Rwanda : La tradition révolutionnaire rwandaise

PP MUREME 26072014

 

Mwalimu MUREME Kubwimana, Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais, Promoteur scientifique et coordonnateur général du Mouvement Centriste Révolutionnaire rwandais [= M.C.R. (= Abasangirangendo : les Centristes Gitéristes-Kayibandistes)]

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 0. Introduction

Qu’on le veuille ou non, le Rwanda post-génocide est toujours un État-nation unitaire révolutionnaire convergent vers le centre d’oscillation, soit le Centre [= Iyo ibintu bivuye mu ba-extrémistes b’Abahutu bikajya mu ba-extrémistes b’Abatutsi, bulya biba bigana muli Centre]. Pourquoi et Comment ? Le présent article a pour but d’expliquer aussi brièvement que possible la tradition révolutionnaire rwandaise et au fait, de répondre à la question centrale de recherche suivante : « Qu’est-ce qui s’est passé au Rwanda en novembre 1959, le 05 juillet 1973, en juillet 1994 et le 17 avril 2000 ? ». Voilà une question très importante qu’il sied d’élucider. Selon la terminologie politiste, la présente société rwandaise est une société post-coloniale, post-génocide, pré-révolutionnaire, menacée par une guerre civile. Et pour faire honneur au Kinyarwanda, on l’explique en Kinyarwanda : [= Rutega-minsi rwa Tegera uko umugabo ateze ni ko ategulirwa. U-Rwanda urusasira umugozi rukawuguhambiliza. Paul Kagame Rwabujindili ni igikurankota nka Juvénal Habyalimana Rutemayeze. Alihiga agirango arahiga Abanyarwanda !].

Il est donc nécessaire de faire remarquer à tout le monde qu’il n’est pas possible de faire face à cette situation sans être à même de répondre à la question en question. Et pour y répondre, il est nécessaire et suffisant de maîtriser tant de concepts et tant de définitions. [= Bulya abantu bumva ibintu, ni nabo bagomba kubishingwa].

  1. Qu’est-ce qu’une révolution ?

Une révolution est un moment ou un évènement privilégié et stratégique dans l’Histoire d’une société humaine donnée. C’est un point qui partage nettement l’Histoire de cette société en un avant et un après qui sont profondément différents. En général, c’est un brusque et violent soulèvement populaire dont le dessein est de renverser une autorité ou un régime et de modifier une situation.

  1. Qu’est-ce qu’un processus révolutionnaire ?

Un processus révolutionnaire est une longue action historique préparatoire à une révolution qui en devient justement l’aboutissant. Par exemple, le processus révolutionnaire de la première Révolution rwandaise de 1959 a duré 13 ans, soit de 1946 à 1959.

  1. Les caractéristiques d’une révolution
  • Autant par ce qui la procède que par ce qui en résulte, la révolution est un évènement historique dont la temporalité s’étend bien au-delà de son moment immédiat. En effet, les changements apportés par la révolution se répercutent loin dans l’avenir, d’une manière souvent imprévisible et généralement plus profonde qu’on aurait d’abord pu croire.
  • La révolution se produit souvent avec une soudaineté étonnante et apparaît d’abord comme un accident, mais se révèle à l’analyse, être l’aboutissant d’une longue action historique préparatoire.
  • La révolution suppose et entraîne une somme considérable de changements sociaux et mentaux. La révolution est en effet une rupture avec un présent jugé inacceptable, intolérable et condamnable. Elle est refus radical d’une situation actuelle.
  • La révolution est vraiment un moment de l’histoire, marqué d’une particulière effervescence sociale en même temps que d’une exaltation singulière. La révolution est un temps chaud dans l’histoire, et ce moment chaud présente nécessairement des limites dans le temps, c’est-à-dire un début et une fin.
  • La révolution sociale exprime une volonté de reconstruction d’un monde social et humain entièrement autre. Si elle se produit, ce ne peut donc être qu’à la suite de transformations profondes dans les attitudes et la conscience d’une collectivité ou d’un secteur de la collectivité. Elle entraîne dans sa suite des changements encore plus grands, aussi bien dans les esprits que dans l’organisation sociale.
  1. Considérations particulières

Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de répondre à la question centrale de départ de la façon suivante :

a. Ce qui s’est passé au Rwanda en novembre 1959 est une révolution sociale.

C’est une révolution sociale rwandaise d’inspiration chrétienne catholique francophone laïcisée, parce que la temporalité des évènements historiques de novembre 1959 s’est étendue bien au-delà de novembre 1959 ; que les changements apportés par la révolution sociale de 1959 se sont répercutés loin dans l’avenir d’une manière souvent imprévisible et généralement plus profonde qu’on aurait d’abord pu croire et qu’elle a été l’aboutissant d’une longue action historique préparatoire ; etc. Pour la première fois dans l’Histoire du Rwanda, la société rwandaise a été organisée par des Hutu, des Twa et des Tutsi modérés sous le règne d’un premier président Hutu de la République rwandaise soit du 26 octobre 1961 au 05 juillet 1973, après le renversement de la dynastie Tutsi Nyiginya. [= Bwa mbere mu mateka y’U-Rwanda, kuva rwabaho, rwategetswe n’umuprezida w’Umuhutu]. En outre, le Mwami Kigeli V Ndahindurwa et la Reine-mère Nyiramavugo III Kankazi s’exilèrent puis, le comble de la défaite, le tambour dynastique Kalinga fut capturé en 1979.

C’est donc assurément une révolution sociale rwandaise indiscutable autant du point de vue de la terminologie politiste que du point de vue de la terminologie mystico-liturgique noble tutsi. Et en plus, elle était tout à fait nécessaire et bien fondée. Voilà, et voilà. Un peuple qui veut se réconcilier avec soi-même doit d’abord et avant tout raisonner dans la vérité historique. Le fait est que le Rwanda est une République. Le Rwanda n’est plus un royaume et on ne peut pas y revenir.

b. Ce qui s’est passé au Rwanda en juillet 1973 est un coup d’État militaire belgo-kiga

C’est un coup d’État militaire belgo-kiga parce que le peuple rwandais n’y était absolument pour rien et en est même plutôt resté médusé et résigné. Il est tout de même vrai que, en général, pour se donner un faux air de révolutionnaires, les organisateurs d’un coup d’État en préparation sèment d’abord le désordre social et le chaos ou commettent des actes déstabilisateurs préparatoires, à l’instar des putschistes belgo-rwandais de 1973. Certes, les événements de février 1973 sont un fait intérieur notable commis par les Bakiga mais illicitement planifié et internationalisé par des agents secrets belges opérant au Rwanda, dirigés par l’abbé Naveau, un Wallon originaire de Liège en Belgique. La mission catholique ou humanitaire est une couverture. C’est d’ailleurs le même scénario que la Belgique a reproduit au Burundi en 2015. Toujours, elle ! En tout état de cause, cela s’appelle une gigantesque manipulation professionnelle et non un processus révolutionnaire. Un changement de régime sans processus révolutionnaire n’est pas une révolution.

Par ailleurs, le M.R.N.D. n’était pas un mouvement révolutionnaire national pour le développement, mais plutôt un mouvement d’appropriation des acquis et des profits de la révolution sociale rwandaise de 1959 par des Bakiga Habyalimanistes et consorts, en l’occurrence des Banyakazu. Le 05 juillet 1973, il n’y a eu aucune révolution morale au Rwanda. Les Bakiga Habyalimanistes sont une horde d’assassins [= Kulimbagura Abasangirangendo, barangiza bakajya kubajugunya mu bisimu ku Gisenyi, boshye umena ibishingwe !]. Au contraire des révolutionnaires Hutu, Twa et Tutsi modérés, les Bakiga Habyalimanistes [= les Banyakazu] n’ont aucune moralité, absolument aucune. Si le peuple rwandais veut se réconcilier avec soi-même, la destruction des mensonges habyalimanistes est une nécessité absolue. Il importe donc de reconnaître que ce qui s’est passé le 05 juillet 1973 est un coup d’État militaire et non une révolution morale. Voilà la vérité historique.

c. Ce qui s’est passé au Rwanda en juillet 1994 est une contre-révolution sociale

La prise de Kigali le 04 juillet 1994 est assurément une contre-révolution sociale rwandaise. La déroute, la débâcle des génocidaires Habyalimanistes a été un moment et un évènement historique privilégié et stratégique dans l’Histoire de la société rwandaise. La débandade de la vermine habyalimaniste est l’un des spectacles les plus intéressants de l’Histoire du Rwanda. Cette contre-révolution sociale s’est produite avec une soudaineté étonnante et apparaît d’abord comme un accident, mais se révèle à l’analyse être l’aboutissant d’une longue action historique préparatoire. Tous les Tutsi, tous les Twa et tous les Hutu modérés étaient tout à fait d’accord pour la démolition de l’Akazu, pour le renversement du régime Akazu et pour la modification de la situation tyrannique et totalitaire habyalimaniste. Par voie de conséquence, ce qui s’est passé le 04 juillet 1994 n’est pas un coup d’État. C’est une contre-révolution sociale et celle-ci était tout à fait nécessaire et bien fondée. Il n’y a rien à y redire. Les Habyalimanistes [= Les Banyakazu] ne savaient même pas se gouverner eux-mêmes.

d. Ce qui s’est passé au Rwanda le 17 avril 2000 est un coup d’État pan-hima -tutsiste « Igisuti ».

Après une période de transition de six ans, -à la rigueur justifiable-, un coup d’État pan-hima-tutsite a été commis par la junte militaire hima-tutsi en vue de rafler toute la mise et d’assujettir complètement le peuple rwandais. Celui-ci n’y est absolument pour rien. Pour se donner un faux air de révolutionnaires, les organisateurs du coup d’État en préparation ont organisé des contrôles parlementaires de la primature et des ministères tenus par des ministres Hutu, notamment l’infortuné Charles Ntakirutinka, puis commis beaucoup d’autres actes déstabilisateurs destinés à provoquer Pasteur Bizimungu Bihwahwa, qui est lui-même un politicard intrigant, indigne, lâche et méprisable. On ne comprend pas comment Charles Ntakirutinka copinait avec ce chenapan et qui pis est, avec le traître Marc Rugenera [= cya gisambo], – qui les espionnait et les trahissait-, au lieu de prendre le large à temps. Anastase Gasana, lui, qui est un malin et demi, s’en est sorti indemne. Depuis lors, au lieu d’œuvrer à la libération de l’homme et d’offrir au peuple rwandais la Démocratie pluraliste promise et tant attendue; au lieu d’organiser une société juste et fraternelle ; au lieu de permettre à tout Rwandais la participation démocratique au pouvoir politique rwandais ; au lieu de répondre aux attentes collectives d’un état de paix, d’équité, de prospérité, de bien-être collectif ; les Hima-Tutsi Pan-Hima-Tutsistes Paul-Kagamistes ont raflé toute la mise. Au fait, le FPR-Inkotanyi est un mouvement pan-hima-tutsiste paul-kagamiste d’appropriation des acquis et des profits de la contre-révolution sociale de juillet 1994. C’est ça le Pan-Hima-Tutsisme d’obédience néo-colonialiste et d’inspiration chrétienne protestante anglophone laïcisée. C’est ça qu’on appelle le Totalitarisme moderne pan-hima-tutsiste [= Igisuti].

  1. Conclusion

En conclusion, le FPR-Inkotanyi est un système politique totalitaire et un mouvement politique pan-hima-tutsiste paul-kagamiste d’appropriation des acquis et des profits de la contre-révolution sociale de juillet 1994. C’est la résistance à ce régime tyrannique et totalitaire dit « Igisuti » qui implique justement que la société rwandaise se retrouve présentement entraînée dans un processus qu’on doit appeler le processus révolutionnaire de la 2ème Révolution sociale rwandaise.

Après avoir démoli à juste titre l’Akazu, l’Igisuti a dépassé les limites et, sans honte ni vergogne, il a entamé [= Igisuti cyarashyekewe, maze cyadukira] Mgr Alexis Kagame Se-Mateka, Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge, Joseph Gitera Se-Republika, le Mwami Kigeli V Ndahindurwa, etc. C’est alors que le FPR-Inkotanyi s’est progressivement désintégré et s’est subdivisé en une petite minorité d’extrémistes Tutsi Paul-Kagamistes et en une immense majorité de Tutsi modérés divers, pleins de déceptions et d’amertume. Tout bien considéré, la contre-révolution sociale rwandaise du 04 juillet 1994 a été elle-même incapable de se protéger contre le gangstérisme des vautours extrémistes Hima-Tutsi Pan-Hima-tutsistes Paul-Kagamistes très désireux d’accaparer autant le pouvoir politique rwandais que le patrimoine national rwandais et en somme, de s’approprier les acquis et les profits d’une contre-révolution sociale qui a produit énormément de martyrs.

En définitive, c’est une situation inacceptable, intolérable et condamnable. [= Abantu batumva ibintu ntibakabishingwe. Ibimharagata by’abasilikare b’Abanyegisuti bigejeje U-Rwanda hasi y’aho ibimharagata by’abasilikare b’Abanyakazu byarugejeje.]

À bas le fascisme pan-hima-tutsiste. [= Igisuti kiragashya !]

Vive la 2ème Révolution rwandaise ! [= Harakabaho Révolution ya kabili mu Rwanda !]

Fait à Paris, le 28 mai 2016.  

Mwalimu MUREME Kubwimana, Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais, Promoteur scientifique et coordonnateur général du Mouvement Centriste Révolutionnaire rwandais [= M.C.R. (= Abasangirangendo : les Centristes Gitéristes-Kayibandistes)]

Pour commander ses livres : prière de bien vouloir vous adresser à l’Harmattan http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&sr=7

CACHET MCR