubwami yabuhawe na Mgr Léon-Paul Classe amaze kumenesha Se Yuhi V Musinga kugirango yigarulire amatongo y’i Bwami, ayubakemo za kiliziya, hejuru y’akajogo k’Ubukolonize n’Ilimburamuco nyarwanda. Kiliziya y’i Nyanza yubatswe mu itongo lya Yuhi V Musinga, iyo ku Kamonyi mu itongo lya Yuhi III Mazimhaka, iy’i Nyamasheke mu lya Kigeli IV Rwabugili, n’ayandi, n’ayandi, n’ayandi] ;
  • Qu’il n’a jamais été intronisé suivant la voie de l’intronisation ésotérique rwandaise [= Rudahigwa ntiyimye Kalinga kuko nyine atayirazwe kandi na Nyina Kankazi ka Mbanzabigwi ntabe yarayirazwe] ;
  • Qu’il n’a jamais pratiqué l’Ubwiru [= Nta nzira y’Ubwiru n’imwe Rudahigwa yigeze anyuramo kuko nyine atâli Umwami wimye Kalinga kandi akaba yali yarabatijwe mu Bazungu] et qu’à plus forte raison, l’Ubwiru, dont l’Umuganura, était strictement interdit au Rwanda depuis 1931 par le même Colonial belge qui est entrain de manipuler.

Au fait, imputer l’assassinat du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco sur le compte de l’Ubwiru est une supercherie colonialiste belge. L’Ubwiru n’a jamais été pratiqué sous son règne. C’était même interdit par le Colonisateur belge. La preuve en est que l’Ubwiru prescrivait que quand le Mwami meurt d’une mort quelconque, la Reine-mère, c’est-à-dire sa mère, ne peut pas lui survivre de 24 heures. On lui donne la mort car une Reine-mère sans Roi est un non sens et que deux Reines-mères en vie au Rwanda est une absurdité. La fonction de Reine-mère échoit dès lors à la représentante de la famille de la mère du nouveau Mwami ou d’office à elle-même si elle est encore en vie. Au nouveau Mwami devait donc correspondre une nouvelle Reine-mère. Par ailleurs, Nyiramavugo III Kankazi ne pouvait pas pousser son fils Rudahigwa à la mort puisque elle-même devait forcément dégager et mourir. De même, quelque soit son âge ou sa conduite, on ne pousse jamais un Mwami à la mort. Il était même souhaitable qu’un Mwami meure à l’âge d’ « Umusaza Kirandatwa », la tête toute couverte de cheveux blancs, en signe de bénédiction divine pour le Rwanda. [= Uzagire ubujyêli (= cheveux blancs) nka Cyilima Rugwe], lui disait-on au moment de l’intronisation. Cyilima I Rugwe est mort approximativement à 100 ans, Cyilima II Rujugira approximativement à 90 ans, etc.

De même, la Reine-mère Nyiramavugo III Kankazi Umutanyagwa a survécu à son fils Rudahigwa de plusieurs décennies. Elle a vécu au Rwanda, au Burundi et au Congo longtemps après la mort de son fils Rudahigwa. Une Reine-mère qui s’exile, cela n’est certainement pas une pratique de l’Ubwiru. En tout cas, ce n’est pas une manière ésotérique d’honorer le tambour dynastique Kalinga. De même, à ce qu’on sache, Kigeli V Ndahindurwa qui avait droit à une nouvelle Reine-mère, autre que Kankazi et Gicanda, n’en a pas bénéficié, attendu que Rosalie Gicanda ne pouvait pas être sa Reine-mère, étant Munyiginyakazi et donc exclue. Voilà la preuve que l’Ubwiru n’était plus pratiqué au Rwanda depuis 1931. On ne s’y conformait plus. Kalinga avait été parqué en 1931, et l’Ubwiru avait été clos à la suite de l’expulsion du Mwami Yuhi V Musinga. Celui-ci a lui-même été assassiné à Moba au Congo belge par le Colonisateur belge. En somme, parler d’Ubwiru et de Kalinga sous le règne du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, c’est dire des absurdités. Les colonialistes belges et leurs amis Habyalimanistes aiment beaucoup ça.

Par parenthèse, il siérait également d’ajouter que même après la Révolution rwandaise de 1959, la Reine Rosalie Gicanda est restée au Rwanda, à Butare, profondément respectée des Hutu, des Tutsi et des Twa, en raison de son attitude positive en 1959 et surtout à cause de la mémoire très honorée de son mari feu le Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco. Néanmoins, après le coup d’État du 05 juillet 1973, sa situation s’est progressivement érodée jusqu’à son assassinat le 20 avril 1994 pendant le génocide des Tutsi et des Hutu modérés. À sa vue, les Habyalimanistes Banyakazu disaient que les révolutionnaires de 1959 avaient très mal fait leur révolution. Pourtant, c’était une reine absolument inoffensive et une innocente commerçante de lait de vaches « Ikivuguto ». Elle n’a jamais pratiqué l’Ubwiru, bien que ce ne soit pas une faute de pratiquer l’Ubwiru. Assurément, l’ésotérisme Cwezi rwandais compte au nombre des ésotérismes les plus valeureux de ce monde et appartient à la même tradition primordiale que l’ésotérisme judéo-chrétien, l’ésotérisme arabo-musulman, l’ésotérisme indien, le bouddhisme tibétain, etc. L’Ubwiru n’est donc pas aussi païen que le pensent les curés vaticano-gallicanistes et les charlatans colonialistes belges. Ce qu’ils racontent, c’est du n’importe quoi ! Le tambour dynastique Kalinga n’a jamais été orné de dépouilles opimes [= Ibinyîta] d’un Citoyen Rwandais. Jamais ! Jamais ! Au grand jamais ! Ce sont des mensonges ou des erreurs d’ignorants. La Culture rwandaise est une culture de pays pauvre, mais ce n’est pas une culture pauvre. Il ne faudrait donc pas la railler.

Conséquemment, la stratégie argumentative de Jean-Paul Harroy, de Filip Reyntjens et de leur épigone Anastase Gasana, ne tient pas la route. Jean-Paul Harroy était un escroc et un gangster colonial belge. Sa défense est nulle et pitoyable. C’est minable. Voilà donc le patron d’Anastase Gasana, en l’occurrence le Colonisateur belge. C’est aberrant pour la part d’un intellectuel rwandais.

  1. Critique de la courtisanerie d’Anastase Gasana et de son esprit mesquin

Il est très nécessaire de faire la critique de la courtisanerie d’Anastase Gasana et de son esprit mesquin. C’est très troublant d’écouter à la radio, dans un débat radiodiffusé sur Internet à Radio Itahuka, un intellectuel rwandais qu’on respecte tant, entrain de se targuer d’une supériorité intellectuelle bon marché. On dit bien bon marché, parce que face à la Sagesse antique d’un digne représentant du bastion sociologique royaliste rwandais, en l’occurrence Boniface Benzinge, Anastase Gasana n’a fait que débobiner des ouvrages coloniaux belges, notamment celui de Jean-Paul Harroy et celui de Filip Reyntjens. Il les a très bien lus. On n’en disconvient pas. Mais le minimum d’honnêteté intellectuelle serait de citer les sources. Même quand il s’agit du Colonisateur belge, il faut avoir le courage de le citer et de dire pourquoi on adore ses logiques. Cacher les sources prouve justement qu’on est de mauvaise foi.

Les interventions d’Anastase Gasana au cours du débat en question constituent un délit contre la société rwandaise que, s’il ne veut pas bien rectifier le tir, à la lumière du présent éclairage, le peuple rwandais ne devrait pas oublier. À l’avenir, à l’avènement de la Démocratie pluraliste, un politicard intrigant pareil devrait être sanctionné. Il s’est disqualifié en tenant de tels propos à l’endroit du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, et sous-entendu du Président Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge, de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka et de Joseph Gitera Se-Republika, en l’occurrence des héros nationaux rwandais avérés et absolument vénérables. C’est un homme très faux. En soi, le plagiat est un délit, mais le comble du plagiat, c’est de plagier le Colonisateur de son pays au lieu de le démolir et de défaire ses logiques colonialistes et impérialistes. C’est une moquerie qu’un politicard intrigant rwandais qui a tant intériorisé les logiques et les critères de scientificité colonialistes belges, prétende être modéré. La vraie modération est anti néo-colonialiste. La modération n’est pas une affaire. Être obnubilé par le désir d’argent, du pouvoir et des honneurs, se déconnecter du monde des faits pour finalement devenir très facile à utiliser, tantôt par le régime tyrannique et totalitaire du parti-État MRND, tantôt par le régime tyrannique et totalitaire pseudo-pluraliste du FPR-Inkotanyi, tantôt par les requins du Néo-colonialisme belge, cela n’est plus du tout de la modération. C’est de la fourberie et de l’opportunisme. Flatter sans cesse les colonialistes belges qui, jusqu’hier, distribuaient les faveurs au Rwanda, au Burundi et au Congo puis, mentir grossièrement contre son propre peuple, c’est être un renégat.

Néanmoins, à ce qu’on sache, Anastase Gasana n’est pas irrécupérable puisqu’au moins lui, contrairement au fanfaron belge, -d’origine rwandaise-, Faustin Twagiramungu Rukokos, il n’a jamais poussé la fausseté et la poltronnerie, à 180 degrés, jusqu’à aller sceller une alliance avec les criminels et les assassins Habyalimanistes Banyakazu infestant « les FDLR ». [= Umusilikare w’Umunyakazu ? Aka kanya koko hali abantu barangije kwibagirwa icyo Umusilikare w’Umunyakazu alicyo ? Ni akumiro gusa, nta kindi ! ]. Aussi voudrait-on bien lui tendre la perche et lui demander de publier un article scientifique approprié, veillant à répondre aux questions suivantes :

  • Comment définissez-vous l’Ubwiru ?
  • Qu’appelez-vous les mensonges de l’Ubwiru ?

Seul ce genre d’article pourrait lui permettre de sauver la face. Le but est de susciter un vrai débat intellectuel, puis de s’éclipser. On n’attaque pas la personne sacrée d’Anastase Gasana, on attaque ses comportements manifestés. Et on espère qu’Anastase Gasana pourra s’améliorer.

Par parenthèse, c’est aussi une occasion de décrire très sommairement la personnalité politique d’Anastase Gasana. D’emblée, il est à bien noter qu’un mauvais caractère, ça n’existe pas. Il n’existe qu’une mauvaise utilisation de son caractère. C’est bien le cas d’Anastase Gasana. Le caractère sanguin primesautier d’Anastase Gasana, d’André Sebatware, de padri Thomas Nahimana, etc., est un caractère intelligent, très bon critique [= ni abantu bazi kunegurana cyane, kuvuga urufuro rukabarenga no gufata ijambo ku maradiyo bakumva batalirekura], mais un piètre concepteur [= aliko kandi ni abantu batabasha gutekereza cyane no kuvugisha ukuli] qui ne convient pas du tout à la tête d’un processus révolutionnaire. [= Bene aba banyepolitike ni abo kwitondera cyane. Si abo kujya inyuma. Ni abatekamutwe. Balikunda bikabije. Bakanakunda Ifaranga, Ibyubahiro, Abagore, Ifuraha n’Ubutegetsi kuko nyine bubamo Ifaranga n’ibyubahiro.]. Il est rusé. C’est un caractère mondain. S’il est bien encadré, c’est un caractère certainement très utile à la société, dans la Diplomatie, dans l’Enseignement, dans l’Administration, à l’Assemblée nationale, dans les affaires, dans l’Économie, dans la mobilisation, etc., mais pas dans l’Analyse historique et encore moins à la tête de la société globale, car il est insensible aux sentiments collectifs. Son degré de patriotisme et son degré de véracité sont bas. C’est un feinteur. En réalité, il est peu intéressé par le peuple. Le processus révolutionnaire exige à sa tête des caractères ascètes, très puissants, -passionnés ou flegmatiques-, très patriotes, très bons politologues, très discrets, excellents concepteurs, stratèges calculateurs, et qui ne parlent pas beaucoup [= abarevolusiyoneri nyabo, aho bataniye n’abatekamutwe, ni ukuba abahanga cyane koko kandi ntibabyirate, gukunda igihugu, gukunda Rubanda rugufi, kumenya gukora inyandiko zifitiye akamaro kenshi cyane ibisekuru bizakulikiraho, kutiyandalika, kuvugisha ukuli, kutavuga menshi, n’ibindi..]. Il faut savoir tenir sa langue. C’est là qu’on gagne. Sinon, c’est la déroute.

Assurément, la vraie opposition rwandaise n’a aucun intérêt à s’attaquer au Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, au Mwami Kigeli V Ndahindurwa Rukararwigisage, au Président Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge, à Mgr Alexis Kagame Se-Mateka et à Joseph Gitera Se-Republika. S’attaquer à ces grands hommes, -auxquels on doit plutôt rendre hommage-, réconforte les dictateurs militaires Juvénal Habyalimana Rutemayeze et Paul Kagame Rwabujindili. Voilà les porte-malheurs et les vrais destructeurs de la société rwandaise depuis février 1973. Ils ont la responsabilité de leur régime respectif tyrannique, totalitaire et génocidaire. Ne pas l’analyser ainsi est une faute éliminatoire. Aucune transformation profonde de la société rwandaise n’est possible sans une condamnation scientifique du Totalitarisme moderne habyalimaniste et kagamiste.

G. Conclusion : la part imputable au Colonisateur belge dans le paradoxe des anciennes colonies belges

La colonisation belge a été l’expérience la plus douloureuse du peuple rwandais, du peuple burundais et des peuples congolais dans toute leur existence respective. La violence rwandaise, burundaise ou congolaise contemporaine est constituée à 86,69 % de la violence colonialiste belge. Les politicards intrigants rwandais, burundais ou congolais qui pensent que ce n’est pas vrai et qui, au contraire, souhaitent plutôt l’appui du Néo-colonialiste belge pour pouvoir accéder au pouvoir politique au Rwanda, au Burundi ou en RD-Congo, sont des vendus et des dangers publics. Ce sont des traîtres. Au contraire, il faudrait se méfier de la vermine néo-colonialiste belge come de la peste.

C’est tout simplement écœurant ! À l’époque des faits, autant pour le Burundi (= Louis Rwagasore), le Congo (= Patrice Lumumba) que pour le Rwanda (= Mutara III Rudahigwa Se-Muco), la vérité est que la Belgique était entrain de débredouiller le terrain en vue de l’octroi des indépendances purement nominales au Rwanda, au Burundi et au Congo. Elle voulait laisser ces pays entre des mains sûres pro Belges, de sorte qu’en réalité, elle reste. On ne colonise pas un pays durant 50 ans pour le perdre bêtement du jour au lendemain à cause d’une fichue indépendance. C’était une indépendance empoisonnée. Dans le fond, les Rwandais, les Burundais et les Congolais ne se sont pas battus pour l’indépendance. Ce sont les Nations unies qui se sont battues tant bien que mal pour eux. C’est pourquoi la Belgique est restée la plus forte. Ce n’était que façade. Le moment est donc venu d’éjecter le Néo-colonialiste belge pour de bon. C’est au tour des Rwandais, des Burundais et des Congolais de se battre eux-mêmes pour eux-mêmes contre le Colonisateur belge. Sinon, ils sont foutus. Le colonialisme belge est une terrible calamité. C’est une vision d’enfer !

Le colonisateur belge a des comptes à rendre. Il doit être absolument poursuivi pour la mort du Mwami Yuhi V Musinga Rugwizakulinda, du Prince Louis Rwagasore, du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, de Patrice Lumumba, du Président Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge, et de bien d’autres. Les présents résultats sont définitifs. Mais, il ne faut pas se leurrer. La Belgique ne plaidera jamais coupable. Plus la Belgique nie, plus il faut détailler davantage l’étude. Si Dieu le veut, le présent article est donc appelé à tendre un jour vers un ouvrage de plusieurs centaines de pages. La Belgique a, de manière incontournable, la responsabilité de son administration coloniale. Elle doit être sans cesse accusée. Un pays colonisateur change très rarement ses systèmes de représentation du Monde. La colonisation et le crime, c’est son mode de vie. Il ne le modifiera que s’il y est contraint par l’impossibilité de coloniser. Il faut donc rendre absolument impossible la Néo-colonisation du Rwanda, du Burundi, et du Congo. Il faudrait démolir tous les requins du Néo-colonialisme belge et prôner le respect mutuel entre les peuples. C’est alors que la Belgique reviendra à la raison, s’humanisera et comprendra que la vie des Noirs Africains a aussi un sens.

H. Références bibliographiques

  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda ancien suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10431 – 0 (638 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda à l’époque coloniale suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10436 – 5 (594 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Kagame, Tome 1 : La révolution rwandaise et la première république rwandaise, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 – 296 – 99314 – 3 (434 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, Tome 2 : Du coup d’état militaire du 05 juillet 1973 au Génocide rwandais, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 – 296 – 99315 – 0 (438 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 1 : Le Rwanda, Un état-nation unitaire millénaire, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-02156-0 (510 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 2 : La spirale de la violence rwandaise, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-336-30304-8 (650 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’études du Développement du Rwanda : le projet centriste révolutionnaire rwandais, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-03206-1 (310 pages)

 

Fait à Paris, le 03 mars  2016

Mwalimu MUREME  Kubwimana

Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais,  Représentant du modèle « Mgr Alexis Kagame et Mureme »

Pour commander ses livres : prière de bien vouloir vous adresser à l’Harmattan http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&sr=7

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