Rwanda : Le prophétisme rwandais [= uguhanuza] et la mort du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi [= saint patron des réfugiés]

PORTRAIT MUREME 2016

 Mwalimu MUREME Kubwimana, Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais, Représentant du modèle AKM « Mgr Alexis Kagame et Mureme »

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A. Introduction

La mort du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi a fait couler beaucoup d’encre. Son destin était observé et suivi pas à pas. Tous les principaux récits prophétiques historiques rwandais étaient lus, relus et scrutés, spécialement les passages concernant Kigeli V Ndahindurwa. La question centrale de départ qui se pose est la suivante : « Pourquoi ? Quel intérêt y-avait-il à agir ainsi ? ». Maintenant qu’il est mort, « doit-on rapatrier sa dépouille mortelle aujourd’hui ou ultérieurement ? ». Attention ! D’emblée, il est à faire savoir qu’ici et maintenant, on va devoir utiliser des jumelles spéciales.

Cette question centrale de départ se subdivise elle-même en plusieurs questions secondaires dérivées. Les voici : « Quels sont les principaux récits prophétiques historiques rwandais ? ». En effet, quand le politologue rwandais en a besoin, il a le droit d’emprunter des jumelles aux grands prophètes rwandais du passé. Pourquoi toutefois doit-on les relativiser, les appeler des récits prophétiques historiques et non des prophéties ? Sur ce, quelle évaluation comparée devrait-on faire, maintenant que la mort du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi, en date du 15 octobre 2016, est un fait historique ? Voilà, en gros, ce qu’on appelle le prophétisme rwandais. Qu’est-ce, alors, le prophétisme rwandais ? Pourquoi et comment ? Le présent article a justement pour but de répondre à toute cette batterie de questions.

Pour lors, le présent article s’impose une démarche thématique, chronologique et dialectique et se structure comme suit :

  • Qu’est-ce le prophétisme ?
  • Les principaux récits prophétiques historiques rwandais
  • Évaluation comparée des récits prophétiques historiques rwandais
  • Recommandations sociopolitiques générales
  • Conclusion

B. Qu’est-ce le prophétisme ?

On convient, en Science politique, que le prophétisme est la fuite d’une société déséquilibrée et psychologiquement inhibée, hors des réalités immédiates très traumatisantes, dans des récits prophétiques historiques promettant d’arriver, un jour, au bout du tunnel. C’est bien le cas de la société rwandaise à la fin du 20ème siècle et au début du 21ème siècle, c’est-à-dire une société non industrielle, postcoloniale, post génocides, traumatisée, impitoyablement dominée sous le joug colonial extrémiste tutsi par la société extrémiste tutsi. [= Iyo umuntu yabuze epfo na ruguru, yakolonijwe, yishwe, yicaliwe, abona ntaho ali, bulya ikiba gisigaye kiba ali ukujya guhanuza].

La société rwandaise contemporaine est subdivisée en deux sous-sociétés diamétralement opposées, à savoir : la société colonisatrice extrémiste tutsi et la société colonisée Hutu, Twa et Tutsi défavorisée. Au centre de la société rwandaise trône la société extrémiste tutsi. Son siège social se trouve à Kigali. La société périphérique Hutu, Twa et Tutsi défavorisée souffre trop du régime colonial, tyrannique et totalitaire extrémiste tutsi. Elle dépend de cette société extrémiste tutsi colonisatrice d’une manière trop exclusive et totale. C’est de la société extrémiste tutsi que lui viennent toutes les décisions et toutes les initiatives. L’économie rwandaise est une économie coloniale extrémiste tutsi, entièrement édifiée et orientée selon les besoins exclusifs des extrémistes Tutsi, selon les intérêts exclusifs des extrémistes Tutsi, au bénéfice exclusif de la société extrémiste tutsi et conformément à l’évolution de l’unique société extrémiste tutsi. La société hutu, twa et tutsi défavorisée est privée des ressorts et du dynamisme internes nécessaires à son développement autonome. Elle existe trop exclusivement par et pour la société extrémiste tutsi colonisatrice. Au lieu d’être centré sur lui-même, le Rwanda est centré sur la société extrémiste tutsi.

Voilà les causes du prophétisme rwandais contemporain. Celui-ci est l’un des effets directs majeurs du traumatisme profond causé à la société rwandaise par le système colonial extrémiste tutsi. C’est ça qui explique que de 1994 à aujourd’hui, les Hutu, les Twa et les Tutsi défavorisés se sont réfugiés dans le prophétisme, tandis que les Tutsi extrémistes s’adonnent de gaité de cœur au messianisme. Ce sont des Apôtres, des Grand-maîtres, des Maîtres, des Seigneurs, des Révérendissimes, des Révérends, des Cheikhs, etc. Les extrémistes Tutsi sont très bien, très fiers, très satisfaits et démesurément orgueilleux. Les Hutu, les Twa et les Tutsi défavorisés, eux, ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont littéralement colonisés. Alors, ils interrogent les récits prophétiques historiques.

C. Les principaux récits prophétiques historiques rwandais

  1. Le prophète Runukamishyo [= 15ème siècle]

Le prophète Runukamishyo a vécu au 15ème siècle, sous le règne du Mwami Mibambwe I Sekarongoro I Mutabazi I, qui a régné de 1 411 à 1 444. Runukamishyo était un immigré Tutsi Musinga originaire du Ndorwa. Il vivait à la cour royale qui était, à cette époque, à Gasabo en Buganza Sud [= mu Buganza bw’epfo].

La spécialité du nouveau venu était d’abattre un taurillon, de l’écorcher et d’ouvrir le ventre qui, par suite d’une litanie d’invocations, se transforme en miroir magique où se lit l’avenir de l’intéressé et de la nation. Chez Mibambwe I, Runukamishyo utilisa un taureau de couleur blanche nommé Rwagisha. À l’issue des consultations divinatoires, Runukamishyo rassura le Mwami sur l’extension future du Rwanda, mais prédit ultérieurement des révolutions de palais et des luttes fratricides. Il prédit successivement les défaites du Nduga, du Bugara, du Bukonya, du Biru-Kinyaga, du Ndorwa, du Bungwe, du Murera, et même du Gisaka, mais mit très sérieusement le Mwami du Rwanda en garde contre toute tentative présente ou future de s’en prendre aux Burundais. Puis il prédit des faits divers concernant la fin des castes Hutu/Tutsi/Twa et l’abolition de la noblesse tutsi.

Enfin, Runukamishyo ordonna aux ritualistes subalternes d’aller enterrer nuitamment la viande du taureau rituel Rwagisha dans les royaumes fragiles mentionnés. On enterra une portion en Gisaka à Munyaga, une portion en Bugara, en Bukonya, une portion en Biru à Mururu, une portion en Bungwe à Bugege-bwa-Bûnâzi, une portion en Ndorwa à Hunga. Partout, on planta dans la crevasse un chêne. Étant donné que dans la Civilisation africaine des grands lacs personne ne peut jamais arracher un arbre pareil, les chênes en question devinrent plusieurs siècles plus tard d’énormes chênes appelés Rwagisha, du nom du taureau rituel Rwagisha. Voilà donc l’origine des Rwagisha ayant existé jusqu’au 20ème siècle à Munyaga, en Bukonya, à Mururu, à Bugege-bwa-Bûnâzi, à Hunga. Aujourd’hui, conformément à la prophétie de Runukamishyo, toutes les provinces en question sont des provinces rwandaises, leurs royaumes d’origine ayant été vaincus et annexés par le Rwanda. Ils sont mystérieux les chênes rituels de Mibambwe, plantés à l’étranger au 15ème siècle, et tous sis au Rwanda cinq siècles plus tard. Compte tenu de ce qui précède, Runukamishyo est le premier grand prophète rwandais de notoriété publique. L’Histoire du Rwanda le confirme.

Il n’est donc pas étonnant qu’un chercheur colonial belge nommé Jan Vansina dise que cela, c’est du bricolage imaginatif. En quoi est-ce que ça le regarde, ce bachi-bouzouk ? Les chênes de Mibambwe ne sont pas du tout imaginaires. Ce sont des réalités réelles. Il est critiquable de prendre systématiquement pour faux ce qu’on ne comprend pas dans la culture d’autrui.

  1. La prophétesse Nyirabiyoro [= 18ème siècle]

La prophétesse Nyirabiyoro a vécu au 18ème siècle, sous le règne du Mwami Kigeli III Ndabarasa, qui a régné de 1708 à 1741.

Le royaume du Mubali, au parc national actuel du Nil-Kagera, venait d’être conquis et annexé par le Rwanda par suite d’une trahison matrimoniale inouïe. La Reine-mère du Mubali était Nyirabiyoro et le Roi du Mubali, Biyoro. Le Mwami Biyoro avait épousé par erreur une traîtresse rwandaise, en l’occurrence la princesse Nyabugondo, fille du Mwami du Rwanda, Kigeli III Ndabarasa, un conquérant redoutable. Celui-ci habitait à Rubona-rwa-Nzoga en Buganza Nord-Est [= mu Buganza bwa ruguru]. Nyirabiyoro venait d’être capturée et emmenée auprès du Mwami Kigeli III Ndabarasa Gitakwandira, pourtant beau-père de son fils Biyoro.

À Rubona–rwa–Nzoga, la Reine-mère, la prophétesse Nyirabiyoro, faisait une grève de la faim, refusant toute nourriture et toute boisson. Mais lorsqu’elle vit aussi son fils Biyoro arriver menotté et prisonnier, elle capitula et demanda au Mwami Kigeli III Ndabarasa qu’on lui servît de l’hydromel de banane. Y ayant goûté, elle soupira ses peines et prononça la phrase historique devenue depuis lors un dicton Kinyarwanda « Ngaye inda, ngaye Ndagara = Méprisable est le corps physique, méprisable est Ndagara ! », c’est-à-dire que soit méprisé le corps physique qui demande quelque aliment à un ennemi ; que soit méprisé Ndagara qui a commis un acte de haute trahison à l’égard d’un parent qui avait eu confiance en lui. Puis, conformément à la coutume, la prophétesse Nyirabiyoro demanda à Kigeli III Ndabarasa l’autorisation de lui dire ses dernières paroles. Et Nyirabiyoro de dire ce que voici : « Majesté royale, d’où vient que vous vous comportez comme ceci vis-à-vis de votre gendre et de la belle famille de votre fille Nyabugondo qui était traitée en Mubali avec tous les égards dus à sa très haute noblesse ? Comment se fait-il que vous ne preniez même pas en considération tout ce que notre patron Kabeja a fait pour vos aïeux ? Vous prenez les gens pour du bétail. Sachez désormais qu’un bien mal acquis ne profite jamais. À cause du mal immense que vous-même et la noblesse tutsi rwandaise commettez, une grande malédiction, qui perdurera, pèse sur votre lignée et sur la noblesse tutsi rwandaise, et partant sur le Rwanda entier. Si votre Majesté le permet, je suis prête à vous en donner l’Intsinzi en échange de la liberté de mon fils et votre beau-fils».

Veuillez bien m’écouter, s’il vous plaît : « Tu as engendré des enfants incapables, surnommés Ibigina, qui n’apporteront rien à la dynastie. Après trois règnes, viendra enfin Rwagitinywa [= littéralement « Le redoutable » soit Kigeli IV Rwabugili] qui se battra avec acharnement dans des combats pleins de flèches et de feu. Il régnera, mais l’expédition qu’il organisera au-delà du lac Kivu lui sera fatale. Qu’adviendra-t-il alors le jour où Sine [= Kanjogera] reconnaîtra le sien [= Musinga] en se débarrassant de Rutamu [= Rutalindwa] qui lui avait été donné de force ? Certes, je vois Rukara avec son regard bizarre attaquer à la lance Rutamu et le brûler dans sa maison comme un méchant, et jusqu’à son anéantissement en pleine journée [= Rucunshu]. Penses-tu que j’ai peur de ce gaucher et maladroit de Rukara [= Yuhi V Musinga]? Dis donc, Nyarushayija rurungi, le jour où des étrangers à la peau blanche ou rose comme celle des nouveau-nés, avec des pieds emballés, proviendront du Sud de Mubali, avec des casques, armés de gros bâtons inhabituels, arrivant avec une extrême détermination et une puissance remarquable, que se passera-t-il, Majesté ? Comment pourra-t-il s’en sortir ton descendant Rukara [= Yuhi V Musinga] face à ces envahisseurs Blancs portant des houes bizarres sur les épaules ? Comment les affrontera-t-il, ces envahisseurs Blancs [= la colonisation européenne], ton pauvre descendant Rukara ? Rukara est foutu !

Je vois un gros animal [= un âne] en portant un autre sur son dos arrivant du Mubali chez Kabeja. Comment le vaincra-t-il [= l’Église catholique], celui-là encore ? Je vois un animal à deux queues, l’une étendue sur le Karagwe, l’autre sur le Bunyabungo. Que se passera-t-il le jour où la guerre des Blancs éclatera au Rwanda ? Que se passera-t-il le jour où les hommes voyageront en balançant des jambes et en tirant le derrière sur quelque chose [= le vélo] de très étonnant ? Tout ça à cause des terribles envahisseurs Blancs. Ces envahisseurs étrangers, -avec une peau blanche ou rose comme celle des nouveau-nés -, que Rukara [= Yuhi V Musinga] regarde de travers, comment les fera-t-il changer d’avis ? Qu’adviendra-t-il ? Je vois Rukara mourir en exil au Sud du Rwanda [= à Moba au Congo belge] après avoir été chassé, -en compagnie de sa mère-, par ces mêmes Blancs-là. Tu m’intimides en brandissant le nom de Rukara [= Mutara III Rudahigwa Se-Muco] qui n’a même pas de descendance et qui errera sur terre et dans les airs ; qui voyagera dans le ventre d’un éléphant où raisonnera une pierre [= une voiture] ! Lui aussi mourra à l’étranger [= à Bujumbura] et son corps sera rapatrié. Tu m’intimides en brandissant le nom de Rukara [= Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi], avec sa coupe sur laquelle ne reposera pas une couronne ; qui laissera la nourriture pour le lendemain ; mais ne pourra jamais la manger ; qui vieillira en exil et dont la dépouille mortelle et l’âme seront rapatriées au Rwanda !

C’est sûr et certain que le Rwanda croulera sous un chaos épouvantable. Je vois que ces Blancs-là donnent le pouvoir à Umubambuzwashakwe [= Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge]. Où iront les tambours dynastiques Kalinga, Cyimumugizi ? Le jour où des grelots seront attachés aux colliers des chiens ; où des tambours résonneront dans la région de Marangara ; où les gens seront perplexes ; ce jour-là, des mères regretteront d’avoir mis au monde. Les herbes envahiront le chemin, puis Nyangufi [= Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge] prendra les rênes du Rwanda. Mais qu’il y prenne garde, car Rukara, l’intrigant Rutemayeze [= Juvénal Habyalimana], avec sa touffe de cheveux, le talonne. Rukara-rw’igisunzu Rutemayeze éliminera Nyangufi et livrera le pays à sa femme [= Agathe Kanziga Nyirarutemayeze]. Je vois les camarades de lutte [= les camarades du 05 juillet 1973] entrain de se quereller nuit et jour, avec certains d’entre eux ligotés. Ruganzu [= Alexis Kanyarengwe] traverse le fleuve Akagera et délimite son territoire en Karagwe en s’alliant avec les autochtones. Mais Rukara le boiteux [= Juvénal Habyalimana Rutemayeze], avec sa touffe de cheveux, récoltera la tempête. Comment affrontera-t-il ce combat [= la guerre des Hima-Tutsi] ? Ses intrigues s’avèrent vaines. Je le vois tomber dans des champs de sorgho dense [= attentat du 06 avril 1994]. Le pays est dans un chaos épouvantable, puis enfin, les guerriers victorieux [= le FPR-Inkotanyi] ramènent la sécurité. Le pouvoir est attribué à Rukiligitangwe fils de Mudatinya [= Paul Kagame] caractérisé par un cercle dans la prunelle de ses yeux [= des lunettes]. Le pays semble sécurisé mais, je vois des gens pleins d’avidité : tous les enfants n’ont pas droit à la parole. Je vois la gabegie. Je vois Rwego Rukangirashyamba [= Paul Kagame], avec un bâton en fer en main.

Je vois des Imandwa bruyants s’approcher de l’arbre sacré Umulinzi. Je ne vois pas le grand-maître des cérémonies. D’où viendra-t-il le vrai responsable compétent ? Quel bordel ! Je vois Rukiligitangwe fils de Mudatinya [= Paul Kagame] saccager le Bunyabungo [= le Kivu] et les chefs des armées déclamer leurs faits d’armes. Je vois le Karagwe devenu vassal, à la grande satisfaction de ceux qui en content les hauts faits. Je vois que le Rwanda est remis aux siens [= ce sont les Tutsi qui ont fondé le royaume du Rwanda] mais sans éclaircie. Il n’y a aucune moralité. Les femmes sont des marchandises. Des jeunes filles mettent au monde sans mari connu. Ces événements plongent les familles dans la désolation. Je vois la destruction de la famille et de la société. De nouveau le chaos ! Les herbes se réapproprient la voie. Ah ! Enfin, je vois un homme âgé qui fait trembler le monde par ses simples discours, sous l’acclamation effrénée des parents et des éducateurs. Je vois Rugili [= la plus grande comète rwandaise] arriver dans le ventre d’un oiseau [= un avion] à la rescousse pour sauver la société rwandaise. Le voilà Ruterandongozi [= la plus grande comète rwandaise] se rapprocher de l’arbre sacré Umulinzi. Le voilà ! Il arrive. C’est bien lui! C’est vraiment bien lui, la réincarnation de Gahanga I ! Ouh là là ! Il est entouré de centaines de milliers de gens. Je vois des Blancs s’approcher de Ruterandongozi [= la plus grande comète rwandaise], le féliciter avec des colis en mains et des aides. On donne la parole à Ruterandongozi. Il calme les habitants du Rwanda. Il dit à tout le monde : « Peuple rwandais, grand bonjour ! Tenez ferme ! Je viens sauver le Rwanda ! Je vous aime beaucoup ! Ne pleurez-plus !  Je viens de redresser le Rwanda ». Le peuple rwandais est en liesse. Et c’est alors que le Rwanda devient un pays redressé où coulent à flots le lait et le miel ! ».

Nyirabiyoro termina son exposé en demandant la grâce royale pour son fils Biyoro, auquel cas elle serait prête à donner l’Intsinzi. Sans quoi, ce n’est que dans cet avenir trop lointain et seulement là que la grande malédiction qui pèse sur le Rwanda finira. Le Mwami demanda la répétition lente de l’exposé et donna ordre aux Biru et aux mémorialistes de le mémoriser. Après quoi, prenant la prophétie pour du chantage, Kigeli III Ndabarasa prit ses responsabilités et ordonna l’exécution de Biyoro d’abord et surtout très lentement sous les yeux mêmes de sa mère, ensuite la torture et l’exécution de Nyirabiyoro. Advienne que pourra ! [= Nta ntsinzi yawe dukeneye !]

Un siècle plus tard, vu l’arrivée inopinée au Rwanda des hommes blancs prophétisés par la prophétesse Nyirabiyoro ; vu, quelques mois après, la mort violente du Mwami Kigeli IV Rwabugili par suite de son expédition guerrière en Bushi ; vu la Révolution de palais de Rucunshu ; vu la relégation et la mort du Mwami Yuhi V Musinga ; l’opinion publique nationale rwandaise commença à dire que le Mwami Kigeli III Ndabarasa avait tué une sainte et à rechercher ses prophéties. Dans notre enfance, nous avons tous entendu nos grands-parents raconter tout cela tel que rapporté par les traditions, particulièrement après la mort du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco en été 1959 et juste avant la 1ère Révolution rwandaise. Elles ont encore beaucoup circulé à l’approche du Génocide rwandais. Aujourd’hui, elles circulent beaucoup de nouveau dans tous les milieux rwandais. Il est opportun de préciser que ces prophéties concernant l’évolution du pouvoir politique rwandais datent du temps du Mwami Kigeli III Ndabarasa Gitakwandira au début du 18ème siècle et non du temps de Kigeli IV Rwabugili Rwangakugwabira.

  1. Le prophète Bicubirênga [= 20ème siècle]

Le prophète Bicubirênga a vécu au 19ème et au 20ème siècle, sous le règne du Mwami Kigeli IV Rwabugili, du Mwami Mibambwe IV Rutalindwa et du Mwami Yuhi V Musinga, qui a régné de 1896 à 1931. C’était un Hutu Murera des environs de Ruhengeli.

La première guerre mondiale venait d’être finie au Rwanda. Transposée sur le sol rwandais, la première guerre mondiale entre Européens à laquelle participaient des Africains (d’un côté des Tutsi dans les rangs allemands et de l’autre les Congolais dans les rangs belges) a profondément traumatisé le peuple rwandais. À la fin du mois de mai 1916, il n’y avait plus de trace de soldats allemands sur le sol rwandais, mais des passages quotidiens des troupes belgo-congolaises en direction du Burundi. Somme toute, le peuple rwandais était très terrorisé et très profondément traumatisé. Que des Blancs allemands et belges fussent venus se battre au Rwanda pour des bananes, avec des explosifs, des tonnerres et des éclairs, il a cru que ce fût la fin du Monde ! Les gens se terraient dans des marais et dans des bananeraies, et ne cessaient de se questionner, la voix tremblante : « Où sommes-nous encore ? Qu’ont-ils à venir se battre comme ça chez nous, entre eux, ces animaux blancs ? Qu’est-ce qui ne va pas chez eux ? Qu’est-ce que c’est ça comme planète Terre ? Dieu du Rwanda, où es-tu ? Dieu de Gihanga [= Mana ya Gihanga], où es-tu ? Pourquoi nous as-tu abandonnés ? ».

C’est alors qu’au deuxième semestre de l’année 1916, fit irruption au Rwanda, en Murera, un nouveau prophète rwandais. Il s’appelait Bicubirênga. Bicubirênga opéra en Murera et canalisa les aspirations à un ordre nouveau. La rumeur publique véhicula son message de manière contradictoire, mais c’est de cette confusion que, paradoxalement, il tira sa réputation. Bicubirênga prétendait être porteur de bonnes nouvelles. Il s’appuyait sur les prophéties des temps passés, ajoutait et prédisait qu’un héros Hutu de Bwanamukali [= Joseph Gitera Se-Republika] et un roi Hutu Munyamarangara de petite taille [= Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge], viendraient sauver les masses populaires rwandaises. Il assurait aux gens que l’invasion belge et la tyrannie de la noblesse tutsi seraient finalement abolies et que leurs jours sont comptés. Il martelait que le roi des bénédictions hutu [= Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge] était sur le point de se réincarner en Marangara. Il circulait partout, demandait aux gens de ne pas désespérer et d’être très courageux dans les épreuves. Il garantissait aux Hutu qu’ils s’en sortiraient. Il leur demandait de beaucoup prier, invoquer et vénérer. Il leur apprenait de nouvelles méthodes de prier, d’invoquer et de vénérer et leur demandait de ne pas adhérer au Christianisme. Il arguait qu’on ne peut pas refuser l’invasion des Blancs et en même temps réclamer et pratiquer leur religion.

Il ajoutait qu’il est archifaux de prétexter venir prêcher l’amour du prochain en envahissant les gens de cette façon ! Il affirmait qu’il est absurde de venir envahir le Rwanda sous prétexte qu’un Juif répondant au nom de « Yezukrikri » a été pendu quelque part ! « C’est quoi ça cette histoire ? Cela fait quand même plusieurs générations que cette personne-là a été pendue ! Cette affaire ne nous concerne pas, ni de près ni de loin : ces envahisseurs n’ont aucune raison de nous envahir, nous Rwandais, martelait-il ! La pendaison de « Yezukrikri » n’est pas plus criminelle que la pendaison de notre Rukara-rwa-Bishingwe que ces envahisseurs ont pendu, répétait-il. Qui trompe qui ? ». Bicubirênga eût aimé plutôt leur demander de dire clairement et sans détails compliqués ce qu’ils recherchent vraiment au Rwanda. Manifestement, ce sont nos terres, constatait-il ! Par voie de conséquence, Bicubirênga interdit aux gens de fréquenter les missionnaires. Il se moquait de leur robe et de leur longue barbe et les appelait des Rugigana, des Rufigi, des Bisimba, des Nyamaswa, des assassins de Rukara-rwa-Bishingwe! Et il crachait par terre. Bicubirênga attira des foules. Sa bande grossissait à vue d’œil. Autour de lui se rassembla une quarantaine de disciples et son mouvement social indépendantiste s’amplifia sur toute la crête des volcans et sur toute la crête Congo-Nil, de Ruhengeli en Bugoyi, en Bwishaza jusqu’en Kinyaga.

Prophétiser le recouvrement de l’indépendance du Rwanda, à cette époque-là, était un crime de lèse-majesté. Accusé par des missionnaires blancs de Nyabingisme et de possession d’une gourde remplie de potion magique noire destinée à ensorceler les missionnaires blancs, Bicubirênga fut traqué par des militaires belges. Et il se fit ramasser sans ménagement. Il périt dans les tortures, dans la geôle coloniale belge.

  1. Le prophète Ndengeyingoma [= 20ème siècle]

Le prophète Ndengeyingoma a vécu au 19ème siècle et au 20ème siècle, sous le règne de Kigeli IV Rwabugili, de Mibambwe IV Rutalindwa, de Yuhi V Musinga et de Mutara III Rudahigwa Se-Muco. Au moment des faits, en 1938, c’était un noble Tutsi âgé. Il habitait en Bwanamukali, dans la province d’Indara, à Karama-ka-Muzenga, dans la localité de Kangoma. Sa mission fut d’avertir la noblesse tutsi qu’elle irait en exil, mais qu’elle reviendrait ultérieurement après le génocide des Tutsi qui ne se seraient pas exilés et des Hutu modérés.

Un jour, il invita ses meilleurs amis nobles Tutsi, notamment son parrain et le chef de zone [= umutware] Michel Sebulimbwa fils de Semugabushaka du clan des Benegitore, au sommet de la localité Kangoma, d’où l’on voit très clairement le sommet de la colline de Gisagara, plus loin à plusieurs kilomètres, et leur dit : « Vous voyez le sommet de cette très belle colline Gisagara. J’ai pitié de ce riche agriculteur-éleveur qui y habite. Il sera délogé sans aucune autre forme de procès. On y construira beaucoup de bâtiments bruns. Gisagara des Bànyoro deviendra le chef-lieu de toute la province Ìndara et une bourgade d’une beauté rayonnante. Le jour où vous verrez ces choses-là, sachez que notre Mwami Mutara III Rudahigwa est sur le point de mourir au Sud du Rwanda. Après le retour de sa dépouille mortelle, en raison des erreurs mystico-politiques de quelques individus [= au fait Michel Kayihura, François Rukeba, Pierre Mungarulire, Chrysostome Rwangombwa et compagnie], il y aura des troubles révolutionnaires au Rwanda et la noblesse tutsi ira en exil.

Ils partent, « les braves nobles Tutsi qui m’ont donné beaucoup de vaches » ! Mais ils reviendront, ces braves nobles Tutsi, après le règne de Rutemayeze Cyambarangwe et sous la conduite d’un chef de guerre très courageux. Ils bâtiront des maisons au-dessus des tombeaux des Tutsi qui ne se seront pas exilés [= Bazatura hejuru y’Abatutsi basigaye]. La mère de cet illustre rejeton de mon patron « Rwâkagâra qui m’a donné des vaches » sera une femme faisant preuve d’une intelligence exceptionnelle. À son retour d’exil, il y aura des choses magiques noires qu’elle enfouira sous terre [= hali ibintu azataba] (= mot à mot du prophète). Tant qu’elle sera en vie, il sera absolument impossible de renverser son fils. Absolument impossible ! Contestation ? Impossible ! Manifestation ? Impossible ! Révolte ? Impossible ! Guerre ? Impossible ! Toute autre chose possible et imaginable ? Impossible ! [= Nuwagira ate !!]. Mais, après la mort de Nyina, les choses magiques noires se désactiveront d’elles-mêmes progressivement, jusqu’à leur désactivation totale. C’est Dieu du Rwanda [= IMANA y’i Rwanda] seul en personne [= yo ubwayo yonyine] qui aura fatalement le dernier mot et décrétera son sifflet final par « décret divin ». Hélas, l’illustre rejeton de mon patron «  Rwâkagâra qui m’a donné des vaches » n’aura pas conscience en ses limites. Alors, il se croira infini. Ce sera le Mwami rwandais qui aura versé le plus de sang au Monde. En raison de sa cruauté, il sera entouré par une véritable ruche de flatteurs, de profiteurs et d’hypocrites. Finalement, il se fera tué et renversé. Il sera éjecté. Et Ndengeyingoma de crier : « Ayiwe !!! Baramwishe we !!! Naho byaratinze ! » ».

« Les signes avant-coureurs, ce sera un afflux massif de réfugiés Tutsi Burundais au Rwanda [= Hali Abatutsi b’i Burundi bazihindira mu Rwanda]. Les pauvres ! S’ils ne retournent pas au plus tôt plutôt paisiblement chez eux, ils fuiront encore à nouveau plus loin, en débandade, dans le désordre, à leurs risques et périls, en Ouganda et au Tanganyika [= bazabura aho baligitira !]. À ce moment-là, ce sera horriblement compliqué de traverser les frontières [= Bake cyane nibo bazashobora kumena. Bazasiga imirambo myinshi cyane mu Rwanda !]. Ils laisseront d’innombrables cadavres au Rwanda.  

Alors, c’est le chaos et le désordre social [= Bazamurwanya cyane koko. Cyane koko !!! Abantu be bazatsindwa uruhenu. Nyuma yaho, ni ukwiruka. Abarame, bazashobora kumena, bazahungira i Bugande no muli Tanganyika !]. Après quoi, commencera au Rwanda une ère nouvelle de la liberté et de l’affranchissement du peuple rwandais. [= Uwo Mwami w’Umwâkagâra, IMANA ubwayo yonyine gusa, niyo izamushikuza ingoma ngizi-ya-nabi ye. Izakoresha abantu. Izaba Yaramuzinutswe !]».

  1. Le prophète Magayane [= 20ème siècle]

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a. Qui est le prophète Magayane ?

Le prophète Magayane était un homme mûr, un Rwandais Hutu habitant aux environs de Gatonde en Bukonya, dans la région de Ruhengeli. C’était un simple clairvoyant ou conseiller spirituel, connu pour ses dons extraordinaires de clairvoyance. De temps en temps, des gens allaient le consulter. C’est en septembre 1972 qu’il commença à jouir d’une grande renommée. Le président de la République rwandaise Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge effectuait une tournée nationale dans tout le pays en guise de la commémoration du 10ème anniversaire du recouvrement de l’indépendance. Aux personnes qui étaient venues le voir, Magayane dit : « En vérité, le président Kayibanda est entrain de dire adieu aux Rwandais. Dans moins de trois ans, il aura quitté le pouvoir. Sa fin sera tragique ». La prophétie s’est réalisée à la lettre.

 b. Les prophéties du prophète Magayane à la prison de Ruhengeli

Sous le règne suivant de Juvénal Habyalimana Rutemayeze, le prophète Magayane fut emprisonné à Ruhengeli deux fois. Et, à chaque fois, il n’hésitait pas à prédire aux personnes qui l’interrogeaient des évènements futurs.

La première fois, il fut condamné par le canton de Gatonde, en 1976, à 6 mois de prison pour activités susceptibles de troubler l’ordre public. C’était à peine trois ans après le coup d’État du 05 juillet 1973 de Juvénal Habyalimana Rutemayeze et une année après la fondation du MRND qu’il considérait comme une horreur. Magayane était un prophète Kiga envoyé expressément auprès des Bakiga. La mission de Magayane était de dénoncer ce coup d’État du 05 juillet 1973, -qu’il considérait comme l’erreur la plus grave des Hutu au Rwanda-, et d’avertir les gouvernants Hutu et le peuple rwandais entier sur les conséquences tragiques de cette désharmonie, sur le Rwanda en général mais en particulier sur les Hutu eux-mêmes. Il martelait que ce coup d’État desservirait complètement les Hutu. Il ne comprenait pas cette histoire. Il avait, en effet, prédit, à plusieurs personnes qui étaient venues le voir, la fin du règne de Juvénal Habyalimana Rutemayeze, à peu près dans les termes suivants : « Habyalimana, je le renverse. Je le traîne dans la poussière. J’intronise Kanyarengwe.». Arrivé à la prison de Ruhengeli, aux prisonniers qui le connaissaient et qui lui demandaient ce qu’ils deviendraient, il prédit une amnistie partielle pour une catégorie de prisonniers et une libération définitive pour d’autres par des forces armées extérieures d’invasion. Il ajouta aussi que le régime qui les avait condamnés était lui-même condamné d’avance.

Au terme des six mois de condamnation, le prophète Magayane retourna chez lui. Quelques mois après, il fut de nouveau emprisonné pour les mêmes raisons de susceptibilité de troubler l’ordre public. C’était en 1977. Il avait refusé de participer aux séances d’animation, c’est-à-dire des rassemblements ayant pour but le culte paroxystique du chef d’État Juvénal Habyalimana Rutemayeze. Contraint de s’expliquer devant l’autorité communale, Magayane rétorqua : « Un admirateur de Nkubito-y’Imanzi Rudahigwa et de l’intelligence remarquable et organisateur de premier ordre Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge ne peut pas se dévaloriser en allant jusqu’à chanter les louanges d’un fichu MRND apporté par des Bûngura Bashyushya qui enfonceront ce pays dans un chaos épouvantable. ». Le bourgmestre Kabalira l’arrêta immédiatement pour outrage à chef d’État et troubles à l’ordre public. Les services de sécurité ne tardèrent pas à s’en mêler et Magayane retourna à la prison spéciale de Ruhengeli. Là, il retrouva d’anciens compagnons. Ils étaient tous très désolés pour lui. Il leur dit : « Il y a une raison pour tout ça et il y aura une fin de tout ça ».

À la question de savoir ce qu’il voulait dire par là, Magayane prédit de long en large les évènements futurs : « Gare à ce Habyalimana. Ruganzu prendra le Rwanda, mais il ne le dirigera pas. Il ne passera même pas deux ans à la tête du Rwanda. C’est un homme Hutu Shiru [= Pasteur Bizimungu] qui dirigera le Rwanda, mais il quittera le pouvoir, grandement désavoué par l’opinion publique nationale. Habyalimana sera tué et ses forces armées vaincues. Puis, au grand jamais, il n’y aura pas de tombeau de Habyalimana au Rwanda. Au grand jamais, l’armée de Habyalimana ne pourra reconquérir le pouvoir politique rwandais par la force. L’armée de Habyalimana sera finie et terminée. Le pouvoir politique au Rwanda de Habyalimana et des Habyalimanistes sera définitivement fini et terminé pour tout le reste de l’Histoire du Rwanda. Certains parmi les Habyalimanistes essayeront de fomenter une rébellion au Nord du Rwanda, mais ils seront stoppés à l’endroit nommé « Ikirenge-cya-Ruganzu ». Il s’en suivra des représailles inouïes et des hécatombes en Inkiga. L’armée vaincue de Habyalimana ne pourra rentrer au Rwanda que les mains en l’air et en passant sous le joug. Tout rebelle habyalimaniste qui essayera de retourner au Rwanda les armes à la main ne fera qu’aller s’y suicider. S’ils n’y prennent garde, les rebelles habyalimanistes qui resteront en arrière seront horrifiés par la trahison et le retour au Rwanda de leur commandant général en chef [= Paul Rwarakabije]. Il s’en suivra des dissensions internes. Le tombeur de ce président Hutu Shiru sera un Tutsi [= Paul Kagame]. Ce sera un « Rwabujindili-rulya-ntiruhage », c’est-à-dire un monstre froid insensible aux souffrances des autres, poursuivant sans cesse la maximisation de ses propres profits absolument personnels ou tribalistes tutsi.

Rwabujindili lui-même sera renversé par une soudaine révolution de palais qui prendra une ampleur nationale. Ce sera dans le voisinage de la fin de son 2ème mandat constitutionnel. Cette révolution de palais emportera d’innombrables victimes, car il sera presqu’impossible de fuir à l’étranger, d’autant plus que la plupart des frontières rwandaises seront immédiatement barricadées par les pays voisins, -très hostiles-, ne voulant pas du tout être le déversoir du chaos rwandais à cause d’un type décrié pendant longtemps en vain. Cette fois-ci, ce fameux président y cassera enfin sa pipe, cherchant à tout prix à s’exiler. Trop fatigués, trop exaspérés, ses propres soldats ne le laisseront pas déserter, s’échapper et les abandonner dans une situation infernale débordée et désespérée qu’il aura lui-même générée pendant tant d’années en opprimant ses propres compatriotes. Il sera abattu par un de ses hommes rapprochés sur-nommable « Gahanga-k’ihembe-limwe ». Ce président y cassera sa pipe. C’est sûr et certain. Du sommet au plus bas échelon, tous ses flatteurs, tous ses profiteurs, y casseront aussi leur pipe. Ses tombeurs seront extrêmement déterminés et horriblement dégoûtés, excédés par les abus insupportables et les pouvoirs monarchiques absolus illimités de Rwabujindili. Ce sera la dernière goutte qui fera déborder le vase !

Les Nations unies, la Communauté internationale et les pays voisins voleront au secours des rescapés de cette très vaste épouvante, ayant des remords. Tous ceux-là seront très désolés pour le très malheureux peuple rwandais, lui imposeront la Démocratie et l’aideront à se choisir un dirigeant intègre. Celui-ci sera tiré de l’ensemble des exilés rwandais. Il n’aura pas de sang sur les mains. Ce sera une personne obscure, inconnue et insoupçonnable. Une véritable surprise générale ! Son choix sera impossible à pronostiquer. Pronostiquer quelqu’un sera déjà la preuve que ce ne sera pas lui. Lui-même en personne ne se soupçonnera pas un instant. Il sera facilement accepté aussi bien par les Hutu, les Tutsi que les Twa. Il sera très honnête avec le peuple rwandais. Il sera à la hauteur de la situation. C’est lui qui redressera le Rwanda. C’est précisément son régime qui remettra le Rwanda sur les rails et pour de bon. Il promouvra le Bien-être général. Il y aura de l’équité. Être Hutu, Tutsi ou Twa ne voudra plus rien dire. Des Rwandais ne mourront plus assassinés. Des Rwandais ne mourront plus de faim faute d’argent, de travail ou de terres. Les Rwandais vivront la vie qu’ils veulent vivre ; cultiveront ce qu’ils veulent cultiver ; iront où ils veulent aller ; parlerons à qui ils veulent parler ; et feront ce qu’ils veulent faire sans discrimination aucune. Il y aura la paix et la solidarité sociale. IMANA-y’i-Rwanda sera loué à juste titre.

Il n’y aura plus de soldatesque rwabujindiliste. Il n’y aura plus d’escrocs intouchables escroquant le menu peuple au nom de Rwabujindili. Chaque chose sera à sa juste place. Même dans l’eau, un poisson sera à sa place. Même un lion dans la forêt sera à sa place. Ah ! Quel bonheur de vivre au Rwanda à cette époque-là! Ce sera un bonheur pour un Rwandais de vivre chez lui au Rwanda sans aucune crainte d’être persécuté ! Heureux les Rwandais qui vivront dans ce Rwanda de l’après-Rwabujindili. Pendant plusieurs années, les mamans feront taire les enfants en brandissant le spectre criminel du vampire Rwabujindili entrain de revenir sur la pointe des pieds ! Il n’y aura pas d’Intsinzi. Ce sera comme cela. ».

Informées sur les racontars du fou de Magayane, les autorités concernées décidèrent de le transférer à Kigali pour ramener un peu de calme à Ruhengeli et le suivre de très près. À cette nouvelle, Magayane dit adieu aux prisonniers, déclarant qu’il mourrait à court terme à Kigali.

 c. Les prophéties du prophète Magayane à la prison de Kigali

À la prison de Kigali, Magayane fut quand même reconnu par quelques prisonniers. À un groupe curieux de prisonniers, ne sachant pas avaler sa langue, il dit : « En vérité, ce Habyalimana est une terrible calamité. Il mène le Rwanda droit à la catastrophe. Lui-même n’en sortira pas vivant. Le Monde est un miroir qui nous retourne notre propre image et on récolte ce qu’on a semé. C’est incontournable. Les exilés Tutsi Rwandais prendront ce Rwanda ; conduits par des commandos que Habyalimana lui-même aura promus ; munis des armes que Habyalimana lui-même leur aura mises entre les mains. Toutefois, à leur tour, ces totalitaristes Tutsi seront dégagés du Rwanda en complicité avec les mêmes puissances étrangères qui, auparavant, les auront aidés à reconquérir le Rwanda.». Peu après, déguisés en prisonniers, des agents secrets vinrent lui poser des questions sur l’avenir du Rwanda. Il n’hésita pas à leur prédire les évènements futurs suivants : « C’est inéluctable. Les Tutsi Bavântâra en provenance de l’Ouganda s’empareront de ce pays. Mais gare à eux, à leur tour. Ils seront finalement délogés, et de la façon la moins croyable possible. Habyalimana est un chenapan. Tout cela, ce sera à cause de lui. ». Il n’en fallait pas plus pour qu’il soit convoqué et emmené à la présidence de la République.

 d. Les prophéties du prophète Magayane à la Présidence de la République

Une rencontre secrète fut organisée par le service central des renseignements entre le président de la République, Juvénal Habyalimana Rutemayeze, le directeur général du service central des renseignements, le major Théoneste Lizinde, leurs secrétaires respectifs et le prophète Magayane. C’est en raison de la brouille survenue par après entre Juvénal Habyalimana Rutemayeze et Théoneste Lizinde que cette documentation secrète a été divulguée. À Juvénal Habyalimana Rutemayeze, il a prédit face à face ce qui suit : «Toi, Habyalimana, je te piétine. Tu t’écraseras sur une colline entourée de papyrus. Tu mourras sur-le-champ. Kigali sera rempli d’innombrables cadavres. Les signes avant-coureurs, ce sera une rébellion qui proviendra d’Ouganda ; envahira les Inkiga et le Ndorwa. Cette rébellion se répandra dans tout le Rwanda, versant beaucoup de sang. Cet animal te dévorera, c’est inéluctable. À moins que tu ne démissionnes le plus tôt possible et que tu ne laisses le pouvoir à des Hutu Banyenduga. Eux seuls savent si bien jouer avec les Tutsi. Les Hutu modérés Banyenduga préfèrent la douceur à la violence. Ils sont très intelligents, ces gars-là ! Les Hutu modérés Banyenduga sont les meilleurs amis des Tutsi. Vous les Bakiga, vous n’arriverez à rien du tout avec la force brutale. Si c’est ça votre intelligence, eh bien, vous verrez ce que c’est la vraie force brutale, je vous l’assure ». Habyalimana Rutemayeze dit à Magayane : « Donnes-nous alors l’astuce salvatrice « Intinzi » ». Magayane haussa le ton : « Est-ce que tu as des oreilles pour entendre, ou ce sont des bikobokobo ? Mais, quittes le pouvoir ! Sapristi ! Tu ne peux pas vivre sans le pouvoir ! Malheureuse vie ! Tu refuses de sauver tant de millions de Hutu à cause de ton pouvoir personnel ! En vérité, je te le redis, ce pouvoir personnel que tu aimes tant, tu le perdras, et plusieurs millions de Rwandais payeront ta facture. Pourquoi as-tu tué Grégoire Kayibanda ? Je te rends responsable de tout ce qui arrivera aux Hutu. L’histoire du Rwanda se montrera très sévère pour toi. Ton maudit pouvoir personnel sera raflé par les Tutsi. Tu seras remplacé par Rusukumo qui ne régnera que trois mois. Rusukumo [= Théodore Sindikubwabo] sera remplacé par Bihwahwa [= Pasteur Bizimungu], un Hutu Mushiru riverain de la rivière Giciye. Bihwahwa sera renversé par Rwabujindili [= Paul Kagame].

Cela va alors barder ! Rwabujindili déjouera quatre tentatives de complot. La cinquième tentative, ce sera la bonne. Il sera abattu par un projectile en feu en Bugesera par ses propres frères de sang. Après, ce sera un affreux carnage partout au Rwanda. Les Nations unies, la Communauté internationale, les pays voisins interviendront pour sauver le peuple rwandais. Ils imposeront la Démocratie. Plus question de prendre le pouvoir par la force au Rwanda et de dominer les Rwandais par la violence. Un monsieur obscur, inconnu, insoupçonnable, âgé de plus de 50 ans, très intelligent et très compétent, sera choisi. Il sera impossible de pronostiquer son choix très surprenant. Il faudra attendre voir. Il proviendra d’Afrique voire même d’ailleurs. Il ne sera pas résidant présent au Rwanda au moment de l’affreux carnage. C’est ce monsieur qui remettra le Rwanda sur les rails, et pour de bon. Il rapatriera l’héritier, la dépouille mortelle et l’âme de Kigeli V Ndahindurwa, qui sera élevé au rang de saint patron des réfugiés et vénéré indéfiniment.

Tous les exilés rwandais qui le voudront, rentreront sans problème. Il y aura la paix sociale et la solidarité sociale. Il y aura le Bien-être général. Tout Rwandais sera heureux de se balader au Rwanda. Le chef du gouvernement sera un monsieur absolument correct et incorruptible. Un monsieur très sincèrement intéressé par le peuple rwandais. Cependant, il n’y aura plus jamais de Mushiru, ni de Habyalimaniste à la tête du Rwanda. Le pouvoir vous échappera pour de bon… Pour de bon ! »

Nota bene : [= Gucyura Rukara rw’igisage bivuga gucyura umugogo wa Kigeli V Ndahindurwa n’abamutabayeho bose kuko umugogo udacyurwa wonyine nk’umuzigo. Ni ugucyura ikiremwamuntu cyabaye Umwami na Sûgu. Ubwo rero, Rukara rw’igisage ruzabyinirwa bigatinda, ntibivuga kuzabyinira umugogo. Bivuga gusingizwa nk’intwali idasanzwe, ubuziraherezo. Ni Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi (= saint patron des réfugiés)].

 e. La mort du prophète Magayane

Le prophète Magayane est mort de prise de médicaments en surdose, donnés par le capita chef des prisonniers s’appelant Faliyara. C’est lui qui servait les médicaments aux prisonniers. Il était sergent dans l’armée et originaire de Cyangugu. Cette mort a été diversement interprétée. Les Habyalimanistes parlent d’un règlement de comptes personnels entre Magayane et Faliyara. Celui-ci n’aurait pas supporté une pénible prophétie que Magayane venait de lui faire. D’autres, par contre, impute cette mort sur le compte du régime Akazu, plus précisément de Juvénal Habyalimana Rutemayeze et de Théoneste Lizinde, qui voulaient se débarrasser du prophète Magayane. Pour lors, Faliyara aurait agi par ordre. C’était un agent secret du régime Akazu sous la couverture de capita chef des prisonniers. Par ailleurs, il ne fut jamais inquiété. Si règlement de comptes personnels il y eût eu, pourquoi n’a-t-il pas été poursuivi ?         

  1. Les prophètes anonymes visiteurs à la Présidence de la République rwandaise

D’après le témoignage directement capté à Gikondo en 1988, auprès du major Mugemana en personne, ancien officier d’ordonnance de Juvénal Habyalimana Rutemayeze, à cette époque-là, des clairvoyants venaient régulièrement à la Présidence de la République voir le président Juvénal Habyalimana Rutemayeze pour un message très important. Ils se disaient être des prophètes de Dieu envoyés auprès de Juvénal Habyalimana Rutemayeze. Celui-ci refusait de les recevoir et donnait l’ordre à son officier d’ordonnance Mugemana de les recevoir et d’enregistrer leurs messages à son intention. Tous s’opposaient à sa candidature aux prochaines élections présidentielles qui étaient prévues le 19 décembre 1988. Ils lui recommandaient plutôt de quitter gentiment le pouvoir et de le laisser de préférence à un Hutu Munyenduga. Ils affirmaient que seuls des Hutu Banyenduga à la tête du Rwanda seraient capables d’affronter les réalités du Futur. Sinon, disaient-ils, les Rwandais lui montreraient de quel bois ils se chauffent. Ils ajoutaient que le règne de Habyalimana devait prendre fin le plus rapidement possible et que rester encore une année de plus au pouvoir serait se faire du tort à soi-même et desservir la nation rwandaise. Ils répétaient que Juvénal Habyalimana Rutemayeze n’était pas la personne qu’il fallait pour le Rwanda dans les temps qui courraient. Ils priaient Juvénal Habyalimana Rutemayeze de bien vouloir céder à un autre les rênes de l’État. Il aime trop le pouvoir mais le pouvoir ne veut pas de lui, précisaient-ils.

Juvénal Habyalimana Rutemayeze s’en foutait. Lui suggérer de céder le pouvoir à un Hutu Munyenduga l’effarouchait. Au fait, Juvénal Habyalimana Rutemayeze était un grand chançard, mais un ignorant. Le Rwanda est un État-nation très curieux. Il est rare que la Nature se peine tant à avertir un chef d’État et à lui envoyer des prophètes. C’est extraordinaire. C’est un phénomène métaphysique énigmatique. En dépit de tout cela, mépriser des prophètes, des envoyés de Dieu parce qu’ils sont pauvres ; qu’ils sont mal nourris et mal habillés et qu’ils sont venus à pied ; c’est le propre d’un ignorant. Il est erroné de s’imaginer que la sagesse d’un pauvre ne vaut rien et que matériellement parlant rien ne prouve qu’un pauvre puisse être sage. Un homme averti en vaut deux. Pour lors, Juvénal Habyalimana Rutemayeze ne valait plus rien.

D. Évaluation comparée des récits prophétiques historiques rwandais

Avant de procéder à une évaluation comparée proprement dite des récits en question, il importe d’abord de porter un jugement, autant sur leur forme respective que sur leur fond respectif, de synthétiser, puis de comparer et d’évaluer.

  1. Critique externe et interne des récits prophétiques historiques rwandais

Il faudrait d’abord préciser qu’aucun des récits prophétiques historiques en question n’est la prophétie originale du prophète. L’Histoire du Rwanda ne dispose d’aucun enregistrement, d’aucun écrit personnel, d’aucune interview du prophète présumé. On n’a aucun original. Ce sont des copies de copies de copies. Au fur et à mesure, plus le récit se révélait vrai, plus il était copié et ainsi de suite. Voilà pourquoi on appelle cela des récits prophétiques historiques [= Des Ibitekerezo] et non des prophéties [= Ubuhanuzi].

La première personne à collecter une prophétie, c’est le confident du prophète, très généralement un gouvernant de quelque échelon que ce soit. Il est, en effet, au Rwanda, une coutume ancestrale qui stipule que quand un prophète visionne quelque chose qui concerne la société globale, il est tenu à aller le rapporter sans délai à l’autorité de son ressort à toutes fins utiles. Le gouvernant informé charge les mémorialistes de mémoriser le document et de le transmettre à tous les autres gouvernants. Si c’est extrêmement sensible, le gouvernant emmène le prophète à la cour royale. C’a toujours été comme cela à la veille d’une quelconque calamité nationale. L’on dirait l’instinct de conservation ou le 6ème sens d’une société non industrielle et non scientifique. C’est ainsi que, dès le 17ème siècle, des prophètes allaient spontanément à la cour royale rwandaise s’alarmer pour ce qu’ils visionnaient selon quoi des envahisseurs Blancs vont tomber dans le pays et recommandaient de prendre des dispositions nécessaires à temps sous forme de prières publiques nationales. Ils faisaient remarquer que sinon, ces envahisseurs Blancs détrôneront les rois, les martyriseront et les remplaceront par d’autres dont le peuple ne voudra pas nécessairement. Et ils en profitaient pour raconter toute une série historique allant jusqu’à des temps ultérieurs très éloignés. C’est dans le même ordre d’idées que tout ce qui est arrivé au Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi avait été prophétisé de A à Z au 18ème siècle par la prophétesse Nyirabiyoro.

Et c’est comme cela que le récit prophétique historique se mémorisait et se transmettait de génération à génération. Comme les mémorialistes n’étaient pas tenus au mot à mot et qu’ils retenaient la simple substance du récit, cette histoire se transmettait très librement. C’est l’idée centrale qui importe en ces récits, puisque tous les termes du récit ne proviennent pas nécessairement de la version originale du prophète. Mais ce qui est très étonnant dans ces récits, c’est la précision avec laquelle le récit rapporte des évènements futurs très lointains et l’invariabilité relative de la déclamation d’une personne à une autre. Le récit est en gros souvent stéréotypé dans la forme et dans le fond. Le jargon et la terminologie prophétique sont invariables et scrupuleusement respectés.

Ce sont des historiens rwandais de confiance qui ont pu les collecter auprès des mémorialistes. Ceux-ci avaient peur de les déclamer à n’importe qui, de peur d’être taxés de paganisme et pénalisés, surtout à l’arrivée effective du terrible colonisateur belge. Celui du prophète Runukamishyo a été collecté et mis par écrit par Mgr Alexis Kagame Se-Mateka en 1943. Celui de la prophétesse Nyirabiyoro a été collecté par Mgr Alexis Kagame Se-Mateka et mis par écrit par son disciple Zéphyrin Kagiraneza en 1990. Celui du prophète Ndengeyingoma a été collecté par Mwalimu Mureme Kubwimana, -disciple de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka-, auprès d’une personne âgée s’appelant Innocent Rwabuhene, qui lui-même l’avait appris auprès de son père Michel Sebulimbwa qui lui-même l’avait reçu personnellement du prophète Ndengeyingoma en qualité de parrain et de chef de zone [= Umutware].Tout scientifiquement bien considéré, l’Histoire du Rwanda confirme la véracité des récits prophétiques historiques de Nyirabiyoro, de Runukamishyo et de Ndengeyingoma. En outre, elle confirme davantage la véracité des prophéties du prophète Magayane, puisque des enregistrements existent et que le major Mugemana, officier d’ordonnance du président Juvénal Habyalimana Rutemayeze les avait. Mugemana est mort en RD-Congo dans la période allant de 1994 à 2000, mais l’Histoire du Rwanda se devra de les rechercher.

Quant au prophète Bicubirênga, ce n’est pas encore tout à fait fiable. Le récit a été collecté par l’historien rwandais Jean-Gualbert Rumiya, -disciple de Mgr Alexis Kagame Se-Mateka-, uniquement auprès des archives et des rapports des missionnaires blancs. Eux-mêmes avaient pu confectionner tous ces rapports grâce à des informateurs rwandais secrets. Le fait est que les missionnaires blancs les établirent d’une manière extrêmement subjective et les interprétaient par rapport à leur unique sensibilité religieuse judéo-chrétienne. Le prophète Bicubirênga est décrit comme un monstre, un païen, un disciple de Satan et un danger public. Les missionnaires blancs y sont allés trop fort. Il semblerait que le prophète Bicubirênga ne fût pas du tout tel qu’ils l’ont dépeint.

  1. Évaluation comparée des récits prophétiques historiques rwandais

Avant tout, il siérait d’insister sur l’utilité de la maîtrise des définitions opérationnelles exactes. Un Mwami ritualiste [= umwiru mukuru], un ritualiste [= umwiru], un prophète [= Umuhanuzi], un patriarche de lignage [= umutware w’umulyango], un patriarche local [= umuhatsi w’akarenge], un mystique [= imandwa nkuru], un clairvoyant [= Umurashi], un spiritualiste [= imandwa], un devin [= Umuraguzi], un initié [= umubandwa], un chef de famille [= umutware w’inzu], un sorcier [= umupfumu] , etc., sont des concepts tout à fait différents. Très malheureusement, le colonisateur culturel chrétien a mis tout cela exprès dans le même sac « d’umupfumu » et a très horriblement dénigré et détruit sciemment la Culture rwandaise qui était depuis lors affiliée au culte de Satan [= imihango ya Shitani]. Satan est en Afrique noire. Dieu est en Occident. Le siège social de Dieu se trouve au Vatican ! On y reviendra de long en large au cours d’Anthropologie sociale et culturelle rwandaise.

Bref, la présente évaluation comparée consiste à regarder et à analyser les récits prophétiques historiques rwandais qui n’ont vraiment rien de sataniques. Rien du tout. Un prophète n’est pas un disciple de Satan ! La prophétie, ça sert à sauver des vies humaines et à maîtriser la gestion et la transformation de la société. Bref, seul le passé et le présent intéressent l’historien et/ou le politologue. Le futur ne l’intéresse pas, parce qu’il ne s’est pas encore réalisé. Si, quand même ! De temps en temps, le futur l’intéresse mais, dans le cas d’espèce, cela s’appelle la prédiction et non la prophétie. Ça n’a donc rien à voir avec la prophétie. Le prophète, lui, dispose des caméras lui permettant de visionner le futur. Ici, il est plutôt question d’analyser scientifiquement le message prophétique.

Somme toute, de tous les récits prophétiques historiques rwandais, découlent un message général que voici : l’ère Cyilima II, c’est l’ère des plaies et des malédictions rwandaises, allant de la révolution de palais de Rucunshu à la colonisation européenne mais surtout belge, à la colonisation culturelle, à la relégation du Mwami Yuhi V Musinga, à l’assassinat du Mwami Mutara III Rudahigwa Se-Muco, à l’exil et la mort en exil du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi, à l’exil et au retour de la noblesse tutsi rwandaise, au totalitarisme moderne extrémiste hutu habyalimaniste et au totalitarisme moderne extrémiste tutsi paul-kagamiste, au Génocide rwandais et au chaos et désordre social final de la fin du règne de Paul Kagame Rwabujindili, l’illustre rejeton de Rwâkagâra fils de Gaga. Ce n’est qu’au point précis de l’enterrement du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi que finira l’ère patrimoniale Cyilima II, c’est-à-dire l’ère des plaies et des malédictions rwandaises. C’est alors qu’une très grande comète rwandaise démarrera une nouvelle ère de la liberté et de l’affranchissement du peuple rwandais, au cours de laquelle ère, au Rwanda, couleront à flots le lait et le miel ! Ce sera l’ère sociétale. Tous les Batekamutwe seront vaincus.

Outre ledit message prophétique général, chaque prophète a un message de spécialisation. C’est ainsi que :

  • Runukamishyo est le prophète de la grande expansion rwandaise
  • Nyirabiyoro est la prophétesse de la dynastie nyiginya et de la noblesse tutsi.
  • Bicubirênga est le prophète des leaders charismatiques Hutu et de la 1ère Révolution rwandaise
  • Ndengeyingoma est le prophète de l’exil et du retour de la noblesse tutsi rwandaise, en l’occurrence une noblesse tutsi faction Abâkagâra n’ayant rien appris des leçons de l’exil et toujours identique à elle-même.
  • Magayane est le prophète des monstruosités habyalimanistes et des malédictions qui s’en suivront et qui s’abattront inexorablement sur les Hutu Rwandais qui payeront très cher la facture de Juvénal Habyalimana Rutemayeze.

E. Recommandations sociopolitiques générales

Contrairement au flot insensé des déclarations archifausses du parti politique brouilleur néo-RADER et pro-néo-colonialiste belge en l’occurrence le PRM-Abasangizi d’Anastase Gasana; contrairement aux déclarations de mauvaise foi du FPR-Inkotanyi ; contrairement aux déclarations extravagantes respectives de Faustin Twagiramungu Rukôkos et d’Emmanuel Mwiseneza en date du 17 octobre 2016 au nom de RDI-Rwanda rwiza et des FDU-Inkingi ; contrairement aux déclarations non convaincantes des traditionnalistes-progressistes résidants présents au Rwanda, en l’occurrence Ezra Mpyisi, Médard Rutijana et compagnie ; sous le présent régime tyrannique et totalitaire du FPR-Inkotanyi, la dépouille mortelle du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi ne peut pas être rapatriée au Rwanda, pour des raisons diverses ci-bas exposées.

Pour d’autres raisons différentes, le tombeau du Mwami Yuhi V Musinga à Moba en RD-Congo ne devrait pas être éventré en vue d’un quelconque transfert de ses ossements au Rwanda et le cadavre de Juvénal Habyalimana Rutemayeze ne peut en aucun cas être rapatrié au Rwanda. Tous les prophètes rwandais du passé sont unanimes et catégoriques à ces sujets. La logique sociétale naturelle rwandaise est claire et nette là-dessus. Quand on ne connaît pas des choses, on pose des questions. Si on persévère dans l’erreur et qu’on feint de connaître des choses qu’on ne connaît pas, cela veut dire qu’on ne cherche pas à faire surgir la vérité, mais plutôt qu’on poursuit des intérêts médiocres inavoués.

  1. La dépouille mortelle du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi

La dépouille mortelle du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi ne peut pas être rapatriée sous le présent régime « Igisuti » pour la bonne et simple raison que ledit Sûgu est un Mwami qui a fui avec une partie du peuple et qui a été progressivement rejoint en exil par une autre partie du peuple resté au Rwanda auparavant, à telle enseigne qu’il est devenu synthétiquement leur patriarche national ou Sûgu de facto. Aux États-Unis, on va même plus loin et on l’appelle « le patriarche africain ». Lui-même exigeait une solution politique générale à la question des réfugiés rwandais et a martelé qu’il ne pouvait en aucun cas laisser les infortunés réfugiés rwandais à l’abandon. Donc sa dépouille mortelle restera aux côtés des infortunés réfugiés rwandais qu’il défendait. De fait et de droit, c’est ça sa dernière volonté. Il ne faudrait pas que ça devienne une affaire socio-familiale Tutsi-Tutsi [= Aha hantu Abashyirahamwe bahitondere cyane, bashishoze, ntibagwe mu mutego wa Rwabujindili]. Donc, sa dépouille mortelle devra absolument être rapatriée, mais à la condition nécessaire d’être rapatriée par tout le peuple rwandais entier vivant ou non en exil. Or, ceci est impossible sous le régime « Igisuti ». Donc, la condition suffisante de son rapatriement, c’est la fin du régime tyrannique et totalitaire « Igisuti », l’éjection du tyran militaire sanguinaire génocidaire Paul Kagame Rwabujindili et la décolonisation du peuple rwandais.

  1. Le tombeau du Mwami Yuhi V Musinga Rugwizakulinda

Le tombeau du Mwami Yuhi V Musinga Rugwizakulinda ne devrait pas être éventré en vue d’un quelconque transfert de ses ossements au Rwanda, pour la bonne et simple raison qu’il s’agit d’un Mwami libérateur national défensif [= Umutabazi], ayant péri le 25 décembre 1944 suite aux tortures dans la geôle coloniale belge, plus exactement une semaine après sa mise en liberté sadique et mensongère. Le colonialiste belge est un parfait intrigant et une crapule qui ne rougit de rien. Bref, le fait est qu’un umutabazi n’est jamais rapatrié. Que faire alors dans le cas d’espèce ? Le modèle AKM « Mgr Alexis Kagame et Mureme » répondra à cette question le moment venu.

  1. Le cadavre de Juvénal Habyalimana Rutemayeze [= cya kimharagata !]

Le cadavre de Juvénal Habyalimana Rutemayeze ne peut en aucun cas être rapatrié au Rwanda, pour la bonne et simple raison qu’il ne s’agit pas d’un président en exil mort en exil ; bien qu’il ne soit pas non plus un président libérateur national offensif ou défensif. Au contraire, il s’agit d’un « umubisha » à bannir [= kwôhêra].

En martyrisant son prédécesseur Grégoire Kayibanda Se-Bwigenge et son épouse Verediyana Mukagatare, il a tué un Mwami du Rwanda et une reine rwandaise très vénérée. Par ailleurs, il avait la responsabilité de ses militaires, de ses GP, de ses Interahamwe et de ses Imhuzamugambi. En violant [= barangiza bakamutsindagiramo icupa !!!] Agathe Uwilingiyimana et en tuant cette héroïne nationale ; en violant [= barangiza bakamutsindagiramo icupa !!!] Rosalie Gicanda et en tuant cette autre reine rwandaise très vénérée-, ses militaires Bakiga Banyakazu ont aggravé son cas. En somme, sociétalement parlant, Juvénal Habyalimana Rutemayeze a trop souillé le territoire national rwandais et est entré en guerre contre la société rwandaise [= Kwica Umwami w’U-Rwanda, akica abamikazi babili b’U-Rwanda na Ministri w’intebe ni amahano atagira gihanura !]. Ikibazo : « Buliya koko, Umukiga w’Umunyakazu, ni ubuhe bwôko bw’inyamaswa ? ». Et ce n’est pas tout. En outre, Juvénal Habyalimana Rutemayeze est un usurpateur. En date du 05 juillet 1973, il a commis un coup d’État ; a pris le pouvoir par la force et a dominé la société rwandaise par la violence, durant 21 ans. Enfin, c’est en son nom que le génocide des Tutsi et des Hutu modérés a été commis. Pour lors, il n’y a pas de circonstances atténuantes pour Juvénal Habyalimana Rutemayeze, aucune ! Ce qu’il a fait à la société rwandaise est absolument inacceptable, intolérable et condamnable.

Assurément, la Nature est parfaitement équilibrée. Voilà pourquoi, par effet boomerang, en date du 06 avril 1994, il a été éjecté, taillé en pièces, mis hors d’état de nuire, zingué et minéralisé, puis jeté dehors, et le plus loin possible de notre très beau pays. Somme toute, ce n’est pas à ce monstre vénal, à cette pourriture avancée qu’il faut rendre justice. Non ! La société rwandaise doit exercer la Justice. Ce type-là devra être poursuivi devant le tribunal national des crimes contre la société rwandaise [= Urukiko-rwa-Mbuga]. Demander le contraire relève de la manipulation politique typiquement Habyalimaniste MRND-CDR-GP-Interahamwe. Les Habyalimanistes [= les Banyakazu] sont une vermine qui ne réalise jamais l’énormité des torts qu’elle a faits aux autres.

F. Conclusion

On a convenu que la société rwandaise est une société non industrielle, postcoloniale, post génocides, malade, désarticulée, traumatisée, déstructurée, dominée, fragmentée, déséquilibrée, inhibée, prérévolutionnaire, etc. On sait qu’une telle société est toujours particularisée par les phénomènes sociopolitiques collectifs de prophétisme et de messianisme. Dans le cas d’espèce, le messianisme s’est révélé dans la société extrémiste tutsi colonisatrice, tandis que le prophétisme s’est révélé dans la société Hutu, Twa et Tutsi défavorisée colonisée. Le but précis du présent article était justement d’étudier le prophétisme rwandais et la mort du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi [= saint patron des réfugiés]. Voilà ce qu’on avait à démontrer.

En définitive, il y a lieu de répondre à la question centrale de départ qui est la suivante : « Le destin du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi était observé et suivi pas à pas. Tous les principaux récits prophétiques historiques rwandais sont lus, relus et scrutés, spécialement les passages concernant Kigeli V Ndahindurwa. Pourquoi ? Quel intérêt y avait-il à agir ainsi ? ».

Le pourquoi, c’est parce que le prophétisme est la fuite d’une société déséquilibrée et psychologiquement inhibée hors des réalités immédiates très traumatisantes, dans des récits prophétiques historiques promettant d’arriver un jour au bout du tunnel. On a déjà prouvé que c’est bien le cas de la société rwandaise contemporaine. Alors le prophétisme s’explique !

L’autre fait, -qui s’explique scientifiquement très bien-, est que tout le monde garde invariablement son attention braquée sur le rapatriement de la dépouille mortelle du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi. C’est parce qu’il a été prophétisé, depuis le 18ème siècle, que le 7ème descendant du Mwami Kigeli III Ndabarasa Gitakwandira fils de Cyilima II Rujugira Ntiruterwa sera saboté, évincé, détrôné, exilé par des envahisseurs Blancs et mourra en exil à l’âge de la vieillesse ; que le rapatriement de son héritier, de sa dépouille mortelle et de son âme, -obligatoirement par Rugili Ruterandongozi [= une très grande comète rwandaise]-, sera très salutaire pour la société globale rwandaise et que, -seulement et seulement dans lesdites circonstances-, c’est son enterrement qui sonnera le glas de l’ère patrimoniale Cyilima II, -en l’occurrence l’ère des plaies et des malédictions rwandaises-, et sera l’évènement majeur par lequel débutera une nouvelle ère sociétale de la liberté et de l’affranchissement du peuple rwandais dans un Rwanda redressé où couleront à flots le lait et le miel. Voilà le sens sociopolitique de l’enterrement du corps physique et du rapatriement de l’âme du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi. [= Mu Kinyarwanda, gucyura Umwami, bivuga gucyura roho ye, mu bulyo buli bwo, kandi bigakorwa na ba nyirubwite (= abiru). Apana gushimuta umugogo we. Umugogo na roho biratandukanye. Umugogo wa Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi si we Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi. Ntakili muli uwo mugogo. Ngilyo rero ihulizo! ].

Voilà pourquoi Paul Kagame Rwabujindili essaye en vain de manipuler la prophétie et fait de son mieux pour faire rapatrier d’urgence et par tous les moyens possibles la dépouille mortelle du Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi en vue de se métamorphoser automatiquement en son successeur « la très grande comète rwandaise prophétisée, Rugili Ruterandongozi » qui redressera le Rwanda que justement le même Paul Kagame Rwabujindili opprime, tyrannise, totalitarise, martyrise et colonise. Paul Kagame Rwabujindili veut être le sauveur prophétisé et le père de la liberté et de l’affranchissement du peuple rwandais arraché des griffes de Paul Kagame Rwabujindili ! [= Rwabujindili arashaka kuba uwo Mukiza uzâbogora U-Rwanda agacyûra Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi !]. Alors, il assassine tous ceux qu’il soupçonne être potentiellement « Rugili Ruterandongozi » : Seth Sendashonga, Patrick Karegeya, etc. C’est une jonglerie contradictoire absolument impossible. Voilà également pourquoi de nombreux Rwandais, -ne voulant pas du tout prendre des risques-, refusent d’adhérer aux mouvements politiques d’opposition tout en prévoyant en secret de présenter leur candidature le moment opportun venu. [= Nzituramira. Nibitamuruka, nzahita nigaragaza, niyamamaze !]. C’est en raison de tant de discrétions et de tant d’acteurs dormants que l’avenir du Rwanda est plein de surprises. Et c’est ainsi que de nos jours, Rugili Ruterandongozi est tout-à-fait imprévisible. C’est un acteur dormant.

Que, en 1724, une prophétesse dise au Roi que son 7ème descendant mourra en exil à l’âge de la vieillesse et que sa dépouille mortelle sera rapatriée pour enterrement au Rwanda ; que chaque génération se mette à compter [= le 1er, le 2ème, le 3ème, le 4ème, le 5ème, le 6ème] jusqu’au 20ème siècle et 21ème siècle pour compter le 7ème et paf, c’est le Sûgu Kigeli V Ndahindurwa Se-Mhunzi qui meurt effectivement en exil à l’âge de la vieillesse ! C’est incroyable ! Par ailleurs, la prophétesse a ajouté que des envahisseurs Blancs « X » risquassent de tomber dans le pays, de saboter ce 7ème descendant, de l’évincer, de le détrôner et de l’exiler ; et insistait pour que toutes les dispositions utiles sous forme de prières publiques nationales soient prises à temps pour conjurer l’invasion des envahisseurs Blancs « X  = les Belges » par préférence aux autres envahisseurs Blancs « Y = les Anglais ». La prophétesse garantissait que si certaines prières publiques nationales étaient offertes à Dieu du Rwanda [= IMANA-y’i-Rwanda], ce ne sont pas les envahisseurs Blancs « X= les Belges » qui tomberont, mais plutôt les préférables envahisseurs Blancs « Y = les Anglais ».Y était donc préféré à X. La prophétesse insistait pour qu’on prie beaucoup à chaque génération pour que ce soit « Y » qui arrive et non « X ». Très malheureusement, les dispositions utiles recommandées n’ont pas été acceptées. Au contraire, on a tué la prophétesse. En conséquence, ce sont les envahisseurs Blancs « X = les Belges » qui sont tombés et ce qui devait arriver au peuple rwandais arriva, c’est-à-dire la plus terrible calamité et le coup le plus assommant de toute la vie du peuple rwandais. Le peuple rwandais n’a pas voulu prier ; il a tué des saints et des prophètes et il a attrapé la Belgique ! La prophétesse Nyirabiyoro appelait cela « umuvumo wa Rutuku, c’est-à-dire la malédiction de nature belge ».

Quand on observe les très longues et très difficiles tractations qui ont eu lieu entre la Belgique et l’Angleterre autour de la colonisation du Rwanda, on se rend effectivement compte que la prophétesse était vraiment une prophétesse. Elle a très bien visionné les tractations. Il s’en est fallu de très peu pour que le Rwanda soit colonisé par l’Angleterre. Du Sud au Nord, le Rwanda était coupé en deux. Il y avait deux Rwanda, à savoir : le Rwanda anglais adossé au Tanganyika et le Rwanda belge adossé au Congo belge. L’Est avait été pris par l’Angleterre et l’Ouest avait été pris par la Belgique. Il fallait que l’un cède le Rwanda entier à l’autre. C’était ça, l’objet des tractations. Les tractations ont duré du 01 juin 1916 au 29 décembre 1923, date à laquelle l’Angleterre, apitoyée par tant de supplications et de soumission de la parfaite intrigante Belgique, lui a finalement laissé tout le Rwanda entier au grand dam du peuple rwandais. Et c’a été ainsi que tout ce que la prophétesse Nyirabiyoro craignait au 18ème siècle, s’est réalisé le 29 décembre 1923. Tout cela, c’est quand même inimaginable, inconcevable et tout-à-fait surnaturel ! Indiscutablement, c’est de la prophétie. Cela transcende de beaucoup la Science politique rwandaise [= Biraturenze !].

Or, du moment qu’on accepte que la prophétesse est une prophétesse, alors la Science politique rwandaise est obligée d’acter et de prendre au sérieux le reste de la prophétie. D’autant plus que la prédiction scientifique elle-même corrobore à sa façon le reste de la prophétie. Que Paul Kagame Rwabujindili, sa société extrémiste tutsi, leurs valets Marc Rugenera [= cya gisambo !], Boniface Rucagu, Édouard Bampoliki, Amandin Rugira et consorts, parviennent à se maintenir au pouvoir au Rwanda autant d’années, autant de décennies qu’ils veulent encore, ça reviendra au même. Ça finira immanquablement dans le chaos et le désordre social. C’est inéluctable.

En dernière analyse, on affirme, pour un degré de confiance de 95 % et avec un risque d’erreur de 5 %, que le totalitarisme moderne extrémiste tutsi paul-kagamiste est autant voué à l’échec que le totalitarisme moderne extrémiste hutu kiga habyalimaniste. Voilà, et voilà !

G. Références bibliographiques

  • MUREME Kubwimana, Cours d’Introduction générale aux Sciences historiques rwandaises, à paraître aux éditions L’Harmattan de Paris, en mars-avril 2017
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda ancien suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10431 – 0 (638 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire du Rwanda à l’époque coloniale suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2010, ISBN = 978 – 2 – 296 – 10436 – 5 (594 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Kagame, Tome 1 : La révolution rwandaise et la première république rwandaise, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 – 296 – 99314 – 3 (434 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’Histoire politique et sociale du Rwanda contemporain suivant le modèle Mgr Alexis Kagame, Tome 2 : Du coup d’état militaire du 05 juillet 1973 au Génocide rwandais, L’Harmattan, collections études africaines, Paris, 2012, ISBN = 978 – 2 – 296 – 99315 – 0 (438 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 1 : Le Rwanda, Un État-nation unitaire millénaire, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-02156-0 (510 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel de Sociologie politique rwandaise approfondie, Tome 2 : La spirale de la violence rwandaise, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-336-30304-8 (650 pages)
  • MUREME Kubwimana, Bonaventure, Manuel d’études du Développement du Rwanda : le projet centriste révolutionnaire rwandais, L’Harmattan, Paris, 2014, ISBN = 978-2-343-03206-1 (310 pages)

Fait à Paris, le 27 octobre 2016

Mwalimu MUREME Kubwimana, Statisticien-historien-économiste et politologue rwandais, Représentant du modèle AKM « Mgr Alexis Kagame et Mureme »

Pour commander ses livres : prière de bien vouloir utiliser le formulaire de contact du site web : http://sciencespolitiquesrwandaises.fr/contact-2/

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